“Qui suis-je” demande Jésus
“Qui suis-je” demande Jésus à ses amis. Cette question a rebondi constamment dans l’histoire du christianisme, chez nous comme ailleurs. Sans doute, ceux et celles qui l’ont posée n’ont jamais obtenu une réponse définitive! Il vaut la peine de la reformuler aujourd’hui, ne serait-ce que pour faire le point sur ce que nous croyons. Il faut admettre que le contexte social actuel ne favorise pas une réflexion sérieuse sur le contenu de notre foi. On vit à l’époque du doute, de la critique à tout niveau. Notre temps est marqué par le matérialisme et la sécularisation. On constate ici un vaste courant d’indifférence, de moquerie, sinon carrément de contestation de la foi catholique. Le judéo-christianisme est coupable de tous les maux, dit-on, style critique d’adolescents qui incriminent la maison familiale. C’est alimenté sans doute aussi par les médias, la littérature qui présentent Jésus tantôt comme un extraterrestre, comme l’époux de Marie-Madeleine ou comme une sorte de gourou formé en Inde, etc....
On ne nie pas les bienfaits du progrès social, des nombreux droits et libertés acquis, des découvertes technologiques, de la croissance à tout niveau. Mais on constate dans notre société bien des déceptions, des recherches de sens qui ne débouchent pas. Beaucoup d’espoirs et d’attentes naissent dans ce bouillonnement, mais est-ce que Celui que Pierre a désigné comme le Messie de Dieu y a encore sa place? Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de lui.
A la question “Qui suis-je?” plusieurs aujourd’hui répondraient: “je n’en ai aucune idée, je ne le connais pas, concrètement il n’a pas d’importance à mes yeux”. Même parmi les baptisés, certains en sont peut-être restés au petit Jésus de leur enfance; sont-ils intéressés à connaître vraiment le Christ adulte? Ils ne croient pas qu’il est la clé qui pourrait leur permettre de grandir, d’ouvrir leurs horizons, sortir de leurs routines. Y aurait-il chez nous des pratiquants non-croyants? C’est ce qui peut expliquer qu’on cherche à répondre à nos questionnements sur le sens de la vie, uniquement par nos propres moyens ou par ce que nous suggère les solutions commerciales, la consommation sans limite. Est-ce que l’abondance de ces biens arrive à combler notre faim de vivre à plein?
Mais il y a aussi ceux et celles qui croient et pour qui Jésus est quelqu’un d’important. On a fait sa rencontre lors d’une retraite, d’une lecture, d’un partage d’Évangile et on a réussi à lui dire: “Je crois Seigneur que tu es mon Sauveur personnel et que tu donnes sens à ma vie”. Nous faisons partie de cette catégorie, mais il nous arrive quand il s’agit de foi de demeurer perplexe, de n’avoir pas toutes les réponses. Avouons qu’il n’est pas facile d’être croyant/e à notre époque, encore moins d’exprimer sa foi avec des mots d’aujourd’hui.
Malgré tout, il vaut la peine de reconsidérer la question de Jésus:”Pour vous qui suis-je?” Comme l’apôtre Pierre, prenons le temps d’y répondre personnellement avec nos mots à nous. En affirmant qu’il est le Messie de Dieu, Pierre a vu juste, même s’il a du cheminer longtemps avant de comprendre la portée de sa réponse. Notre perception à nous pourra évoluer et elle changera dans la mesure où on le connaîtra de mieux en mieux.
Mais comment le connaître en profondeur? Peut-être faut-il commencer par mieux se connaître soi-même. La question pourrait v.g. se poser aux papas que nous fêtons aujourd’hui. “Qu’est-ce que je désire le plus: laisser le plus bel héritage à ma famille en terme de valeurs, de fidélité, de dévouement, d’amour. Où est-ce que je puis trouver la source et les aliments qui vont soutenir ces valeurs”. Un rapide coup d’oeil sur ce que le monde nous propose nous convaincra qu’au-delà de tout le bien-être matériel, qu’on ne boude pas, il y a un plus que nous puisons dans notre foi en un Dieu qui nous aime et que Jésus nous a appris à nommer du beau nom de Père. L’idéal pour répondre à cette question est de nous retrouver dans un climat de prière, tout comme Jésus lui-même l’était avant d’interroger ses disciples. Son identité à lui il la percevait à la lumière de sa relation avec son Père du ciel. Ce Père qui est fidèle et bon l’accompagnait tous les jours par son Esprit. C’était sa source! La prière qui se nourrit de la Parole révélée est sans doute la meilleure manière de découvrir qui est Jésus, le Fils du Père et de le rencontrer.
On aura remarqué le texte du psaume de ce dimanche. Au milieu des épreuves, dans une nuit profonde où le coeur est en situation de sécheresse, le psalmiste s’accroche à Dieu dans la foi pure, car il a déjà bénéficié de son secours. Quand on traverse une sorte de désert, dans l’incertitude et qu’ une foule de questions reste sans réponse, nous pouvons nous en remettre à Dieu dans la foi et l’espérance qu’il nous aidera à s’en sortir.
C’est peut-être la situation de nos pères qui n’est pas facile aujourd’hui. Ils n’ont plus la position traditionnelle où ils étaient responsables de transmettre les valeurs à leurs jeunes pour les guider dans la société, genre: “Nous autres on faisait ça de même!” Les modes de vie et de penser sont transmis depuis quelques décennies par les médias, l’internet, par le contexte social où il se forme des générations qui s’influencent entre elles et qui se modifient à tous les dix ans ou moins. Quel poids a la parole du père dans ce contexte?
Quoiqu’il en soit, il vaut la peine de dire à nos pères qu’ils demeurent importants à nos yeux et que c’est leur présence, leur patience, leur accueil, leur humour même qui nous rejoignent le plus. Comme dit le proverbe: “ce que tu es parle si fort que tu n’as pas besoin de dire quoi que ce soit!”
Prions pour nos pères, remercions Dieu de nous les avoir donnés. Que notre Père du ciel déverse dans leurs coeurs tout l’amour dont ils souhaitent entourer leur famille. Amen!
mardi 29 juin 2010
samedi 12 juin 2010
Homélie du dimanche de la Trinité 2010
J’ignore si quelqu’un a eu l’occasion d’observer de près un beau diamant. Cette pierre précieuse, même très petite, v.g. sur la bague de fiançailles de grand’ maman, même si on doit la regarder avec une loupe, on constate que sa brillance, sa forme et son éclat sont absolument merveilleux. Parfois de la grosseur d’un grain de sable, on serait tenté de mettre en doute sa valeur. Cependant c’est précieux, c’est toujours un diamant. Ça conserve sa valeur dans les familles, les héritages.
Il en va un peu de même de Dieu d’une certaine façon. La plupart du temps, sa présence se fait très discrète. Mais si nous nous donnons la peine de le contempler, nous découvrons en lui mille facettes. Sa grâce est infinie et les moyens de nous émerveiller sont inépuisables. Comme les nombreux côtés d’un diamant, le Père, le Fils et l’Esprit nous révèlent toutes les dimensions de l’amour de Dieu, ce que s. Paul appelait la longueur, la largeur et la profondeur de son souci pour nous. Ensemble, ils ne forment qu’un et pourtant chaque dimension de Dieu nous fait découvrir sa propre richesse, assez pour qu’on reconnaisse en chacun une personnalité distincte. Ils sont trois personnes en un Dieu unique: Dieu Créateur, Dieu Rédempteur, Dieu Sanctificateur! Ensemble ces personnes brillent d’un éclat incomparable et se reflètent l’une dans l’autre. Dans le Fils nous reconnaissons la générosité du Père (souvenons-nous que Jésus avait dit: “Qui me voit, voit le Père!”). Dans l’action de l’Esprit, nous constatons l’œuvre commune du Père et du Fils. Le Père a envoyé son Fils dans notre monde et Jésus finalement nous a envoyé son Esprit pour continuer sa mission.
Il y a une belle complicité entre eux. On peut constater qu’il y a beaucoup de joie quand on vit une bonne entente entre nous, avec une personne ou un groupe. Que ce soit avec des membres de la famille, avec des amis on son conjoint, la complicité permet une unité dans la pensée et dans l’action. On le constate souvent dans nos réunions; basée sur la confiance, on vit une communion profonde qui agrandit et facilite les effets des actions ou des projets qu’on entreprend. Toute tourne sur les roulettes! On peut imaginer ce qui peut se vivre en Dieu. Dans les lectures de ce dimanche, on devine la proximité qui existe depuis toujours entre les personnes de la Trinité. Le Père, le Fils et l’Esprit forment une équipe inséparable qui entreprend un défi extraordinaire, celui de faire entrer toute l’humanité dans sa communion d’amour, comme si son bonheur dépendait finalement de notre réponse. Comme le Fils est venu accomplir l’œuvre de salut du Père, l’Esprit est désormais et pour toujours à l’œuvre, en se faisant complice de Jésus-Christ, en répandant dans nos cœurs son amour. Il y a à un mystère étonnant et exaltant. De plus, la Trinité nous invite à vivre entre nous cette complicité. Nous devenons frères et sœurs en même temps que nous nous reconnaissons fils et filles bien-aimés d’un même Père.
