samedi 8 septembre 2012
ÊTRE BÉNÉVOLE
Une des plus belles richesses de notre société c’est de constater toutes les heures de bénévolat dont chaque communauté civile et chrétienne peut bénéficier. Nombre de personnes posent quantité de gestes pour aider leur semblable à mieux être, à mieux vivre. Que de personnes vont, à titre d’exemples, aider des personnes à manger que ce soit dans les hôpitaux ou des centres d’accueil! Que de personnes s’engagent bénévolement à prendre des responsabilités dans toutes sortes de comités pour favoriser l’entente, l’harmonie, le succès de diverses activités! Que de personnes se sont engagés dans les partis politiques – toujours à titre de bénévoles – pour faire valoir leurs idées, leurs opinions.
La société dans laquelle nous vivons a besoin de cette foule de bénévoles qui s’engagent partout, qui s’engagent à mettre de la qualité dans les relations interpersonnelles que nous entretenons avec les autres, qui s’engagent à réaliser certaines activités, certains événements qui ne pourraient avoir lieu sans eux, qui s’engagent à faire avancer notre société pour que tous puissent être accueillis et respectés dans leur réalité et dans leur dignité.
Notre société a besoin de bénévoles et notre Église également. Sans cette armée de bénévoles qui se dévouent sans compter dans toutes les paroisses du Québec, notre Église d’ici ne serait pas aussi vivante et dynamique. Nos bénévoles sont la vie, sont le souffle qui permet à l’Église de respirer, jour après jour, d’avancer tout en continuant de proclamer la Bonne Nouvelle du Salut. Nos bénévoles sont un signe sensible qui interpelle les personnes de leur entourage quant à leur motivation profonde, quant à leur foi, quant à leur engagement, quant à leur désir de mettre en pratique le grand commandement de l’amour du Seigneur. Vouloir du bien à ceux et celles qui nous entourent et cela gratuitement, voilà ce qui anime les personnes qui s’engagent sur cette route. Jésus veut ce qu’il y a de meilleur pour tous les enfants du Père et il a donné sa vie pour que cette réalité devienne vivante. Jésus n’a pas calculé son temps, ses jours, ses heures. Une seule chose lui importait : voir les enfants du Père heureux, bien vivants, remplis de joie et d’espérance même s’il y avait de nombreuses contraintes matérielles et physiques.
À l’heure de la fête des bénévoles dans la communauté de Sainte-Praxède, je veux remercier bien sincèrement toutes les personnes qui s’engagent bénévolement dans la communauté. Que ce soit du plus petit geste au plus grand, que ce soit du geste inaperçu à celui qui est plus visible, que ce soit du geste anonyme à celui qui est reconnu, je veux au nom de Jésus exprimer ma plus vive reconnaissance à tous les bénévoles d’aujourd’hui comme à tous les bénévoles des dernières années sans oublier ceux et celles qui voudraient encore faire du bénévolat mais qui ne le peuvent plus pour diverses raisons. Par votre engagement, vous êtes, vous, les bénévoles, la vie de la communauté. Merci pour votre engagement et que votre exemple nous aide tous et chacun à faire notre petite part pour assurer la vitalité et la viabilité de la communauté !
Léo Durocher, ptre
mardi 14 août 2012
INSCRIPTIONS AUX CATÉCHÈSES
INSCRIPTIONS AUX CATÉCHÈSES - automne 2012 et hiver 2013
Prendre note que les inscriptions auront lieu au sous-sol de l'église
Sainte-Praxède aux dates suivantes:
Mercredi 5 septembre à 19 heures et samedi 8 septembre à 9h30.
Nous vous invitons à en informer les personnes qui pourraient être
intéressées.
vendredi 24 février 2012
Ingrédients pour un avenir heureux
Nous sommes dans une époque où le religieux est mis de côté au profit des valeurs matérielles. Le défi de nos églises est d’autant plus grand avec la population de pratiquants qui est vieillissante. Alors, qu’en sera-t-il de l’avenir ? Pour ma part, j’ai vu des églises renaîtrent de leurs cendres juste à cause d’un petit groupe de personnes qui priaient tous les jours pour leur communauté. Ils priaient avec confiance que le meilleur pour demain, c’est Dieu qui s’en charge.
De notre côté, dans la fusion de nos églises, nous avons deux choix, celui de se mettre en position de défendre notre territoire, ou celui d’ouvrir nos portes à l’échange, la collaboration et le compromis en vu du bien de tous. Sachons que si nous recherchons seulement notre propre bien, nous risquons de faire du tort aux autres. Mais en recherchant le Bien commun, tout le reste nous sera donné. Ce Bien passe par l’accueil des personnes marginales ou exclues, et par l’accueil de personnes de d’autres territoires que le nôtre. Car, notre époque s’ouvre à une ère mondiale où les frontières sont dépassées pour s’unifier au cœur de Dieu. La seule barrière entre les humains est maintenant le non-amour qui empêche de s’ouvrir aux autres. Ainsi, notre monde sans frontière peut avoir des inconvénients où le mélange de culture, de tradition, de manière de faire peuvent susciter des conflits. N’oublions pas alors que le Royaume compte plus que tout le reste, que l’amour prime sur le besoin de faire comme à l’habitude, que le partage prime sur mon idée auquel je tiens.
Alors, pour l’avenir de nos églises, je nous souhaite beaucoup de miséricorde et d’amour. Que toutes les décisions soient prises dans la paix, en groupe, où aucune personne ne pense à dominer les autres.
En 2013, nos églises de Sainte-Praxède et de Saint-Denis seront définitivement unies. D’ailleurs, Notre-Dame-Des-Mères vient d’être fermée et nous accueillons chez nous les gens qui fréquentaient cette desserte. Nous aurons alors une nouvelle union et un nouveau nom. Nous avons maintenant besoin de vos idées quant à ce nouveau nom de la paroisse. Ce nom religieux pourra évoquer un saint ou une sainte, ou bien décerner un titre qu’on donne à Dieu, à son fils Jésus ou bien à Marie. Par exemple, paroisse de l’Enfant-Jésus, du cœur marial, des saints martyrs, de la miséricorde, de l’espérance, ou bien de Sainte-Barbe !!! Pour partager vos idées écrivez-nous à pastoralebrompton@yahoo.ca ou bien téléphoner au presbytère au 846-2377.
Merci de votre participation,
Marie-Hélène Dufour
agente de pastorale
De notre côté, dans la fusion de nos églises, nous avons deux choix, celui de se mettre en position de défendre notre territoire, ou celui d’ouvrir nos portes à l’échange, la collaboration et le compromis en vu du bien de tous. Sachons que si nous recherchons seulement notre propre bien, nous risquons de faire du tort aux autres. Mais en recherchant le Bien commun, tout le reste nous sera donné. Ce Bien passe par l’accueil des personnes marginales ou exclues, et par l’accueil de personnes de d’autres territoires que le nôtre. Car, notre époque s’ouvre à une ère mondiale où les frontières sont dépassées pour s’unifier au cœur de Dieu. La seule barrière entre les humains est maintenant le non-amour qui empêche de s’ouvrir aux autres. Ainsi, notre monde sans frontière peut avoir des inconvénients où le mélange de culture, de tradition, de manière de faire peuvent susciter des conflits. N’oublions pas alors que le Royaume compte plus que tout le reste, que l’amour prime sur le besoin de faire comme à l’habitude, que le partage prime sur mon idée auquel je tiens.