Dieu ne se contente pas du bonheur exaltant qu’il vit à l’intérieur de lui-même, de son équipe, il veut le diffuser à l’extérieur. C’est la raison de la création du monde, une décision dictée par son amour. Il a mis un reflet de sa perfection dans chacune de ses créatures, un reflet de sa beauté, de sa bonté, de son ingéniosité. On remarque ça dans les plantes et les animaux. Mais comme la matière n’est pas parfaite ni infinie... il y a eu de la place pour des manques, des hasards malheureux.
Mais le reflet le plus accompli de Dieu c’est l’être humain fait à son image et ressemblance. Si nous vivons de la vie de la Trinité, nous parvenons à réussir notre vie. Si nous entrons dans la même ronde d’amour et d’échanges, si nous reconnaissons dans l’autre personne un bénéficiaire de l’intimité de Dieu, nous avons des chances de vivre un peu de leur complicité.
Elles ne sont pas nombreuses les traditions religieuses qui proclament un Dieu aussi près des humains. Un Dieu qui désire nous inviter à entrer dans sa ronde, dans ce dynamisme où l’amour est roi.
La première lecture soulignait de façon poétique les sentiments du Créateur dans l’œuvre de sa Sagesse: “Je trouvais mes délices jour après jour, jouant devant Dieu sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes”. Dieu s’est plu à créer l’univers et l’être humain. Jésus s’est plu, malgré sa mort douloureuse, à donner sa vie pour que nous ne doutions jamais de son amour.
Sachons reconnaître l’originalité de la révélation du Dieu Père, Fils et Esprit-Saint. Si Jésus nous ne l’avait pas préciser,on ne l’aurait jamais trouvé par nous-mêmes. Mais le sachant, nous pouvons nous y reconnaître parce que nous sommes des êtres de relation, qui avons soif d’aimer et d’être aimés. Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir, nous suggérait Jésus.
Le mystère de la Trinité est un mystère de vie, une manière de vivre. Nous croyons que nous existons vraiment quand nous nous distinguons, quand nous affirmons notre différence, notre individualité au détriment des autres. Dieu au contraire se définit non par ce qu’il retient, mais par le don qu’il fait de lui-même. Plutôt que l’individualisme qui ronge notre monde, qui détruit notre nature et notre culture, Jésus nous propose une autre manière d’être, un chemin de joie et de bonheur, qui passe par l’autre. Ne sommes-nous pas créés à l’image et à la ressemblance de ce Dieu qui est pleinement en se donnant, ce Dieu qui est Amour! Réussir sa vie c’est accepter de la donner aux autres! (Tout l’Évangile est résumé dans cette petite phrase!).
Il en va un peu de même de Dieu d’une certaine façon. La plupart du temps, sa présence se fait très discrète. Mais si nous nous donnons la peine de le contempler, nous découvrons en lui mille facettes. Sa grâce est infinie et les moyens de nous émerveiller sont inépuisables. Comme les nombreux côtés d’un diamant, le Père, le Fils et l’Esprit nous révèlent toutes les dimensions de l’amour de Dieu, ce que s. Paul appelait la longueur, la largeur et la profondeur de son souci pour nous. Ensemble, ils ne forment qu’un et pourtant chaque dimension de Dieu nous fait découvrir sa propre richesse, assez pour qu’on reconnaisse en chacun une personnalité distincte. Ils sont trois personnes en un Dieu unique: Dieu Créateur, Dieu Rédempteur, Dieu Sanctificateur! Ensemble ces personnes brillent d’un éclat incomparable et se reflètent l’une dans l’autre. Dans le Fils nous reconnaissons la générosité du Père (souvenons-nous que Jésus avait dit: “Qui me voit, voit le Père!”). Dans l’action de l’Esprit, nous constatons l’œuvre commune du Père et du Fils. Le Père a envoyé son Fils dans notre monde et Jésus finalement nous a envoyé son Esprit pour continuer sa mission.
Il y a une belle complicité entre eux. On peut constater qu’il y a beaucoup de joie quand on vit une bonne entente entre nous, avec une personne ou un groupe. Que ce soit avec des membres de la famille, avec des amis on son conjoint, la complicité permet une unité dans la pensée et dans l’action. On le constate souvent dans nos réunions; basée sur la confiance, on vit une communion profonde qui agrandit et facilite les effets des actions ou des projets qu’on entreprend. Toute tourne sur les roulettes! On peut imaginer ce qui peut se vivre en Dieu. Dans les lectures de ce dimanche, on devine la proximité qui existe depuis toujours entre les personnes de la Trinité. Le Père, le Fils et l’Esprit forment une équipe inséparable qui entreprend un défi extraordinaire, celui de faire entrer toute l’humanité dans sa communion d’amour, comme si son bonheur dépendait finalement de notre réponse. Comme le Fils est venu accomplir l’œuvre de salut du Père, l’Esprit est désormais et pour toujours à l’œuvre, en se faisant complice de Jésus-Christ, en répandant dans nos cœurs son amour. Il y a à un mystère étonnant et exaltant. De plus, la Trinité nous invite à vivre entre nous cette complicité. Nous devenons frères et sœurs en même temps que nous nous reconnaissons fils et filles bien-aimés d’un même Père.
Dieu ne se contente pas du bonheur exaltant qu’il vit à l’intérieur de lui-même, de son équipe, il veut le diffuser à l’extérieur. C’est la raison de la création du monde, une décision dictée par son amour. Il a mis un reflet de sa perfection dans chacune de ses créatures, un reflet de sa beauté, de sa bonté, de son ingéniosité. On remarque ça dans les plantes et les animaux. Mais comme la matière n’est pas parfaite ni infinie... il y a eu de la place pour des manques, des hasards malheureux.
Mais le reflet le plus accompli de Dieu c’est l’être humain fait à son image et ressemblance. Si nous vivons de la vie de la Trinité, nous parvenons à réussir notre vie. Si nous entrons dans la même ronde d’amour et d’échanges, si nous reconnaissons dans l’autre personne un bénéficiaire de l’intimité de Dieu, nous avons des chances de vivre un peu de leur complicité.
Elles ne sont pas nombreuses les traditions religieuses qui proclament un Dieu aussi près des humains. Un Dieu qui désire nous inviter à entrer dans sa ronde, dans ce dynamisme où l’amour est roi.
La première lecture soulignait de façon poétique les sentiments du Créateur dans l’œuvre de sa Sagesse: “Je trouvais mes délices jour après jour, jouant devant Dieu sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes”. Dieu s’est plu à créer l’univers et l’être humain. Jésus s’est plu, malgré sa mort douloureuse, à donner sa vie pour que nous ne doutions jamais de son amour.
Sachons reconnaître l’originalité de la révélation du Dieu Père, Fils et Esprit-Saint. Si Jésus nous ne l’avait pas préciser,on ne l’aurait jamais trouvé par nous-mêmes. Mais le sachant, nous pouvons nous y reconnaître parce que nous sommes des êtres de relation, qui avons soif d’aimer et d’être aimés. Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir, nous suggérait Jésus.
Le mystère de la Trinité est un mystère de vie, une manière de vivre. Nous croyons que nous existons vraiment quand nous nous distinguons, quand nous affirmons notre différence, notre individualité au détriment des autres. Dieu au contraire se définit non par ce qu’il retient, mais par le don qu’il fait de lui-même. Plutôt que l’individualisme qui ronge notre monde, qui détruit notre nature et notre culture, Jésus nous propose une autre manière d’être, un chemin de joie et de bonheur, qui passe par l’autre. Ne sommes-nous pas créés à l’image et à la ressemblance de ce Dieu qui est pleinement en se donnant, ce Dieu qui est Amour! Réussir sa vie c’est accepter de la donner aux autres! (Tout l’Évangile est résumé dans cette petite phrase!).
Libellés :
Homélie publier le 13 juin 2010
vendredi 21 mai 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE DE L’ ASCENSION 2010
HOMÉLIE DE L’ ASCENSION 2010
A la suite du décès d’un proche, il arrive souvent que nous prenions mieux conscience, après coup, de ses qualités et de tout ce qu’il a accompli. Quand l’effet de choc s’est atténué avec la fatigue des derniers moments, voici que son vrai visage nous apparaît plus clairement. Il fallait son départ définitif pour mieux le connaître et l’apprécier à sa juste mesure. “Ça c’était bien lui ou bien elle!”.
Il en a été de même avec l’Ascension de Jésus. Grâce à ce départ, les apôtres arrivent à mieux connaître le Christ et le Royaume qu’il a inauguré. Ils savent dorénavant qu’il est vraiment l’Envoyé de Dieu et même son Fils unique, puisqu’il est retourné chez Celui qui l’avait confié à notre monde, son Père. Durant son ministère, Jésus avait laissé entrevoir sa familiarité avec Dieu qu’il appelait Abba, mot qui correspond à « Papa ». En guérissant les malades, en chassant les démons, en proclamant une Loi nouvelle, il avait montré une autorité surprenant qui l’égalait à Dieu, au grand scandale des bien pensants. Avec l’Ascension, les disciples saisissent plus profondément le mystère de sa personne.
Même après Pâques, les disciples ne comprenaient pas clairement sa mission: “Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël?” s’étaient -ils empressés de lui demander. Ils rêvent toujours d’un royaume terrestre. L’ascension va les libérer de leurs fausses attentes. On serait porté nous aussi à souhaiter que Jésus revienne définitivement... des gens prédisent la fin du monde en 2013! Jésus au contraire nous laisse avec des responsabilités, des résistances à résoudre, des difficultés à affronter. Le Royaume qu’il a instauré est une réalité nouvelle qu’il nous revient de bâtir, faite de service, d’amour gratuit, de liberté et de communion ave Dieu. C’est ce royaume que nous sommes appelés à accueillir dans notre quotidien. L’ascension nous permet ainsi de mieux comprendre la personne et l’oeuvre de Jésus.
Il faut se rendre à l’évidence : nous ne pourrons jamais voir Jésus de nos yeux ni le toucher physiquement. Depuis sa résurrection, son humanité est totalement transformée. Il est devenu invisible, il est libéré de toutes les contraintes et limites du temps et de l’espace. Il n’est plus restreint à un pays, à un moment de l’histoire, à un petit groupe de disciples. La fête de l’Ascension nous apprend que Jésus peut habiter désormais le coeur des croyants/es par son Esprit. Il est le Sauveur de tous les humains. Il est contemporain de chacun et chacune de nous, de ceux et celles qui s’ouvrent à la foi.
Si Jésus s’est élevé, il y a là une image pour dire que c’est pour mieux rayonner, un peu comme une antenne de transmission qu’on place au sommet d’une montagne pour que sa puissance atteigne le plus de monde possible. Dégagé de l’espace et du temps, totalement en Dieu, Jésus est maintenant le coeur d’un monde nouveau et il est la lumière qui attire tous les humains. “Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi!”dit-il en s. Jean! La présence de Jésus ressuscité est invisible mais bien réelle, et encore plus intense et universelle que lorsqu’il côtoyait les gens de la Galilée.
S’éloigner pour que ceux qui, dépendant de nous, puissent prendre leur responsabilité. Tous les parents, un jour, consentent à prendre de la distance par rapport à leurs enfants pour qu’ils puissent tracer leur propre route, sinon faire leurs premiers pas. De la même manière, Jésus a quitté ce monde pour que nous puissions tracer nos pas vers Lui et les autres. Le Ressuscité nous donne de l’espace pour que nous nous tenions debout. Il tient à demeurer discret pour nous donner l’occasion de parler, de témoigner et de prendre des initiatives. C’est à la suite de son départ que finalement les premiers disciples se sont mis à parler de lui non seulement à Jérusalem mais dans toutes les grandes villes de l’Empire romain, le monde connu d’alors.
Le Seigneur nous confie la mission de rendre visible et concrète sa présence. C’est nous, dorénavant, qui lui donnons un visage qui attire, des mains pour secourir, des yeux pour voir les personnes qui sont dans le besoin, une voix pour proclamer l’Évangile, un coeur pour aimer... Nous avons de la difficulté peut-être, à imaginer qu’il nous fasse assez confiance en nous laissant une si grande responsabilité. Son départ est l’occasion pour nous de vivre de nouveaux commencements, de prendre des engagements d’adultes et de mettre toute notre créativité au service de la Bonne Nouvelle. C’est vrai, particulièrement, à notre époque où nous devons nous regrouper pour former des communautés paroissiales peut-être plus petites mais aussi, plus vivantes.
L’Eucharistie que nous vivons aujourd’hui nous unit de façon spéciale à lui qui est monté au ciel pour nous rendre participants un jour de cette vie qui est la sienne. Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes puisque le Seigneur Jésus est toujours avec nous par le don de son Esprit. Il nous soutient et nous communique l’audace d’être ses témoins, ici et maintenant. Dans le contexte actuel d’une baisse de la moralité publique et individuelle, notre monde a grandement besoin de ces témoins. Témoins de la vérité bien malmenée, de la justice peu respectée, de l’honnêteté partout bafouée. Le serons-nous?
A la suite du décès d’un proche, il arrive souvent que nous prenions mieux conscience, après coup, de ses qualités et de tout ce qu’il a accompli. Quand l’effet de choc s’est atténué avec la fatigue des derniers moments, voici que son vrai visage nous apparaît plus clairement. Il fallait son départ définitif pour mieux le connaître et l’apprécier à sa juste mesure. “Ça c’était bien lui ou bien elle!”.
Il en a été de même avec l’Ascension de Jésus. Grâce à ce départ, les apôtres arrivent à mieux connaître le Christ et le Royaume qu’il a inauguré. Ils savent dorénavant qu’il est vraiment l’Envoyé de Dieu et même son Fils unique, puisqu’il est retourné chez Celui qui l’avait confié à notre monde, son Père. Durant son ministère, Jésus avait laissé entrevoir sa familiarité avec Dieu qu’il appelait Abba, mot qui correspond à « Papa ». En guérissant les malades, en chassant les démons, en proclamant une Loi nouvelle, il avait montré une autorité surprenant qui l’égalait à Dieu, au grand scandale des bien pensants. Avec l’Ascension, les disciples saisissent plus profondément le mystère de sa personne.
Même après Pâques, les disciples ne comprenaient pas clairement sa mission: “Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël?” s’étaient -ils empressés de lui demander. Ils rêvent toujours d’un royaume terrestre. L’ascension va les libérer de leurs fausses attentes. On serait porté nous aussi à souhaiter que Jésus revienne définitivement... des gens prédisent la fin du monde en 2013! Jésus au contraire nous laisse avec des responsabilités, des résistances à résoudre, des difficultés à affronter. Le Royaume qu’il a instauré est une réalité nouvelle qu’il nous revient de bâtir, faite de service, d’amour gratuit, de liberté et de communion ave Dieu. C’est ce royaume que nous sommes appelés à accueillir dans notre quotidien. L’ascension nous permet ainsi de mieux comprendre la personne et l’oeuvre de Jésus.
Il faut se rendre à l’évidence : nous ne pourrons jamais voir Jésus de nos yeux ni le toucher physiquement. Depuis sa résurrection, son humanité est totalement transformée. Il est devenu invisible, il est libéré de toutes les contraintes et limites du temps et de l’espace. Il n’est plus restreint à un pays, à un moment de l’histoire, à un petit groupe de disciples. La fête de l’Ascension nous apprend que Jésus peut habiter désormais le coeur des croyants/es par son Esprit. Il est le Sauveur de tous les humains. Il est contemporain de chacun et chacune de nous, de ceux et celles qui s’ouvrent à la foi.
Si Jésus s’est élevé, il y a là une image pour dire que c’est pour mieux rayonner, un peu comme une antenne de transmission qu’on place au sommet d’une montagne pour que sa puissance atteigne le plus de monde possible. Dégagé de l’espace et du temps, totalement en Dieu, Jésus est maintenant le coeur d’un monde nouveau et il est la lumière qui attire tous les humains. “Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi!”dit-il en s. Jean! La présence de Jésus ressuscité est invisible mais bien réelle, et encore plus intense et universelle que lorsqu’il côtoyait les gens de la Galilée.
S’éloigner pour que ceux qui, dépendant de nous, puissent prendre leur responsabilité. Tous les parents, un jour, consentent à prendre de la distance par rapport à leurs enfants pour qu’ils puissent tracer leur propre route, sinon faire leurs premiers pas. De la même manière, Jésus a quitté ce monde pour que nous puissions tracer nos pas vers Lui et les autres. Le Ressuscité nous donne de l’espace pour que nous nous tenions debout. Il tient à demeurer discret pour nous donner l’occasion de parler, de témoigner et de prendre des initiatives. C’est à la suite de son départ que finalement les premiers disciples se sont mis à parler de lui non seulement à Jérusalem mais dans toutes les grandes villes de l’Empire romain, le monde connu d’alors.
Le Seigneur nous confie la mission de rendre visible et concrète sa présence. C’est nous, dorénavant, qui lui donnons un visage qui attire, des mains pour secourir, des yeux pour voir les personnes qui sont dans le besoin, une voix pour proclamer l’Évangile, un coeur pour aimer... Nous avons de la difficulté peut-être, à imaginer qu’il nous fasse assez confiance en nous laissant une si grande responsabilité. Son départ est l’occasion pour nous de vivre de nouveaux commencements, de prendre des engagements d’adultes et de mettre toute notre créativité au service de la Bonne Nouvelle. C’est vrai, particulièrement, à notre époque où nous devons nous regrouper pour former des communautés paroissiales peut-être plus petites mais aussi, plus vivantes.
L’Eucharistie que nous vivons aujourd’hui nous unit de façon spéciale à lui qui est monté au ciel pour nous rendre participants un jour de cette vie qui est la sienne. Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes puisque le Seigneur Jésus est toujours avec nous par le don de son Esprit. Il nous soutient et nous communique l’audace d’être ses témoins, ici et maintenant. Dans le contexte actuel d’une baisse de la moralité publique et individuelle, notre monde a grandement besoin de ces témoins. Témoins de la vérité bien malmenée, de la justice peu respectée, de l’honnêteté partout bafouée. Le serons-nous?