Alors, pour l’avenir de nos églises, je nous souhaite beaucoup de miséricorde et d’amour. Que toutes les décisions soient prises dans la paix, en groupe, où aucune personne ne pense à dominer les autres.
En 2013, nos églises de Sainte-Praxède et de Saint-Denis seront définitivement unies. D’ailleurs, Notre-Dame-Des-Mères vient d’être fermée et nous accueillons chez nous les gens qui fréquentaient cette desserte. Nous aurons alors une nouvelle union et un nouveau nom. Nous avons maintenant besoin de vos idées quant à ce nouveau nom de la paroisse. Ce nom religieux pourra évoquer un saint ou une sainte, ou bien décerner un titre qu’on donne à Dieu, à son fils Jésus ou bien à Marie. Par exemple, paroisse de l’Enfant-Jésus, du cœur marial, des saints martyrs, de la miséricorde, de l’espérance, ou bien de Sainte-Barbe !!! Pour partager vos idées écrivez-nous à pastoralebrompton@yahoo.ca ou bien téléphoner au presbytère au 846-2377.
Merci de votre participation,
Marie-Hélène Dufour
agente de pastorale
mardi 21 février 2012
TEXTE POUR CARÊME 2012
REVIENS
Textes du jour : Joël 2, 12-18 / Psaume 50 / Corinthiens 5, 20-6,2 / Matthieu 6, 1-18
La phrase qui m’a touché dans l’Évangile c’est :” Ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. » Qu’est-ce que tu fais dans le secret ? Est-ce que c’est des choses qu’on ne peut montrer en plein jour ? Pourtant, ton Père lui voit déjà ce que tu fais en secret. Il te revaudra ce que tu fais de bien. Alors, au ciel, tu pourras dire : « Papa, tu me dois plein d’amour, car j’ai fait tout ça dans le secret ! » Il répondra : « Je suis si fière de toi, mon enfant ! » Et si dans le secret c’est moins beau ce que tu fais, alors là, ton Père du ciel te dit en ce jour, comme dans la première lecture : « Reviens à moi, dans les larmes et le deuil. Reviens et regrette le mal que tu as fait. » Car, c’est par le regret sincère que je vois que tu veux changer et devenir meilleur. Je vais alors effacer ton péché, mais avant tu dois revenir à moi ton Dieu qui t’aime. Ainsi, durant le carême, revenons au Seigneur plus souvent dans le secret de nos cœurs et disons lui que nous l’aimons. Et si nous n’arrivons pas à aimer Dieu, demandons lui la grâce de revenir à lui et de l’aimer. Dieu à toutes les grâces pour nous aider à aller vers lui, n’attendons plus, le carême est le moment idéal pour se rapprocher de Dieu. Car, l’heure est venu pour nous d’aller vers Celui qui nous aime.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
pastoralebrompton@yahoo.ca
Textes du jour : Joël 2, 12-18 / Psaume 50 / Corinthiens 5, 20-6,2 / Matthieu 6, 1-18
La phrase qui m’a touché dans l’Évangile c’est :” Ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. » Qu’est-ce que tu fais dans le secret ? Est-ce que c’est des choses qu’on ne peut montrer en plein jour ? Pourtant, ton Père lui voit déjà ce que tu fais en secret. Il te revaudra ce que tu fais de bien. Alors, au ciel, tu pourras dire : « Papa, tu me dois plein d’amour, car j’ai fait tout ça dans le secret ! » Il répondra : « Je suis si fière de toi, mon enfant ! » Et si dans le secret c’est moins beau ce que tu fais, alors là, ton Père du ciel te dit en ce jour, comme dans la première lecture : « Reviens à moi, dans les larmes et le deuil. Reviens et regrette le mal que tu as fait. » Car, c’est par le regret sincère que je vois que tu veux changer et devenir meilleur. Je vais alors effacer ton péché, mais avant tu dois revenir à moi ton Dieu qui t’aime. Ainsi, durant le carême, revenons au Seigneur plus souvent dans le secret de nos cœurs et disons lui que nous l’aimons. Et si nous n’arrivons pas à aimer Dieu, demandons lui la grâce de revenir à lui et de l’aimer. Dieu à toutes les grâces pour nous aider à aller vers lui, n’attendons plus, le carême est le moment idéal pour se rapprocher de Dieu. Car, l’heure est venu pour nous d’aller vers Celui qui nous aime.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
pastoralebrompton@yahoo.ca
Libellés :
CARÊME 2012 par Marie-Hélène Dufour
lundi 28 novembre 2011
Fête du Christ-Roi
Commentaire sur les textes du 20 novembre 2011
Fête du Christ-Roi
Voici comment je perçois les 3 textes d’aujourd’hui. Je vois une progression entre eux. D’abord, dans la première lecture, on nous dit qu’au départ on est tous des brebis égarées, qui vivent sans trop savoir quel est le sens de la vie. Sans avoir de direction, de but.
Mais Dieu, le maître, dit qu’il va rassembler son troupeau et qu’il va en prendre soin en donnant de la force à sa brebis faible, en allant chercher celle qui est blessée, et en rendant les brebis qui sont grasses et vigoureuses, plus justes.
Ensuite, mais seulement après avoir pris soin de chacun de ses enfants. Dieu va les juger, ou en un autre mot, les évaluer. Une fois qu’ils auront tout le nécessaire pour devenir une bonne brebis, là Dieu va évaluer si on a bien utilisé ce qu’il nous a donné et si on est resté fidèle dans la bergerie, ou bien si à la moindre occasion, nous nous sommes sauvés du maître.
Dans la deuxième lecture, Paul dit que c’est par Adam (un mouton comme les autres) que tous les autres moutons se sont égarés. Si j’avais été à la place d’Adam, j’aurais voulu moi aussi aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de la clôture, car la porte est ouverte. Dieu nous averti en disant : « si tu sors de ma bergerie, tu deviendras malheureux. Mais je te laisse ta liberté en laissant la porte ouverte, maintenant, à toi de choisir si tu veux m’écouter ou non. » Malheureusement, en sortant de la bergerie, Adam a entraîné tous les autres à sa suite et nous a tous égarés. Nous sommes aussi coupable que Adam, parce que nous l’avons suivi.
Mais c’est à cause d’un seul mouton, Adam, que nous sommes tous perdus, c’est grâce aussi à un seul mouton que tous vont revenir vers le berger. C’est Jésus, qui est à la fois le Fils du berger et la brebis rassembleuse, celle qui permettra de retrouver la vie. Car, on était tous tellement égarés que la seule façon de revenir vers le maître c’est de faire « game over » comme dans les jeux vidéo et de tout recommencer en neuf. Mais cette fois, en suivant la voix du maître, car il sait ce qui est bon pour nous.