Libellés :
Homélie publier le 21 mai 2010
jeudi 13 mai 2010
Homélie Fête des Mères
Deux chirurgiens échangeaient ensemble pendant que l’un d’eux tournait un globe terrestre placé sur son bureau. Il pointait les endroits où sévissaient la guerre, la torture, les nettoyages ethniques, la faim, le racisme. “Qu’est-ce que tu en penses cher collègue?” “C’est grave, pour la planète ça prendrait une greffe cardiaque et ça presse!” L’autre lui répond: “Il y a un donneur, on le connaît et il attend ça depuis 2000 ans”. Vous devinez qui! C’est celui qui nous a donné comme consigne: “Aimez-vous les uns les autres”. La parole la plus connue de Jésus non seulement auprès des chrétiens mais aussi des non-croyants. Cette prescription morale rallie la majorité des gens, peu importe leur religion, leur culture ou leur rang social. Mais justement Jésus n’a pas été le premier à la donner. De grands philosophes, des sages de toutes les époques l’ont livrée à leurs disciples. On pourrait en conclure en disant aux jeunes soumis au nouveau cours d’éthique+ culture religieuse: voyez Jésus a été un grand prophète mais il y en a eu d’autres aussi importants que lui.
Mais on oublie là quelque chose d’important, soit le reste de la phrase.... “Comme je vous ai aimés”. Un détail qui fait toute la différence. Où sont les prophètes ou les sages qui ont donné comme Jésus leur vie par amour. Les chrétiens disposent là d’un d’un point de repère unique pour parler d’amour et en vivre pleinement. Le véritable amour prend sa source en Dieu. Il nous arrive par Jésus et son Esprit-Saint. Nous avons médité au cours des semaines après Pâques sur la belle figure du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, qui se met à la recherche de celle qui est perdue. Aussi on a regardé la belle image de la Vigne qui accepte d’être blessée pour que sa sève circule dans le greffon. “Je suis la Vigne” dit Jésus....
Le Père aime le Fils et le Fils nous aime. Comme lui nous aime à ce point, aimons-nous les uns les autres. Cela n’est pas trop compliqué à comprendre, mais plus exigeant à vivre cependant. Cela suppose qu’on tourne souvent nos regards vers Jésus pour apprendre à aimer à sa manière. La source la plus profonde de la joie c’est de nous savoir aimés. Alors laissons-nous aimer par Dieu. Ça nous permet de mieux aimer à notre tour notre prochain et de vivre dans la joie du Père. Si je suis convaincu que mon voisin, ma voisine sont ainsi aimés de Dieu -ils sont ses enfants après tout- ça m’aide à les aimer à mon tour...
Les lectures de ces derniers dimanches nous ont présenté des attitudes concrètes à développer pour aimer à la manière de Dieu. Aujourd’hui, il est question de l’essentiel, de ce qui cimente le tout: demeurer dans son amour. Voici quelques caractéristiques de l’amour de Dieu que nous sommes invités à refléter de notre mieux:
-un amour gratuit qui est un don, qui n’exige pas de retour, qui prend sa source dans l’amour du Père qui est tout-à-fait désintéressé
-un amour sans condition et contagieux qui ouvre les portes à toutes et à tous sans distinction de langue, de race
-un amour sans limite qui se donne tout entier et sans compter, à la manière de Jésus
-un amour qui crée des liens de communion, qui porte des fruits de tolérance, de pardon
-un amour qui sera victorieux du mal, qui traversera les épreuves et qui est source de joie parfaite.
La veille de sa mort Jésus présente donc à ses amis le sommet de l’amour tel qu’il le vit avec le Père et toute l’humanité. Quelques heures avant de le concrétiser sur la croix, il révèle ce qui va se passer malgré les apparences d’un échec. Mais ce sommet de l’amour, il est difficile pour nous de le réaliser car nous ne sommes pas parfaits. Cette communion intime entre le Père et le Fils à laquelle nous participons depuis notre baptême, se réalisera lors de la venue définitive du Christ, quand il aura vaincu toutes les forces du mal. Pour l’instant nous avons à nous laisser aimer et faire effort pour mieux aimer à notre tour. Visons ce sommet en sachant que Dieu nous y conduit lentement au long de notre passage, de notre pèlerinage qui prendra fin dans son royaume.
En attendant, beaucoup de gens font des efforts pour mieux aimer. Il y a toutes sortes de thérapies offertes pour retrouver son équilibre, arriver à s’accepter soi-même et mieux accueillir les autres. Il y a la phytothérapie avec les inconditionnels des boutiques de produits bio qui connaissent toutes les vertus des plantes, du nectar d’abeilles. Il y a les tenants de l’aromathérapie, qui croient à l’influence des huiles essentielles, des parfums. D’autres vous conseillent la thalassothérapie ou les cures thermales, les spas, les massages (télé). Il serait trop long d’énumérer les multiples propositions de la psychothérapie; il y en a des centaines de techniques. On parle de la zoothérapie; on s’est rendu compte que la présence des animaux peut contribuer à détendre et soigner les humains, les vieillards, les enfants autistes. A chacun sa thérapie et sans contredit elles peuvent améliorer la vie. Mais il y en a une qui nous est commune, qui convient à tous, où tous peuvent être patients et soignants, c’est l’agapéthérapie. Agapè c’est le mot grec des évangiles pour désigner Dieu, c’est le nom de Dieu. Quand s. Jean dit que Dieu est amour c’est le mot qu’il emploie. Dieu est agapè: cela signifie don de soi, amour service, attention, amour délicatesse, tendresse gratuite, amour inconditionnel. Dans l’agapéthérapie depuis notre baptême et notre confirmation nous pouvons tous être médecins, de par la présence de l’Esprit-Saint dans nos cœurs.
Demandons-lui de nous le faire comprendre... Jésus a bien dit avant de nous quitter: “Lui vous enseignera toutes choses!” Tu aimes le monde et nous en témoignons nous dit le thème de ce dimanche.
Mais on oublie là quelque chose d’important, soit le reste de la phrase.... “Comme je vous ai aimés”. Un détail qui fait toute la différence. Où sont les prophètes ou les sages qui ont donné comme Jésus leur vie par amour. Les chrétiens disposent là d’un d’un point de repère unique pour parler d’amour et en vivre pleinement. Le véritable amour prend sa source en Dieu. Il nous arrive par Jésus et son Esprit-Saint. Nous avons médité au cours des semaines après Pâques sur la belle figure du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, qui se met à la recherche de celle qui est perdue. Aussi on a regardé la belle image de la Vigne qui accepte d’être blessée pour que sa sève circule dans le greffon. “Je suis la Vigne” dit Jésus....
Le Père aime le Fils et le Fils nous aime. Comme lui nous aime à ce point, aimons-nous les uns les autres. Cela n’est pas trop compliqué à comprendre, mais plus exigeant à vivre cependant. Cela suppose qu’on tourne souvent nos regards vers Jésus pour apprendre à aimer à sa manière. La source la plus profonde de la joie c’est de nous savoir aimés. Alors laissons-nous aimer par Dieu. Ça nous permet de mieux aimer à notre tour notre prochain et de vivre dans la joie du Père. Si je suis convaincu que mon voisin, ma voisine sont ainsi aimés de Dieu -ils sont ses enfants après tout- ça m’aide à les aimer à mon tour...
Les lectures de ces derniers dimanches nous ont présenté des attitudes concrètes à développer pour aimer à la manière de Dieu. Aujourd’hui, il est question de l’essentiel, de ce qui cimente le tout: demeurer dans son amour. Voici quelques caractéristiques de l’amour de Dieu que nous sommes invités à refléter de notre mieux:
-un amour gratuit qui est un don, qui n’exige pas de retour, qui prend sa source dans l’amour du Père qui est tout-à-fait désintéressé
-un amour sans condition et contagieux qui ouvre les portes à toutes et à tous sans distinction de langue, de race
-un amour sans limite qui se donne tout entier et sans compter, à la manière de Jésus
-un amour qui crée des liens de communion, qui porte des fruits de tolérance, de pardon
-un amour qui sera victorieux du mal, qui traversera les épreuves et qui est source de joie parfaite.
La veille de sa mort Jésus présente donc à ses amis le sommet de l’amour tel qu’il le vit avec le Père et toute l’humanité. Quelques heures avant de le concrétiser sur la croix, il révèle ce qui va se passer malgré les apparences d’un échec. Mais ce sommet de l’amour, il est difficile pour nous de le réaliser car nous ne sommes pas parfaits. Cette communion intime entre le Père et le Fils à laquelle nous participons depuis notre baptême, se réalisera lors de la venue définitive du Christ, quand il aura vaincu toutes les forces du mal. Pour l’instant nous avons à nous laisser aimer et faire effort pour mieux aimer à notre tour. Visons ce sommet en sachant que Dieu nous y conduit lentement au long de notre passage, de notre pèlerinage qui prendra fin dans son royaume.