Dans l’Évangile, on explique qu’à la fin de notre vie, nous allons rencontrer le Roi de l’Univers, le vrai berger. À ce moment, le Roi va nous demander si nous avons écouté le maître et si nous l’avons suivi. Il va demander aussi si on s’est comporté comme lui en prenant soin des autres, comme il l’a fait pour nous. A ce moment, il saura si vraiment on a fait partie de sa bergerie, car en vivant avec le maître on devient peu à peu comme lui, c’est-à-dire bon.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
pastoralebrompton@yahoo.ca
Fête du Christ-Roi
Voici comment je perçois les 3 textes d’aujourd’hui. Je vois une progression entre eux. D’abord, dans la première lecture, on nous dit qu’au départ on est tous des brebis égarées, qui vivent sans trop savoir quel est le sens de la vie. Sans avoir de direction, de but.
Mais Dieu, le maître, dit qu’il va rassembler son troupeau et qu’il va en prendre soin en donnant de la force à sa brebis faible, en allant chercher celle qui est blessée, et en rendant les brebis qui sont grasses et vigoureuses, plus justes.
Ensuite, mais seulement après avoir pris soin de chacun de ses enfants. Dieu va les juger, ou en un autre mot, les évaluer. Une fois qu’ils auront tout le nécessaire pour devenir une bonne brebis, là Dieu va évaluer si on a bien utilisé ce qu’il nous a donné et si on est resté fidèle dans la bergerie, ou bien si à la moindre occasion, nous nous sommes sauvés du maître.
Dans la deuxième lecture, Paul dit que c’est par Adam (un mouton comme les autres) que tous les autres moutons se sont égarés. Si j’avais été à la place d’Adam, j’aurais voulu moi aussi aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de la clôture, car la porte est ouverte. Dieu nous averti en disant : « si tu sors de ma bergerie, tu deviendras malheureux. Mais je te laisse ta liberté en laissant la porte ouverte, maintenant, à toi de choisir si tu veux m’écouter ou non. » Malheureusement, en sortant de la bergerie, Adam a entraîné tous les autres à sa suite et nous a tous égarés. Nous sommes aussi coupable que Adam, parce que nous l’avons suivi.
Mais c’est à cause d’un seul mouton, Adam, que nous sommes tous perdus, c’est grâce aussi à un seul mouton que tous vont revenir vers le berger. C’est Jésus, qui est à la fois le Fils du berger et la brebis rassembleuse, celle qui permettra de retrouver la vie. Car, on était tous tellement égarés que la seule façon de revenir vers le maître c’est de faire « game over » comme dans les jeux vidéo et de tout recommencer en neuf. Mais cette fois, en suivant la voix du maître, car il sait ce qui est bon pour nous.
Dans l’Évangile, on explique qu’à la fin de notre vie, nous allons rencontrer le Roi de l’Univers, le vrai berger. À ce moment, le Roi va nous demander si nous avons écouté le maître et si nous l’avons suivi. Il va demander aussi si on s’est comporté comme lui en prenant soin des autres, comme il l’a fait pour nous. A ce moment, il saura si vraiment on a fait partie de sa bergerie, car en vivant avec le maître on devient peu à peu comme lui, c’est-à-dire bon.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
pastoralebrompton@yahoo.ca
Libellés :
20 novembre 2011,
Commentaire Agente de Pastorale
mardi 20 septembre 2011
Évangile Dimanche 18 Sept. 2011
Commentaire sur l’Évangile du 18 septembre 2011
La parabole des travailleurs de la dernière heure.
Permettez-moi de partager avec vous mes impressions sur l’Évangile d’aujourd’hui.
D’abord, lorsque j’ai lu le texte, il me semblait que c’était injuste que ceux qui ont travaillé plus longtemps à la vigne reçoive le même salaire que ceux qui sont arrivés en dernier. Mais pour comprendre, je me suis mise à la place des personnes qui, toute leur vie, errent et cherchent le bonheur. Ces personnes qui tentent de combler leurs soifs par toutes sortes de choses, mais qui, dans le fond, ne sont pas heureux. Au cours de leur vie, ces personnes, sans maître, s’égarent sur des chemins obscurs, croyant avoir pris de bonnes décisions. Elles se retrouvent profondément seules au fond d’eux-mêmes, parce qu’elles n’ont pas rencontré le Maître de la Vie.
Alors, tout ce temps perdu à chercher, à errer loin du Maître, tout ce temps doit-il être compté ? Doit- il être puni ? De toute façon, la solitude et la tristesse d’être sans vie loin du Maître est déjà une punition en soi.
Et si nous avions rencontré ce Maître si bon, si généreux, si patient qu’est Dieu. Si nous l’avions rencontré avant, aurions nous plus de mérites que ceux qui ne le connaissent pas ? Notre seul mérite est de rester fidèle à sa vigne et d’avoir dit « oui » à l’Amour. Mais ce « oui » se renouvelle à chaque jour en acceptant que Dieu soit dans ma vie et qu’il soit le maître de ma vie. Alors, j’accepte donc que ce ne soit pas moi le maître de ma vie. Mon seul pouvoir est que dans chaque situation, je peux choisir de suivre l’Amour ou de le refuser.
Voici un exemple concret d’une dame de 50 ans qui venait de vivre un grand changement dans son cœur. Elle venait de rencontrer Dieu. Ce changement s’appelle une conversion. Elle était toute triste et elle me disait : « si j’avais su avant, si j’avais su ». J’étais triste avec elle parce que, comme dans la parabole de Jésus, son cœur était « resté à ne rien faire » durant tout ce temps. Comme si son cœur n’avait pas été engagé à aimer profondément. Car, on a tous besoin de quelqu’un qui nous engage. Qui nous dise : « j’ai besoin de toi, veux-tu aimer ? » et qui nous dise notre importance. Et nous avons la responsabilité de répondre.
Puis notre réponse ne se fait pas seulement en parole, mais c’est par des actions concrètes qu’on peut percevoir ceux qui travaillent à la vigne de ceux qui cherchent encore. Ceux qui sont à la vigne ne sont pas meilleurs que les autres. Non. Ils sont simplement répondus à l’appel du Maître.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
La parabole des travailleurs de la dernière heure.
Permettez-moi de partager avec vous mes impressions sur l’Évangile d’aujourd’hui.
D’abord, lorsque j’ai lu le texte, il me semblait que c’était injuste que ceux qui ont travaillé plus longtemps à la vigne reçoive le même salaire que ceux qui sont arrivés en dernier. Mais pour comprendre, je me suis mise à la place des personnes qui, toute leur vie, errent et cherchent le bonheur. Ces personnes qui tentent de combler leurs soifs par toutes sortes de choses, mais qui, dans le fond, ne sont pas heureux. Au cours de leur vie, ces personnes, sans maître, s’égarent sur des chemins obscurs, croyant avoir pris de bonnes décisions. Elles se retrouvent profondément seules au fond d’eux-mêmes, parce qu’elles n’ont pas rencontré le Maître de la Vie.
Alors, tout ce temps perdu à chercher, à errer loin du Maître, tout ce temps doit-il être compté ? Doit- il être puni ? De toute façon, la solitude et la tristesse d’être sans vie loin du Maître est déjà une punition en soi.
Et si nous avions rencontré ce Maître si bon, si généreux, si patient qu’est Dieu. Si nous l’avions rencontré avant, aurions nous plus de mérites que ceux qui ne le connaissent pas ? Notre seul mérite est de rester fidèle à sa vigne et d’avoir dit « oui » à l’Amour. Mais ce « oui » se renouvelle à chaque jour en acceptant que Dieu soit dans ma vie et qu’il soit le maître de ma vie. Alors, j’accepte donc que ce ne soit pas moi le maître de ma vie. Mon seul pouvoir est que dans chaque situation, je peux choisir de suivre l’Amour ou de le refuser.
Voici un exemple concret d’une dame de 50 ans qui venait de vivre un grand changement dans son cœur. Elle venait de rencontrer Dieu. Ce changement s’appelle une conversion. Elle était toute triste et elle me disait : « si j’avais su avant, si j’avais su ». J’étais triste avec elle parce que, comme dans la parabole de Jésus, son cœur était « resté à ne rien faire » durant tout ce temps. Comme si son cœur n’avait pas été engagé à aimer profondément. Car, on a tous besoin de quelqu’un qui nous engage. Qui nous dise : « j’ai besoin de toi, veux-tu aimer ? » et qui nous dise notre importance. Et nous avons la responsabilité de répondre.
Puis notre réponse ne se fait pas seulement en parole, mais c’est par des actions concrètes qu’on peut percevoir ceux qui travaillent à la vigne de ceux qui cherchent encore. Ceux qui sont à la vigne ne sont pas meilleurs que les autres. Non. Ils sont simplement répondus à l’appel du Maître.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
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Commentaire Agente de Pastorale
samedi 12 février 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 06 fev. 2011
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde »
Les jours rallongent heureusement. Mercredi fête de la Présentation, l’Église a reconnu en Jésus la lumière du monde et la gloire du peuple de Dieu. Le fait que le Christ éclaire nos vies est déjà une bonne nouvelle. Nous avons reçu sa lumière le jour de notre baptême et nous avançons dans la vie en enfants de lumière. Il faut que nous en soyons conscients. A cette grâce de Dieu est attachée une grande responsabilité, une mission. Pas seulement pour les curés et les gens de la pastorale. Au moment où nous sommes rassemblés autour de Jésus pour écouter sa parole, il nous redit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». Jésus ressuscité compte sur nous pour éclairer la nuit de notre monde . Nous sommes bien conscients de ce que ça veut dire. Disciples du Christ, nous avons la responsabilité de répandre autour de nous le goût de l’Évangile. Quelle confiance le Seigneur nous fait mais aussi quel défi!
Lorsque Jésus emploie les images du sel et de la lumière, il y voit quelque chose de bon. Mais de nos jours, le sel a mauvaise presse. Nous en mangeons trop : attention aux maladies cardiaques. Des firmes se spécialisent dans des produits sans sel. Quant à la lumière, du moins celle du soleil, il faut nous en protéger : attention au cancer de la peau! Cette méfiance moderne s’apparente étrangement à la réaction de bien de nos contemporains par rapport à l’Église et à ses prises de parole. Dans ces conditions, il faut le reconnaître humblement : être le sel de la terre et la lumière du monde n’est pas une mince affaire.
Comment demeurer fidèles à la mission confiée par Jésus à ses disciples? Nous préférerions sans doute rester tranquillement chez nous plutôt que de courir le risque d’éloigner nos proches en prenant la parole ou en agissant au nom de notre foi. Pourtant la mission dont parle Jésus dans l’Évangile n’est pas réservée à ceux et celles qui sont officiellement mandatés par l’Église pour une charge pastorale. Jésus s’adressait à tous ses disciples quand il disait : « Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde ». Tout le peuple de Dieu, celui que nous formons est chargé de transmettre aux autres le goût de l’Évangile et de faire briller la lumière du Christ au milieu des ténèbres de la vie. Et les occasions ne manquent pas, on n’a qu’à feuilleter nos journaux.
Il est normal que l’ampleur de cette mission suscite de l’inquiétude, de l’inconfort. Cela peut nous paralyser, nous empêcher de témoigner de notre foi. C’est bon pour les autres ou comme on dit aujourd’hui : Pas dans ma cour! Il importe alors de nous rappeler que depuis le matin de Pâques, l’annonce de l’Évangile ne va pas sans risque. Paul disait dans la 2e lect. : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse… C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis venu chez vous. Mon langage, ma proclamation de l’évangile n’avaient rien à voir avec le langage d’une sagesse qui veut convaincre ». Si le grand saint Paul a vécu de tels sentiments envers sa mission, n’est-il pas normal que nous soyons aussi craintifs et tout tremblants devant la responsabilité que nous confie le Christ?
Donc, il faut connaître les secrets d’un bon assaisonnement. Prenons au sérieux la manière avec laquelle Jésus décrit la mission qu’il nous confie : « Vous êtes le sel de la terre ». S’il ne faut pas abuser du sel, il ne faut pas s’en abstenir totalement. Apprenons à être de bonnes cuisinières, de bons cuistots. Pas assez d’épices, le plat est fade, sans goût. Trop d’épices et la sauce est gâchée. De même, il faut apprendre à respecter la sensibilité de celles et ceux que le Seigneur place sur notre route. Il faut savoir comment doser la manière dont nous parlons au nom de notre foi. N’ayons pas peur de parler, mais ayons toujours assez d’humilité pour demander à l’Esprit-Saint de nous inspirer la parole qu’il faut, celle qui rejoindra les coeurs. N’oublions pas non plus de lui demander de préparer le cœur de celles et ceux à qui nous témoignerons de notre foi. Parfois même le silence vaut mieux; les gens nous regardent agir. Notre manière d’être parle aussi, elle est éloquente.
Il faut savoir aussi les secrets d’un bon éclairage. Jésus nous dit : « Vous êtes la lumière du monde ». Après la présentation d’un film, si on allume les lumières à pleine puissance, les gens seront aveuglés. Évitons d’imposer le faisceau de nos projecteurs dans les yeux des gens. Offrons plutôt la lumière du Christ qui est douce. La première lettre de Pierre dit : « Ayez au milieu des païens une conduite excellente; ainsi, alors même qu’ils vous calomnient… ils auront devant les yeux vos actions et ils rendront gloire à Dieu ». Choisissons d’offrir la lumière plutôt que de l’imposer. Pour cela, nous pouvons nous inspirer de ce que le prophète disait dans la première lecture : « Partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtements, ne pas te dérober à ton semblable... Si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi ». Ces paroles nous viennent de loin, mais elles sont toujours actuelles. Que vos paroles et vos actions témoignent sans cesse de votre foi.