En attendant, beaucoup de gens font des efforts pour mieux aimer. Il y a toutes sortes de thérapies offertes pour retrouver son équilibre, arriver à s’accepter soi-même et mieux accueillir les autres. Il y a la phytothérapie avec les inconditionnels des boutiques de produits bio qui connaissent toutes les vertus des plantes, du nectar d’abeilles. Il y a les tenants de l’aromathérapie, qui croient à l’influence des huiles essentielles, des parfums. D’autres vous conseillent la thalassothérapie ou les cures thermales, les spas, les massages (télé). Il serait trop long d’énumérer les multiples propositions de la psychothérapie; il y en a des centaines de techniques. On parle de la zoothérapie; on s’est rendu compte que la présence des animaux peut contribuer à détendre et soigner les humains, les vieillards, les enfants autistes. A chacun sa thérapie et sans contredit elles peuvent améliorer la vie. Mais il y en a une qui nous est commune, qui convient à tous, où tous peuvent être patients et soignants, c’est l’agapéthérapie. Agapè c’est le mot grec des évangiles pour désigner Dieu, c’est le nom de Dieu. Quand s. Jean dit que Dieu est amour c’est le mot qu’il emploie. Dieu est agapè: cela signifie don de soi, amour service, attention, amour délicatesse, tendresse gratuite, amour inconditionnel. Dans l’agapéthérapie depuis notre baptême et notre confirmation nous pouvons tous être médecins, de par la présence de l’Esprit-Saint dans nos cœurs.
Demandons-lui de nous le faire comprendre... Jésus a bien dit avant de nous quitter: “Lui vous enseignera toutes choses!” Tu aimes le monde et nous en témoignons nous dit le thème de ce dimanche.
Libellés :
6e dimanche après Pâques 2009`le09mai2010
dimanche 11 avril 2010
PAQUES 2010
PÂQUES 2010
En méditant sur la célébration de ce matin et sur les textes de la liturgie d’hier soir, une image qui me vient souvent s'est représentée à mon esprit. Il vous est peut-être arrivé lors d’un voyage de vous trouver très tôt dans une grande église ou dans une cathédrale, de bonne heure, quand le soleil n'est pas encore levé ou que le temps est nuageux. Vous vous êtes approchés des verrières qui vous ont semblé bien peu attirantes. Vous avez vu là des plaques de verre sombres, fades, entrecoupées de lisières de plomb, un métal terne et froid. Il n'y a rien là qui séduise l’oeil ou qui réjouisse le coeur. On tourne rapidement le dos en se disant: c'est moche, allons voir autres choses!
C'est un peu l'expérience de Marie-Madeleine et des femmes qui avaient suivi Jésus; elles s'étaient rendues à son tombeau pour compléter son embaumement le lendemain du sabbat. Il fait encore nuit, elles ne peuvent distinguer que de la grisaille, ce qui se marie bien avec la tristesse de leur coeur. Elles voient la pierre qui a été roulée, le trou noir qui forme l'entrée de la tombe, l'espace sombre qu'on devine à l'intérieur, le vide laissé par celui qui aurait du être là t qui n’y est plus! Ce que Madeleine constate ce n'est que de l'absence Elle n’a pas l’âme à la fête. Rien pour réchauffer son coeur et lui redonner un peu d'espérance. La mort de Jésus a été un scandale!
Combien de nos concitoyens, femmes et hommes de chez nous vivent cette situation; les journaux ont parlé de choses bien tristes à l’occasion de la S.Sainte. On a déjà entendu parler du Christ vivant, il nous reste parfois quelques bribes de notre héritage chrétien mais qui n’ont plus beaucoup de poids. Plutôt ce qui frappe, quand on regarde le monde autour de soi c'est comme un vide, une absence de Dieu; on voit partout de la souffrance, de la violence, la culture de la mort qui semble vouloir accaparer l’attention. Pour bien des gens, Dieu est mort en quelque sorte... on a enlevé petit à petit toute trace de sa présence dans l'organisation de la société et Lui ne semble pas sen'être objecté. On s'est accoutumé à voir Dieu mis à l'écart. Notre terre devient de plus en plus un lieu de détresse, où fleurissent le désenchantement, la morosité...
Revenons à notre vitrail. Voici qu'à un moment donné, à l'extérieur, quelques rayons du soleil percent les nuages. Quelque chose se met à vibrer, un éclat de lumière colorée attire notre regard. On ne voit pas très bien les dessins ou les formes, mais on sent qu’il y a là quelque chose de beau! En se forçant les yeux on distingue quelques motifs, un visage, une main, un pan de vêtement. Puis on a le réflexe de s'approcher, la curiosité a été piquée.
C'est cette seconde étape qu'ont vécue les femmes de l’Évangile, puis Pierre et Jean. Pierre entre dans le tombeau: il voit le linceul et le linge qui avait recouvert la tête de Jésus, roulés à leur place, disposés avec respect. Le corps est absent, mais Pierre reste là, figé, intrigué sans comprendre. Il n'a pas encore assez de lumière en lui pour tout saisir: il lui manque la foi pascale. Ce pourrait-il que tout celà soit vrai, ce que Jésus avait annoncé de sa Résurrection...
Cette attitude est aussi celle de bon nombre d'entre nous. Nous acceptons les données de la foi, nous aimerions y croire, mais il manque quelque chose. Notre foi est encore dans la lumière naissance, dans son aurore. Nous préférerions peut-être en rester là de peur que ça bouleverse nos vies. Croire que Jésus est vivant, qu'il est sorti de la mort, ça n'a presque pas de bon sens. Nous sommes en recherche, nous avons besoin d'explications, car il y a tellement de théories qui circulent. C'est peut-être plus confortable de croire à la réincarnation, moins engageant aussi.
Or voici que le soleil se dégage de sa couverture de nuage. Le vitrail alors resplendit: les couleurs se mettent à chanter, l'image se découpe radieuse, resplendissante. Il n'y a plus de comparaison avec ce qu'on avait vu plus tôt. C'est désormais un plaisir pour l’oeil: plus besoin de mots d'explication, on comprend avec son coeur le sens de ce qui est exprimé là, on est comme saisi par un mystère qui nous dépasse.
C'est ce qui est arrivé à Jean comme aux saintes femmes. Lorsque le disciple que Jésus aimait est entré dans le tombeau il voit les mêmes signes que Pierre. Mais il les regarde à la lumière de l'amour qu'il a pour le Seigneur et il comprend. Il a vu et il a cru, nous dit l'Évangile. Devant ce qu'il voit, son cœur lui chante que la vie est plus forte que la mort et que Jésus est vivant. Cette foi, l'Église naissante l'a découverte petit à petit à travers les signes que le Ressuscité lui a donnés et l’annonce de cette Bonne Nouvelle, ça dure depuis 2000 ans.
C'est la fête de Pâques, le mémorial de la résurrection du Seigneur. Nous n'avons plus, bien sûr, devant les yeux le tombeau vide. Ce qui nous reste c'est la foi des témoins, la foi pascale parvenue jusqu’à nous et que l'Esprit-Saint ravive en nos coeurs. Elle nous murmure que le Christ est vivant au milieu de nous et qu'Il nous inonde de sa lumière. Et à notre tour, comme Marie-Madeleine, comme Pierre et Jean, nous sommes invités à en devenir des témoins par notre joie de vivre, par notre ardeur à faite face à l'avenir. Puissions-nous être pour ceux qui demeurent plongés dans la pénombre des signes d'espérance!
Nous avons répété souvent depuis le début du carême “Confiance, Dieu tient Parole!” “Eh bien, toi qui es le Vivant remets en nos coeurs cette joie à l’occasion de cette belle matinée de Pâques!”
En méditant sur la célébration de ce matin et sur les textes de la liturgie d’hier soir, une image qui me vient souvent s'est représentée à mon esprit. Il vous est peut-être arrivé lors d’un voyage de vous trouver très tôt dans une grande église ou dans une cathédrale, de bonne heure, quand le soleil n'est pas encore levé ou que le temps est nuageux. Vous vous êtes approchés des verrières qui vous ont semblé bien peu attirantes. Vous avez vu là des plaques de verre sombres, fades, entrecoupées de lisières de plomb, un métal terne et froid. Il n'y a rien là qui séduise l’oeil ou qui réjouisse le coeur. On tourne rapidement le dos en se disant: c'est moche, allons voir autres choses!
C'est un peu l'expérience de Marie-Madeleine et des femmes qui avaient suivi Jésus; elles s'étaient rendues à son tombeau pour compléter son embaumement le lendemain du sabbat. Il fait encore nuit, elles ne peuvent distinguer que de la grisaille, ce qui se marie bien avec la tristesse de leur coeur. Elles voient la pierre qui a été roulée, le trou noir qui forme l'entrée de la tombe, l'espace sombre qu'on devine à l'intérieur, le vide laissé par celui qui aurait du être là t qui n’y est plus! Ce que Madeleine constate ce n'est que de l'absence Elle n’a pas l’âme à la fête. Rien pour réchauffer son coeur et lui redonner un peu d'espérance. La mort de Jésus a été un scandale!