Nous sommes donc sel de la terre et lumière du monde parce que celui en qui nous croyons, Jésus-Christ, est la lumière qui s’est levée sur ceux qui habitent le pays de l’ombre et de la mort. Comme lui nous avons à assaisonner le monde en lui donnant la saveur de l’Évangile. Notre mission, comme la sienne, est un chemin difficile mais pas impossible. En étant avertis ce qui se passe dans notre société, nous constatons qu’il y a place pour le témoignage chrétien.
Aussi, si nous regardons attentivement nous allons découvrir que beaucoup de gens remplissent, souvent sans le savoir, cette consigne par leur façon de vivre. Leur bonne humeur donne le goût de vivre, écartent les mauvais présages, donne confiance en l’avenir. Leur foi parle d’elle-même. A l’occasion des Fêtes récentes, on a vu au Québec par exemple, un accroissement significatif de la participation aux messes de Noël. C’est assez généra l selon une enquête récente. Nous pouvons témoigner que des gens ont donné l’exemple. S’il y a un goût pour écouter de nouveau la Parole de Jésus, soyons de ceux et celles qui en favoriseront la possibilité. Profitons de toutes les occasions du quotidien pour témoigner en paroles et en actes de l’espérance qui habite nos cœurs.
Les jours rallongent heureusement. Mercredi fête de la Présentation, l’Église a reconnu en Jésus la lumière du monde et la gloire du peuple de Dieu. Le fait que le Christ éclaire nos vies est déjà une bonne nouvelle. Nous avons reçu sa lumière le jour de notre baptême et nous avançons dans la vie en enfants de lumière. Il faut que nous en soyons conscients. A cette grâce de Dieu est attachée une grande responsabilité, une mission. Pas seulement pour les curés et les gens de la pastorale. Au moment où nous sommes rassemblés autour de Jésus pour écouter sa parole, il nous redit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». Jésus ressuscité compte sur nous pour éclairer la nuit de notre monde . Nous sommes bien conscients de ce que ça veut dire. Disciples du Christ, nous avons la responsabilité de répandre autour de nous le goût de l’Évangile. Quelle confiance le Seigneur nous fait mais aussi quel défi!
Lorsque Jésus emploie les images du sel et de la lumière, il y voit quelque chose de bon. Mais de nos jours, le sel a mauvaise presse. Nous en mangeons trop : attention aux maladies cardiaques. Des firmes se spécialisent dans des produits sans sel. Quant à la lumière, du moins celle du soleil, il faut nous en protéger : attention au cancer de la peau! Cette méfiance moderne s’apparente étrangement à la réaction de bien de nos contemporains par rapport à l’Église et à ses prises de parole. Dans ces conditions, il faut le reconnaître humblement : être le sel de la terre et la lumière du monde n’est pas une mince affaire.
Comment demeurer fidèles à la mission confiée par Jésus à ses disciples? Nous préférerions sans doute rester tranquillement chez nous plutôt que de courir le risque d’éloigner nos proches en prenant la parole ou en agissant au nom de notre foi. Pourtant la mission dont parle Jésus dans l’Évangile n’est pas réservée à ceux et celles qui sont officiellement mandatés par l’Église pour une charge pastorale. Jésus s’adressait à tous ses disciples quand il disait : « Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde ». Tout le peuple de Dieu, celui que nous formons est chargé de transmettre aux autres le goût de l’Évangile et de faire briller la lumière du Christ au milieu des ténèbres de la vie. Et les occasions ne manquent pas, on n’a qu’à feuilleter nos journaux.
Il est normal que l’ampleur de cette mission suscite de l’inquiétude, de l’inconfort. Cela peut nous paralyser, nous empêcher de témoigner de notre foi. C’est bon pour les autres ou comme on dit aujourd’hui : Pas dans ma cour! Il importe alors de nous rappeler que depuis le matin de Pâques, l’annonce de l’Évangile ne va pas sans risque. Paul disait dans la 2e lect. : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse… C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis venu chez vous. Mon langage, ma proclamation de l’évangile n’avaient rien à voir avec le langage d’une sagesse qui veut convaincre ». Si le grand saint Paul a vécu de tels sentiments envers sa mission, n’est-il pas normal que nous soyons aussi craintifs et tout tremblants devant la responsabilité que nous confie le Christ?
Donc, il faut connaître les secrets d’un bon assaisonnement. Prenons au sérieux la manière avec laquelle Jésus décrit la mission qu’il nous confie : « Vous êtes le sel de la terre ». S’il ne faut pas abuser du sel, il ne faut pas s’en abstenir totalement. Apprenons à être de bonnes cuisinières, de bons cuistots. Pas assez d’épices, le plat est fade, sans goût. Trop d’épices et la sauce est gâchée. De même, il faut apprendre à respecter la sensibilité de celles et ceux que le Seigneur place sur notre route. Il faut savoir comment doser la manière dont nous parlons au nom de notre foi. N’ayons pas peur de parler, mais ayons toujours assez d’humilité pour demander à l’Esprit-Saint de nous inspirer la parole qu’il faut, celle qui rejoindra les coeurs. N’oublions pas non plus de lui demander de préparer le cœur de celles et ceux à qui nous témoignerons de notre foi. Parfois même le silence vaut mieux; les gens nous regardent agir. Notre manière d’être parle aussi, elle est éloquente.
Il faut savoir aussi les secrets d’un bon éclairage. Jésus nous dit : « Vous êtes la lumière du monde ». Après la présentation d’un film, si on allume les lumières à pleine puissance, les gens seront aveuglés. Évitons d’imposer le faisceau de nos projecteurs dans les yeux des gens. Offrons plutôt la lumière du Christ qui est douce. La première lettre de Pierre dit : « Ayez au milieu des païens une conduite excellente; ainsi, alors même qu’ils vous calomnient… ils auront devant les yeux vos actions et ils rendront gloire à Dieu ». Choisissons d’offrir la lumière plutôt que de l’imposer. Pour cela, nous pouvons nous inspirer de ce que le prophète disait dans la première lecture : « Partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtements, ne pas te dérober à ton semblable... Si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi ». Ces paroles nous viennent de loin, mais elles sont toujours actuelles. Que vos paroles et vos actions témoignent sans cesse de votre foi.
Nous sommes donc sel de la terre et lumière du monde parce que celui en qui nous croyons, Jésus-Christ, est la lumière qui s’est levée sur ceux qui habitent le pays de l’ombre et de la mort. Comme lui nous avons à assaisonner le monde en lui donnant la saveur de l’Évangile. Notre mission, comme la sienne, est un chemin difficile mais pas impossible. En étant avertis ce qui se passe dans notre société, nous constatons qu’il y a place pour le témoignage chrétien.