Combien de nos concitoyens, femmes et hommes de chez nous vivent cette situation; les journaux ont parlé de choses bien tristes à l’occasion de la S.Sainte. On a déjà entendu parler du Christ vivant, il nous reste parfois quelques bribes de notre héritage chrétien mais qui n’ont plus beaucoup de poids. Plutôt ce qui frappe, quand on regarde le monde autour de soi c'est comme un vide, une absence de Dieu; on voit partout de la souffrance, de la violence, la culture de la mort qui semble vouloir accaparer l’attention. Pour bien des gens, Dieu est mort en quelque sorte... on a enlevé petit à petit toute trace de sa présence dans l'organisation de la société et Lui ne semble pas sen'être objecté. On s'est accoutumé à voir Dieu mis à l'écart. Notre terre devient de plus en plus un lieu de détresse, où fleurissent le désenchantement, la morosité...
Revenons à notre vitrail. Voici qu'à un moment donné, à l'extérieur, quelques rayons du soleil percent les nuages. Quelque chose se met à vibrer, un éclat de lumière colorée attire notre regard. On ne voit pas très bien les dessins ou les formes, mais on sent qu’il y a là quelque chose de beau! En se forçant les yeux on distingue quelques motifs, un visage, une main, un pan de vêtement. Puis on a le réflexe de s'approcher, la curiosité a été piquée.
C'est cette seconde étape qu'ont vécue les femmes de l’Évangile, puis Pierre et Jean. Pierre entre dans le tombeau: il voit le linceul et le linge qui avait recouvert la tête de Jésus, roulés à leur place, disposés avec respect. Le corps est absent, mais Pierre reste là, figé, intrigué sans comprendre. Il n'a pas encore assez de lumière en lui pour tout saisir: il lui manque la foi pascale. Ce pourrait-il que tout celà soit vrai, ce que Jésus avait annoncé de sa Résurrection...
Cette attitude est aussi celle de bon nombre d'entre nous. Nous acceptons les données de la foi, nous aimerions y croire, mais il manque quelque chose. Notre foi est encore dans la lumière naissance, dans son aurore. Nous préférerions peut-être en rester là de peur que ça bouleverse nos vies. Croire que Jésus est vivant, qu'il est sorti de la mort, ça n'a presque pas de bon sens. Nous sommes en recherche, nous avons besoin d'explications, car il y a tellement de théories qui circulent. C'est peut-être plus confortable de croire à la réincarnation, moins engageant aussi.
Or voici que le soleil se dégage de sa couverture de nuage. Le vitrail alors resplendit: les couleurs se mettent à chanter, l'image se découpe radieuse, resplendissante. Il n'y a plus de comparaison avec ce qu'on avait vu plus tôt. C'est désormais un plaisir pour l’oeil: plus besoin de mots d'explication, on comprend avec son coeur le sens de ce qui est exprimé là, on est comme saisi par un mystère qui nous dépasse.
C'est ce qui est arrivé à Jean comme aux saintes femmes. Lorsque le disciple que Jésus aimait est entré dans le tombeau il voit les mêmes signes que Pierre. Mais il les regarde à la lumière de l'amour qu'il a pour le Seigneur et il comprend. Il a vu et il a cru, nous dit l'Évangile. Devant ce qu'il voit, son cœur lui chante que la vie est plus forte que la mort et que Jésus est vivant. Cette foi, l'Église naissante l'a découverte petit à petit à travers les signes que le Ressuscité lui a donnés et l’annonce de cette Bonne Nouvelle, ça dure depuis 2000 ans.
C'est la fête de Pâques, le mémorial de la résurrection du Seigneur. Nous n'avons plus, bien sûr, devant les yeux le tombeau vide. Ce qui nous reste c'est la foi des témoins, la foi pascale parvenue jusqu’à nous et que l'Esprit-Saint ravive en nos coeurs. Elle nous murmure que le Christ est vivant au milieu de nous et qu'Il nous inonde de sa lumière. Et à notre tour, comme Marie-Madeleine, comme Pierre et Jean, nous sommes invités à en devenir des témoins par notre joie de vivre, par notre ardeur à faite face à l'avenir. Puissions-nous être pour ceux qui demeurent plongés dans la pénombre des signes d'espérance!
Nous avons répété souvent depuis le début du carême “Confiance, Dieu tient Parole!” “Eh bien, toi qui es le Vivant remets en nos coeurs cette joie à l’occasion de cette belle matinée de Pâques!”
Libellés :
Homélie PAQUES publier le 11 AVRIL 2010
jeudi 25 mars 2010
Homélie 5e dimanche du Carême
“Que celui qui est sans péché...”
Les scribes et les pharisiens amènent à Jésus une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils se veulent les fidèles défenseurs de la loi de Moïse; c’était leur devoir. Pourtant leur démarche justement, n’est pas conforme à cette loi qui disait: “surpris dans cette situation, ils seront mis à mort tous les deux, l’homme et la femme”. Pourquoi est-ce qu’ils amènent seulement la femme alors que l’homme a du pouvoir s’enfuir? Par ailleurs, ce n’est pas le souci de la gloire de Dieu qui les anime. Ils voulaient mettre Jésus à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser... La même tentation pourrait peut-être nous guetter si nous nous servions de notre bonne image pour accuser les autres.
C’est une scène bien connue qui nous est présentée aujourd’hui. Elle est dominée par deux regards portés sur cette femme. Il y a d’abord le regard des pharisiens, un regard froid; ils regardent la femme à travers les lunettes de la Loi de Moïse. Celle-ci était impitoyable: les deux coupables devront être mis à mort. Mais les supposés observateur de la Loi l’avait arrangée avec le temps, à leur avantage. C’était seulement la femme désormais qui devait subir ce sort. Au temps de Jésus, en fait, on considérait les femmes comme des servantes, inférieures aux hommes. Alors la femme n’a aucune chance de s’en sortir. Coupable, elle doit être lapidée, un point c’est tout!. Nous touchons ici du doigt combien une mentalité, une religion qui se fonde seulement sur la loi peut devenir un carcan qui étouffe et peut faire mourir. Et quelle image de Dieu cette religion offre-t-elle, d’un Dieu qui commande de tuer?
Il y a aussi le regard de Jésus. Il n’est pas venu pour juger, mais pour sauver, pour sortir ses frères et sœurs de ce que s.Paul appelait la malédiction de la Loi. Jésus ne voit pas d’abord dans cette femme son péché. C’est certain que l’adultère est un péché pour Jésus, mais il ne réduit pas cette femme à sa faiblesse. Il voit en elle un être humain qui n’est pas arrivé à aimer vraiment.
Alors Jésus s’était baissé et du doigt il écrivait sur le sol. Une leçon pour nous. Il ne veut pas entendre dire du mal des autres. S’il déteste le péché, il aime le pécheur. Son attitude est claire. Les accusations ne l’intéressent pas. Il ne fixe pas son regard sur la femme sans doute recroquevillée devant lui. Il ne regarde pas non plus ceux qui l’accusent méchamment. Jésus veut leur bien à tous, autant à l’accusée qu’aux accusateurs. Ceux-ci se pensent dans leur bon droit, ils ne veulent pas comprendre. Jésus va les mettre devant leur conscience. “Que celui qui est sans péché...”Demandons au Seigneur de nous rappeler ces mots quand nous sommes tentés de juger. “ Fais-nous partager ta miséricorde. Donne-nous ton regard pour voir les autres comme toi tu les vois. Viens changer notre cœur pour arriver à aimer comme toi.”
Jésus savait mieux que quiconque que, pour pouvoir aimer en vérité, nous avons besoin de nous sentir aimés en vérité. Nous ne pouvons pas nier en nous cette recherche, souvent sans doute maladroite, même faussée. En fait recevoir de l’amour pour pouvoir en donner. Jésus voit que cette femme n’est pas encore aimée pour elle-même. Elle reste pour les hommes qui la fréquentent comme un objet. Elle sent le genre de regard qu’on porte sur elle, le jugement des biens pensants. Alors Jésus ne tient pas compte des chemins qu’elle a empruntés pour tenter d’être aimée. Il la voit dans le regard d’amour que le Père porte sur elle. Si Jésus l’avait condamnée, il aurait fait une œuvre de mort, alors qu’il est venu pour que les gens aient la vie et la vie en abondance. Il fallait révéler à cette femme combien elle est aimée gratuitement par un Dieu qui est son Père. C’est vrai aussi pour nous quand nous sommes pécheurs et hésitons d’accéder au pardon. C’est parce que nous n’avons pas encore assez découvert combien nous sommes aimés d’un amour infini. Le seul chemin pour en sortir, c’est d’avoir la chance de rencontrer nous aussi le regard de Jésus. Le sacrement du pardon, s’il n’est pas le seul, est encore le meilleur chemin pour y parvenir.
Les autres lectures de ce dimanche vont dans le même sens. Dans la première, le prophète Isaïe s’adresse à des gens qui désespèrent de voir venir le jour où il seront libres et maîtres de leur destin. Il leur est promis la venue de ce jour; Dieu lui-même s’en occupera. L’enseignement de Jésus va confirmer cette annonce et va la conduire à sa perfection. Dieu pardonne à son peuple, le libère finalement et le fait revivre. Paul, ensuite, lui, le persécuteur des disciples de Jésus, rappelle comment il a été transformé à la suite de sa rencontre avec le Ressuscité. Oubliant ce qui se trouve derrière lui, il fonce en avant, soucieux de toujours mieux connaître le Christ et de vivre pleinement avec Lui. Dieu nous appelle aussi à cela: oublier ce qui est en arrière, tourner la page, regarder en avant, en demeurant convaincus que, quoi qu’il nous arrive, le Seigneur nous appelle à vivre. Confiance, Dieu tient Parole!
Les scribes et les pharisiens amènent à Jésus une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils se veulent les fidèles défenseurs de la loi de Moïse; c’était leur devoir. Pourtant leur démarche justement, n’est pas conforme à cette loi qui disait: “surpris dans cette situation, ils seront mis à mort tous les deux, l’homme et la femme”. Pourquoi est-ce qu’ils amènent seulement la femme alors que l’homme a du pouvoir s’enfuir? Par ailleurs, ce n’est pas le souci de la gloire de Dieu qui les anime. Ils voulaient mettre Jésus à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser... La même tentation pourrait peut-être nous guetter si nous nous servions de notre bonne image pour accuser les autres.
C’est une scène bien connue qui nous est présentée aujourd’hui. Elle est dominée par deux regards portés sur cette femme. Il y a d’abord le regard des pharisiens, un regard froid; ils regardent la femme à travers les lunettes de la Loi de Moïse. Celle-ci était impitoyable: les deux coupables devront être mis à mort. Mais les supposés observateur de la Loi l’avait arrangée avec le temps, à leur avantage. C’était seulement la femme désormais qui devait subir ce sort. Au temps de Jésus, en fait, on considérait les femmes comme des servantes, inférieures aux hommes. Alors la femme n’a aucune chance de s’en sortir. Coupable, elle doit être lapidée, un point c’est tout!. Nous touchons ici du doigt combien une mentalité, une religion qui se fonde seulement sur la loi peut devenir un carcan qui étouffe et peut faire mourir. Et quelle image de Dieu cette religion offre-t-elle, d’un Dieu qui commande de tuer?
Il y a aussi le regard de Jésus. Il n’est pas venu pour juger, mais pour sauver, pour sortir ses frères et sœurs de ce que s.Paul appelait la malédiction de la Loi. Jésus ne voit pas d’abord dans cette femme son péché. C’est certain que l’adultère est un péché pour Jésus, mais il ne réduit pas cette femme à sa faiblesse. Il voit en elle un être humain qui n’est pas arrivé à aimer vraiment.
Alors Jésus s’était baissé et du doigt il écrivait sur le sol. Une leçon pour nous. Il ne veut pas entendre dire du mal des autres. S’il déteste le péché, il aime le pécheur. Son attitude est claire. Les accusations ne l’intéressent pas. Il ne fixe pas son regard sur la femme sans doute recroquevillée devant lui. Il ne regarde pas non plus ceux qui l’accusent méchamment. Jésus veut leur bien à tous, autant à l’accusée qu’aux accusateurs. Ceux-ci se pensent dans leur bon droit, ils ne veulent pas comprendre. Jésus va les mettre devant leur conscience. “Que celui qui est sans péché...”Demandons au Seigneur de nous rappeler ces mots quand nous sommes tentés de juger. “ Fais-nous partager ta miséricorde. Donne-nous ton regard pour voir les autres comme toi tu les vois. Viens changer notre cœur pour arriver à aimer comme toi.”
Jésus savait mieux que quiconque que, pour pouvoir aimer en vérité, nous avons besoin de nous sentir aimés en vérité. Nous ne pouvons pas nier en nous cette recherche, souvent sans doute maladroite, même faussée. En fait recevoir de l’amour pour pouvoir en donner. Jésus voit que cette femme n’est pas encore aimée pour elle-même. Elle reste pour les hommes qui la fréquentent comme un objet. Elle sent le genre de regard qu’on porte sur elle, le jugement des biens pensants. Alors Jésus ne tient pas compte des chemins qu’elle a empruntés pour tenter d’être aimée. Il la voit dans le regard d’amour que le Père porte sur elle. Si Jésus l’avait condamnée, il aurait fait une œuvre de mort, alors qu’il est venu pour que les gens aient la vie et la vie en abondance. Il fallait révéler à cette femme combien elle est aimée gratuitement par un Dieu qui est son Père. C’est vrai aussi pour nous quand nous sommes pécheurs et hésitons d’accéder au pardon. C’est parce que nous n’avons pas encore assez découvert combien nous sommes aimés d’un amour infini. Le seul chemin pour en sortir, c’est d’avoir la chance de rencontrer nous aussi le regard de Jésus. Le sacrement du pardon, s’il n’est pas le seul, est encore le meilleur chemin pour y parvenir.
Les autres lectures de ce dimanche vont dans le même sens. Dans la première, le prophète Isaïe s’adresse à des gens qui désespèrent de voir venir le jour où il seront libres et maîtres de leur destin. Il leur est promis la venue de ce jour; Dieu lui-même s’en occupera. L’enseignement de Jésus va confirmer cette annonce et va la conduire à sa perfection. Dieu pardonne à son peuple, le libère finalement et le fait revivre. Paul, ensuite, lui, le persécuteur des disciples de Jésus, rappelle comment il a été transformé à la suite de sa rencontre avec le Ressuscité. Oubliant ce qui se trouve derrière lui, il fonce en avant, soucieux de toujours mieux connaître le Christ et de vivre pleinement avec Lui. Dieu nous appelle aussi à cela: oublier ce qui est en arrière, tourner la page, regarder en avant, en demeurant convaincus que, quoi qu’il nous arrive, le Seigneur nous appelle à vivre. Confiance, Dieu tient Parole!
mercredi 17 mars 2010
4e dimanche du Carême 2010
L’ENFANT PRODIGUE
Nous venons d’entendre certainement une des plus belles pages de l’évangile, tant jeune, je me suis longtemps demandé‚ ce que ça voulait dire prodigue (pas un enfant prodige!). Enfin je me suis risqué de regarder dans le dictionnaire et j’ai vu que ça signifiait: quelqu’un qui est dépensier, qui dépense sans calculer.. Peut-être aussi qui gaspille sans réfléchir. C’est ça le fils prodigue!
Mais si on regarde de plus prés l’évangile, on constate que le personnage central sur lequel on attire notre attention, c’est plutôt le Père; c’est lui qui est prodigue, mais plutôt généreux en bonté‚ et en pardon. Il faudrait peut-être remplacer le titre de l’évangile par la parabole du Père-tendresse. N’oublions pas que c’est Jésus qui nous parle ainsi de son Père et de notre Père du ciel. Un portrait étonnant,
d’une largesse inouïe, exagérée dirions-nous!
Notre Dieu est un Père prodigue en miséricorde
-dans sa patience: il attend fiévreusement le retour de son fils. Il ne donne pas d’ultimatum comme nous le ferions si facilement: C’est la dernière fois que tu me fais ce coup-là; la prochaine fredaine, tu sais, c’est la porte. Que son enfant revienne, c’est sa préoccupation quotidienne.
-dans son pardon: il ne demande pas de compte à son fils, n’exige pas une confession rigoureuse de tous ses méfaits. Il ne veut pas le diminuer davantage, il l’a assez humilié jusque là! Il ne calcule pas non plus, comme nous, on aurait peut-être dit : Mon garçon je te pardonne ton coup de tête, mais arrive-moi pas avec un casier judiciaire parce que là, je te déshérite...
-dans son respect: il ne profite pas de la situation pour démolir son fils, genre: je te l’avais bien dit, si tu m’avais écouté, tu as voulu faire à ta tête de pioche, ce n’est pas moi qui vais payer pour tes erreurs!
-dans son accueil: il tend les bras, il oublie le passé il tourne la page. Il ne dit pas: je te pardonne à condition que tu fasses ceci ou cela. Il sait bien que c’est le pardon qui finira par changer le cœur du garçon; ce n’est pas le changement éventuel qui mériterait le pardon, mais le contraire. Donc, pas d arrière-pensée de revanche!
-dans sa joie: elle est si profonde, si sincère... comment douter de son amour. S’il accueille son fils ce n’est pas pour bien paraître devant les autres, ou par bonne conscience pour être en paix avec lui-même. C est uniquement parce qu’il est amour, qu’il aime son enfant démesurément. Son retour à la maison est la source de sa joie! Nous sommes bien loin de nos calculs mesquins, c’est plutôt la générosité extrême de notre Dieu qui nous est rappelée. Le fils aîné qui est resté fidèle en est scandalisé surtout devant la fête qui s’organise, les vêtements neufs, les dépenses. En écoutant ce texte on devrait se dire en chacun de nous: et si je croyais vraiment moi aussi que je suis le bien-aimé‚ de Dieu, l’immensité de sa joie quand je reviens vers lui... est-ce que je n’irais pas plus souvent me jeter dans ses bras pour goûter la joie d’être pardonné d’être sauvé.