Aussi, si nous regardons attentivement nous allons découvrir que beaucoup de gens remplissent, souvent sans le savoir, cette consigne par leur façon de vivre. Leur bonne humeur donne le goût de vivre, écartent les mauvais présages, donne confiance en l’avenir. Leur foi parle d’elle-même. A l’occasion des Fêtes récentes, on a vu au Québec par exemple, un accroissement significatif de la participation aux messes de Noël. C’est assez généra l selon une enquête récente. Nous pouvons témoigner que des gens ont donné l’exemple. S’il y a un goût pour écouter de nouveau la Parole de Jésus, soyons de ceux et celles qui en favoriseront la possibilité. Profitons de toutes les occasions du quotidien pour témoigner en paroles et en actes de l’espérance qui habite nos cœurs.
Libellés :
Homélie 5e Dimanche ordinaire 2011
dimanche 16 janvier 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 16 jan. 2011
“Qui est Jésus pour vous?”
Il en faut du temps pour connaître quelqu’un. Par ex. si je vous demandais aujourd’hui: “Qui est Jésus pour vous?” vous seriez peut-être un peu embarrassé, ben... c’est Dieu! Et pourtant, depuis des années nous accueillons son message à chaque dimanche. Nous nous identifions à lui lorsque nous nous disons chrétiens et chrétiennes. Malgré tout, la personne de Jésus reste un peu voilée, mystérieuse. Certains voient en lui une sorte de prophète, chargé d’annoncer que Dieu aime le monde. D’autres ne verront jamais plus en lui qu’un bel exemple de vie à imiter. D’autres diront que c’est le héros d’une belle histoire. Qui est ce Jésus que Jean-Baptiste voit s’avancer vers lui? Qui est cet homme qui vient vers nous chaque dimanche quand nous partageons sa Parole et son pain de Vie. Pourtant nous ne l’avons jamais vu! Le curé qui vous en parle, le fait peut-être pour passer le temps!
Nous avons célébré sa naissance à Noël, et dimanche dernier, son baptême dans les eaux du Jourdain. Aujourd’hui la Parole nous fait pénétrer encore plus profondément dans le mystère du Christ. Ainsi quand nous lisons l’Évangile tout porte à croire que Jean Baptiste connaissait bien Jésus. Il sait qu’il est le fils de Marie et Joseph, qu’il vient de Nazareth et qu’il est de sa parenté. Pourtant Jean ne le connaît pas parfaitement. Par deux fois il dira: “Je ne le connaissais pas” Pourquoi donc...
Ce dont parle Jean, c’est d’un autre type de connaissance, plus profonde, plus intérieure. Il le connaissait comme homme, mais il n’avait jamais vu en lui autre chose. Il n’était jamais entré dans son mystère. Et voilà ce qui va se faire. Heureusement pour nous, l’autre Jean (celui de l’Évangile) a vu et entendu lui aussi. Il peut donc en témoigner et nous révéler quelque chose dont il a pris conscience avec le temps à propos du Christ. Il commence ainsi son récit: “Comme Jean Baptiste voyait venir Jésus vers lui, il dit: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” Pour les gens qui entendent cette parole il s’agit d’une vraie révélation. Éclairé, le Baptiste ne se contente pas d’annoncer la venue du Messie, il nous le montre en disant, en substance: “Voici: l’homme qui est devant vous n’est pas un homme ordinaire. C’est lui l’élu, le Fils de Dieu, le serviteur qui prend sur lui le péché du monde». Ce dont finalement dont témoigne le Baptiste, ce qu’il a vu, c’est l’Esprit descendre sur Jésus et demeurer sur lui. La venue de l’Esprit accomplissant les Écritures, a été le signe par lequel il a reconnu le Fils de Dieu. Il peut donc attester, appuyé par la voix du Père, qu’il se trouve en présence du Serviteur dont parle la 1ère lecture, extraite du livre d’Isaïe qui annonçait un jour sa venue.
Aujourd’hui, comme dimanche dernier, ce que nous voyons du Fils de Dieu, c’est l’amour du Père au coeur de toute la vie de Jésus. Cet amour, le Christ a pour mission de le manifester au monde. La raison d’être de sa vie est de devenir une offrande, comme celle de l’agneau offert en sacrifice, afin que tous les humains en soient convaincus, soient sauvés du péché et de la mort. Tel est en effet son mystère, particulièrement quand il se donne à nous au moment où nous venons communier, par exemple. D’un côté, il y a le Messie qui se donne, de l’autre, chacun et chacune de nous qui recevons de lui ce que nous sommes incapables de nous donner par nous-mêmes, c’est-à-dire, la vie éternelle. Heureux et heureuses les invités au repas du Seigneur, disons-nous avant de communier. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde... Quand nous communions, ce que nous recevons dépasse de loin ce que nous en comprenons.... Jésus est notre Sauveur!
Un jour nous avons été baptisés/es, nous appartenons au monde nouveau inauguré par le baptême de Jésus. Un monde nouveau où le Christ, notre Sauveur, a déjà tout transformé par sa mort et sa résurrection. Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par Jésus au cours de cette année... A marcher à sa suite, à nous laisser humaniser par lui chaque jour. Comme l’écrit s.Paul dans la seconde lecture, “nous sommes les membres d’un peuple saint...sanctifié par Jésus.”
Nous sommes solidaires de toutes les communautés qui le connaissent et invoquent son nom. Parce que nous bénéficions nous aussi du salut obtenu dans le Christ, nous pouvons à notre tour témoigner que Jésus est le sauveur du monde. Il y a tellement de gens qui ont besoin aujourd’hui de ce renouveau intérieur. Pour cela nous rendons grâce de nouveau.
En somme, en manifestant Jésus de Nazareth comme le Christ, Fils de Dieu, le Baptiste nous a interpellé à faire comme lui une découverte. Il nous interpelle encore en 2011: Que crois-tu? Que peux-tu en dire? Es-tu assez passionné par lui? Si vous cherchez, vous trouverez.... Accueillons ces invitations qui nous sont faites aujourd’hui!.
Il en faut du temps pour connaître quelqu’un. Par ex. si je vous demandais aujourd’hui: “Qui est Jésus pour vous?” vous seriez peut-être un peu embarrassé, ben... c’est Dieu! Et pourtant, depuis des années nous accueillons son message à chaque dimanche. Nous nous identifions à lui lorsque nous nous disons chrétiens et chrétiennes. Malgré tout, la personne de Jésus reste un peu voilée, mystérieuse. Certains voient en lui une sorte de prophète, chargé d’annoncer que Dieu aime le monde. D’autres ne verront jamais plus en lui qu’un bel exemple de vie à imiter. D’autres diront que c’est le héros d’une belle histoire. Qui est ce Jésus que Jean-Baptiste voit s’avancer vers lui? Qui est cet homme qui vient vers nous chaque dimanche quand nous partageons sa Parole et son pain de Vie. Pourtant nous ne l’avons jamais vu! Le curé qui vous en parle, le fait peut-être pour passer le temps!
Nous avons célébré sa naissance à Noël, et dimanche dernier, son baptême dans les eaux du Jourdain. Aujourd’hui la Parole nous fait pénétrer encore plus profondément dans le mystère du Christ. Ainsi quand nous lisons l’Évangile tout porte à croire que Jean Baptiste connaissait bien Jésus. Il sait qu’il est le fils de Marie et Joseph, qu’il vient de Nazareth et qu’il est de sa parenté. Pourtant Jean ne le connaît pas parfaitement. Par deux fois il dira: “Je ne le connaissais pas” Pourquoi donc...
Ce dont parle Jean, c’est d’un autre type de connaissance, plus profonde, plus intérieure. Il le connaissait comme homme, mais il n’avait jamais vu en lui autre chose. Il n’était jamais entré dans son mystère. Et voilà ce qui va se faire. Heureusement pour nous, l’autre Jean (celui de l’Évangile) a vu et entendu lui aussi. Il peut donc en témoigner et nous révéler quelque chose dont il a pris conscience avec le temps à propos du Christ. Il commence ainsi son récit: “Comme Jean Baptiste voyait venir Jésus vers lui, il dit: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” Pour les gens qui entendent cette parole il s’agit d’une vraie révélation. Éclairé, le Baptiste ne se contente pas d’annoncer la venue du Messie, il nous le montre en disant, en substance: “Voici: l’homme qui est devant vous n’est pas un homme ordinaire. C’est lui l’élu, le Fils de Dieu, le serviteur qui prend sur lui le péché du monde». Ce dont finalement dont témoigne le Baptiste, ce qu’il a vu, c’est l’Esprit descendre sur Jésus et demeurer sur lui. La venue de l’Esprit accomplissant les Écritures, a été le signe par lequel il a reconnu le Fils de Dieu. Il peut donc attester, appuyé par la voix du Père, qu’il se trouve en présence du Serviteur dont parle la 1ère lecture, extraite du livre d’Isaïe qui annonçait un jour sa venue.
Aujourd’hui, comme dimanche dernier, ce que nous voyons du Fils de Dieu, c’est l’amour du Père au coeur de toute la vie de Jésus. Cet amour, le Christ a pour mission de le manifester au monde. La raison d’être de sa vie est de devenir une offrande, comme celle de l’agneau offert en sacrifice, afin que tous les humains en soient convaincus, soient sauvés du péché et de la mort. Tel est en effet son mystère, particulièrement quand il se donne à nous au moment où nous venons communier, par exemple. D’un côté, il y a le Messie qui se donne, de l’autre, chacun et chacune de nous qui recevons de lui ce que nous sommes incapables de nous donner par nous-mêmes, c’est-à-dire, la vie éternelle. Heureux et heureuses les invités au repas du Seigneur, disons-nous avant de communier. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde... Quand nous communions, ce que nous recevons dépasse de loin ce que nous en comprenons.... Jésus est notre Sauveur!
Un jour nous avons été baptisés/es, nous appartenons au monde nouveau inauguré par le baptême de Jésus. Un monde nouveau où le Christ, notre Sauveur, a déjà tout transformé par sa mort et sa résurrection. Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par Jésus au cours de cette année... A marcher à sa suite, à nous laisser humaniser par lui chaque jour. Comme l’écrit s.Paul dans la seconde lecture, “nous sommes les membres d’un peuple saint...sanctifié par Jésus.”
Nous sommes solidaires de toutes les communautés qui le connaissent et invoquent son nom. Parce que nous bénéficions nous aussi du salut obtenu dans le Christ, nous pouvons à notre tour témoigner que Jésus est le sauveur du monde. Il y a tellement de gens qui ont besoin aujourd’hui de ce renouveau intérieur. Pour cela nous rendons grâce de nouveau.
En somme, en manifestant Jésus de Nazareth comme le Christ, Fils de Dieu, le Baptiste nous a interpellé à faire comme lui une découverte. Il nous interpelle encore en 2011: Que crois-tu? Que peux-tu en dire? Es-tu assez passionné par lui? Si vous cherchez, vous trouverez.... Accueillons ces invitations qui nous sont faites aujourd’hui!.
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Homélie 2e DIMANCHE DU TEMPS ORD. 2011
lundi 10 janvier 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 09 jan. 2011
BAPTÊME DE JÉSUS 2011
Pourquoi Jésus est-il allé se faire baptiser? Aurait-il besoin de conversion.... On comprend la surprise de Jean qui dit: “C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui vient à moi!” Jean sait que Jésus est le Messie et il est convaincu qu’il est la source d’un baptême plus grand encore. Jésus n’a pas besoin de conversion, mais il justifie sa démarche en disant qu’il doit accomplir ce qui est juste. La démarche du Christ est étonnante, peut-être plus encore que celle de Dieu qui va solennellement proclamer tantôt la divinité de Jésus. Jean-Baptiste a de quoi suffoquer, c’est à ne pas y croire. Aucun humain, quel qu’il soit, ne pouvait imaginer pareille compréhension de qui est Dieu!
La fête du Baptême de Jésus fait partie de celle de l’Épiphanie en ce sens qu’elle est une manifestation de Dieu qui veut bien se faire connaître. Le Baptême du Seigneur ferme donc le temps de Noël. Le nouveau-né de la crèche annoncé aux bergers, l’enfant-roi adoré par les Mages est maintenant un adulte. Il a vécu dans l’ombre pendant près de 30 ans à Nazareth, en Galilée. Voici venu pour lui le temps de se faire découvrir. Jésus paraît sur les bords du Jourdain où son cousin Jean prêche la pénitence et donne le baptême en guise de préparation nécessaire à la venue du Messie que tout Israélite attend fermement. Le pénitent est alors convié à s’immerger dans l’eau pour se faire purifier. Il ressort renouvelé et prêt à mener une vie nouvelle.
Pour notre tradition chrétienne, le fils du charpentier de Nazareth est le serviteur évoqué par le prophète dans la première lecture. Dieu le Père déclare qu’il est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour. Lors de son baptême Jésus est consacré par l’Esprit-Saint. Son père le confirme dans sa mission de libérer l’humanité du mal et de la faire vivre en communion avec lui, Dieu qui est plein de tendresse et d’amour pour elle. Le premier geste du Christ, a seuil de sa mission, en est un de solidarité avec toute cette foule qui est en quête d’espérance et de renouveau. C’est la raison pour que d’emblée il se place au milieu des pécheurs, avec ses frères et ses soeurs venus reconnaître leur besoin de conversion. On remarque que l’envoyé de Dieu ne les écrasera pas. Il ne les jugera pas non plus. D’ailleurs il passera sa vie à leur faire du bien. Il ouvrira leurs yeux, il libérera leurs coeurs captifs. Il contribuera à changer leur misère en espoir et en joie. Solidaire des petits et des pécheurs, Jésus sera pour eux la paix et la lumière, le guérisseur et le sauveur. Il va prendre sur lui les fautes de toute l’humanité et les porter jusqu’à la croix pour les en délivrer. Le Serviteur donnera sa vie pour tous ceux et celles qui se reconnaîtront au nombre des petits et des pécheurs qui ont besoin de salut. En joignant la file des pécheurs pour se faire baptiser, Jésus, pourtant l’élu, l’envoyé du Père, prend déjà sur lui les péchés du monde. Jean-Baptiste doit se faire à l’idée que le Messie ne vient pas avec le faste d’un roi, qu’il n’habite pas un palais, mais qu’il se montre solidaire d’une humanité qui a vraiment besoin d’être sauvée.