J’ai à reconnaître que je peux être de quelque manière à l’occasion un fils/fille prodigue quand j’abuse sans réfléchir du cadeau de ma santé, quand je n’entretiens/cultive pas le cadeau royal de ma foi: peut-être aussi, en polluant le cadeau de la belle nature; quand je m’éloigne pour une longue période de la maison familiale, l’église de Dieu, que je juge si peu attirante (c’est sûr que la télé ou l’internet sont tellement plus distrayants); quand je laisse perdre de bonnes inspirations, des grâces que Dieu me donne.Trouver le bonheur d’être accueilli tel que je suis par un Père qui m’aime, un Père-tendresse, c’est finalement la joie du sacrement du Pardon... curieusement un sacrement pas assez fréquenté, qui fait peur, dont on a perdu le sens. Le fils avait remâché lui aussi 56 raisons de ne pas revenir; c’est quand il a pris son courage à deux mains, qu’il a fait un geste de repentir, qu’il est entré dans la joie et la lumière, qu’il a été réintégré dans l’amour.
Je suis peut-être aussi à la fois le fils aîné, celui qui est resté fidèle, bon pratiquant, même engagé dans mon milieu, mais qui est déçu de la trop grande indulgence de Dieu envers les distants ou les ouvriers de la dernière heure; déçu que mes mérites et mon travail ne soient pas assez reconnus. Déçu que Dieu ne se pose pas en justicier pour faire le grand ménage en balayant tout ce qui traîne, les indifférents, les ennemis de la foi... A nous aussi le Père nous dit: pourquoi te plaindre, tu es mon enfant et tout ce qui est à moi est à toi! Serais-tu envieux parce que moi je suis bon? Dom H. Camara disait: le fils cadet s’est réveillé de ses péchés; il faudrait que le fils aîné, lui, se réveille de sa bonne conscience, se distancie de ses vertus et de ses mérites, de sa bonne conscience!
Résumons:
Au-delà de tout ce qu’on pourrait prévoir si on suit la pente du gros bon sens, Dieu notre Père attend patiemment mon retour. Au-delà de toute convenance, il se réjouit et m’accueille quelque soit mon péché. Il ne me demande que le regret de mes fautes et le ferme propos, i.e. l’intention bien arrêtée de me reprendre, de m’améliorer. Dieu est Dieu, ses chemins ne sont pas les nôtres, son amour est sans limite. Bien sûr, nous sommes faibles, mais nous sommes toujours les enfants du Père. Bien sûr nous sommes pécheurs, mais nous sommes les bien-aimés de Dieu. Et à ses yeux, c’est tout ce qui compte! Bonne nouvelle qu’il faut sans cesse se redire! Aujourd’hui encore Dieu nous tend la main! (Dimanche le 21 mars, 15h00, le sacrement du Pardon nous est offert, à nous d’en profiter!)
Nous venons d’entendre certainement une des plus belles pages de l’évangile, tant jeune, je me suis longtemps demandé‚ ce que ça voulait dire prodigue (pas un enfant prodige!). Enfin je me suis risqué de regarder dans le dictionnaire et j’ai vu que ça signifiait: quelqu’un qui est dépensier, qui dépense sans calculer.. Peut-être aussi qui gaspille sans réfléchir. C’est ça le fils prodigue!
Mais si on regarde de plus prés l’évangile, on constate que le personnage central sur lequel on attire notre attention, c’est plutôt le Père; c’est lui qui est prodigue, mais plutôt généreux en bonté‚ et en pardon. Il faudrait peut-être remplacer le titre de l’évangile par la parabole du Père-tendresse. N’oublions pas que c’est Jésus qui nous parle ainsi de son Père et de notre Père du ciel. Un portrait étonnant,
d’une largesse inouïe, exagérée dirions-nous!
Notre Dieu est un Père prodigue en miséricorde
-dans sa patience: il attend fiévreusement le retour de son fils. Il ne donne pas d’ultimatum comme nous le ferions si facilement: C’est la dernière fois que tu me fais ce coup-là; la prochaine fredaine, tu sais, c’est la porte. Que son enfant revienne, c’est sa préoccupation quotidienne.
-dans son pardon: il ne demande pas de compte à son fils, n’exige pas une confession rigoureuse de tous ses méfaits. Il ne veut pas le diminuer davantage, il l’a assez humilié jusque là! Il ne calcule pas non plus, comme nous, on aurait peut-être dit : Mon garçon je te pardonne ton coup de tête, mais arrive-moi pas avec un casier judiciaire parce que là, je te déshérite...
-dans son respect: il ne profite pas de la situation pour démolir son fils, genre: je te l’avais bien dit, si tu m’avais écouté, tu as voulu faire à ta tête de pioche, ce n’est pas moi qui vais payer pour tes erreurs!
-dans son accueil: il tend les bras, il oublie le passé il tourne la page. Il ne dit pas: je te pardonne à condition que tu fasses ceci ou cela. Il sait bien que c’est le pardon qui finira par changer le cœur du garçon; ce n’est pas le changement éventuel qui mériterait le pardon, mais le contraire. Donc, pas d arrière-pensée de revanche!
-dans sa joie: elle est si profonde, si sincère... comment douter de son amour. S’il accueille son fils ce n’est pas pour bien paraître devant les autres, ou par bonne conscience pour être en paix avec lui-même. C est uniquement parce qu’il est amour, qu’il aime son enfant démesurément. Son retour à la maison est la source de sa joie! Nous sommes bien loin de nos calculs mesquins, c’est plutôt la générosité extrême de notre Dieu qui nous est rappelée. Le fils aîné qui est resté fidèle en est scandalisé surtout devant la fête qui s’organise, les vêtements neufs, les dépenses. En écoutant ce texte on devrait se dire en chacun de nous: et si je croyais vraiment moi aussi que je suis le bien-aimé‚ de Dieu, l’immensité de sa joie quand je reviens vers lui... est-ce que je n’irais pas plus souvent me jeter dans ses bras pour goûter la joie d’être pardonné d’être sauvé.
J’ai à reconnaître que je peux être de quelque manière à l’occasion un fils/fille prodigue quand j’abuse sans réfléchir du cadeau de ma santé, quand je n’entretiens/cultive pas le cadeau royal de ma foi: peut-être aussi, en polluant le cadeau de la belle nature; quand je m’éloigne pour une longue période de la maison familiale, l’église de Dieu, que je juge si peu attirante (c’est sûr que la télé ou l’internet sont tellement plus distrayants); quand je laisse perdre de bonnes inspirations, des grâces que Dieu me donne.Trouver le bonheur d’être accueilli tel que je suis par un Père qui m’aime, un Père-tendresse, c’est finalement la joie du sacrement du Pardon... curieusement un sacrement pas assez fréquenté, qui fait peur, dont on a perdu le sens. Le fils avait remâché lui aussi 56 raisons de ne pas revenir; c’est quand il a pris son courage à deux mains, qu’il a fait un geste de repentir, qu’il est entré dans la joie et la lumière, qu’il a été réintégré dans l’amour.
Je suis peut-être aussi à la fois le fils aîné, celui qui est resté fidèle, bon pratiquant, même engagé dans mon milieu, mais qui est déçu de la trop grande indulgence de Dieu envers les distants ou les ouvriers de la dernière heure; déçu que mes mérites et mon travail ne soient pas assez reconnus. Déçu que Dieu ne se pose pas en justicier pour faire le grand ménage en balayant tout ce qui traîne, les indifférents, les ennemis de la foi... A nous aussi le Père nous dit: pourquoi te plaindre, tu es mon enfant et tout ce qui est à moi est à toi! Serais-tu envieux parce que moi je suis bon? Dom H. Camara disait: le fils cadet s’est réveillé de ses péchés; il faudrait que le fils aîné, lui, se réveille de sa bonne conscience, se distancie de ses vertus et de ses mérites, de sa bonne conscience!
Résumons:
Au-delà de tout ce qu’on pourrait prévoir si on suit la pente du gros bon sens, Dieu notre Père attend patiemment mon retour. Au-delà de toute convenance, il se réjouit et m’accueille quelque soit mon péché. Il ne me demande que le regret de mes fautes et le ferme propos, i.e. l’intention bien arrêtée de me reprendre, de m’améliorer. Dieu est Dieu, ses chemins ne sont pas les nôtres, son amour est sans limite. Bien sûr, nous sommes faibles, mais nous sommes toujours les enfants du Père. Bien sûr nous sommes pécheurs, mais nous sommes les bien-aimés de Dieu. Et à ses yeux, c’est tout ce qui compte! Bonne nouvelle qu’il faut sans cesse se redire! Aujourd’hui encore Dieu nous tend la main! (Dimanche le 21 mars, 15h00, le sacrement du Pardon nous est offert, à nous d’en profiter!)
Libellés :
Homélie 4e dimanche du Carême 2010
S'abonner à :
Messages (Atom)