Alors le baptême de Jésus nous renvoie à notre propre baptême. Même si la plupart d’entre nous ne se souviennent pas d’avoir été baptisés, ce jour marquait le commencement de notre relation avec Dieu. Nous avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur. Peu de gens qui demandent le baptême pour un petit enfant en son vraiment conscients. Pourtant Dieu le Père reconnaît ces enfants comme ses fils et ses filles, au même titre que son Fils Jésus. De quel cadeau extraordinaire Dieu nous a-t-il comblé en mêlant sa divinité à notre humanité, en nous faisant entrer dans son intimité. Car c’est bien cela qui s’est produit. Ce jour-là le ciel s’est ouvert dans notre coeur et Dieu y a déposé tout son amour. Avons-nous accueilli ce don merveilleux? Il y a là une belle catéchèse à faire ou à refaire!
Sommes-nous conscients qu’être les fils et les filles de Dieu nous engage, comme Jésus l’a fait, à témoigner de notre ferme attachement au Père, à témoigner de son amour pour toute personne et à passer notre vie à faire tout le bien que nous pouvons? Nous pouvons porter dans nos milieu un feu qui apporte la paix et qui repousse le mal toujours présent. Nous portons une lumière pour éclairer les coins d’ombre, les nôtres et ceux des autres. Le baptême fait de nous des serviteurs et des servantes de la miséricorde, de la paix et de la joie. Une belle résolution pour la nouvelle année! Comment allons-nous le montrer, de quelle manière allons-nous manifester que nous sommes des serviteurs et des servantes d’un Père qui nous aime, d’un Fils qui est parmi nous et d’un Esprit qui est à l’oeuvre dans le monde? Que cette Eucharistie nous aide à y répondre.
Dans le même temps où nous contemplons cette scène évangélique, puissions-nous entendre la parole de Jésus: “Laisse-moi faire”. C’est le plus important: Laissons-le faire, mais tâchons de lui aider par notre collaboration au cours de la nouvelle année....
Pourquoi Jésus est-il allé se faire baptiser? Aurait-il besoin de conversion.... On comprend la surprise de Jean qui dit: “C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui vient à moi!” Jean sait que Jésus est le Messie et il est convaincu qu’il est la source d’un baptême plus grand encore. Jésus n’a pas besoin de conversion, mais il justifie sa démarche en disant qu’il doit accomplir ce qui est juste. La démarche du Christ est étonnante, peut-être plus encore que celle de Dieu qui va solennellement proclamer tantôt la divinité de Jésus. Jean-Baptiste a de quoi suffoquer, c’est à ne pas y croire. Aucun humain, quel qu’il soit, ne pouvait imaginer pareille compréhension de qui est Dieu!
La fête du Baptême de Jésus fait partie de celle de l’Épiphanie en ce sens qu’elle est une manifestation de Dieu qui veut bien se faire connaître. Le Baptême du Seigneur ferme donc le temps de Noël. Le nouveau-né de la crèche annoncé aux bergers, l’enfant-roi adoré par les Mages est maintenant un adulte. Il a vécu dans l’ombre pendant près de 30 ans à Nazareth, en Galilée. Voici venu pour lui le temps de se faire découvrir. Jésus paraît sur les bords du Jourdain où son cousin Jean prêche la pénitence et donne le baptême en guise de préparation nécessaire à la venue du Messie que tout Israélite attend fermement. Le pénitent est alors convié à s’immerger dans l’eau pour se faire purifier. Il ressort renouvelé et prêt à mener une vie nouvelle.
Pour notre tradition chrétienne, le fils du charpentier de Nazareth est le serviteur évoqué par le prophète dans la première lecture. Dieu le Père déclare qu’il est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour. Lors de son baptême Jésus est consacré par l’Esprit-Saint. Son père le confirme dans sa mission de libérer l’humanité du mal et de la faire vivre en communion avec lui, Dieu qui est plein de tendresse et d’amour pour elle. Le premier geste du Christ, a seuil de sa mission, en est un de solidarité avec toute cette foule qui est en quête d’espérance et de renouveau. C’est la raison pour que d’emblée il se place au milieu des pécheurs, avec ses frères et ses soeurs venus reconnaître leur besoin de conversion. On remarque que l’envoyé de Dieu ne les écrasera pas. Il ne les jugera pas non plus. D’ailleurs il passera sa vie à leur faire du bien. Il ouvrira leurs yeux, il libérera leurs coeurs captifs. Il contribuera à changer leur misère en espoir et en joie. Solidaire des petits et des pécheurs, Jésus sera pour eux la paix et la lumière, le guérisseur et le sauveur. Il va prendre sur lui les fautes de toute l’humanité et les porter jusqu’à la croix pour les en délivrer. Le Serviteur donnera sa vie pour tous ceux et celles qui se reconnaîtront au nombre des petits et des pécheurs qui ont besoin de salut. En joignant la file des pécheurs pour se faire baptiser, Jésus, pourtant l’élu, l’envoyé du Père, prend déjà sur lui les péchés du monde. Jean-Baptiste doit se faire à l’idée que le Messie ne vient pas avec le faste d’un roi, qu’il n’habite pas un palais, mais qu’il se montre solidaire d’une humanité qui a vraiment besoin d’être sauvée.
Alors le baptême de Jésus nous renvoie à notre propre baptême. Même si la plupart d’entre nous ne se souviennent pas d’avoir été baptisés, ce jour marquait le commencement de notre relation avec Dieu. Nous avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur. Peu de gens qui demandent le baptême pour un petit enfant en son vraiment conscients. Pourtant Dieu le Père reconnaît ces enfants comme ses fils et ses filles, au même titre que son Fils Jésus. De quel cadeau extraordinaire Dieu nous a-t-il comblé en mêlant sa divinité à notre humanité, en nous faisant entrer dans son intimité. Car c’est bien cela qui s’est produit. Ce jour-là le ciel s’est ouvert dans notre coeur et Dieu y a déposé tout son amour. Avons-nous accueilli ce don merveilleux? Il y a là une belle catéchèse à faire ou à refaire!
Sommes-nous conscients qu’être les fils et les filles de Dieu nous engage, comme Jésus l’a fait, à témoigner de notre ferme attachement au Père, à témoigner de son amour pour toute personne et à passer notre vie à faire tout le bien que nous pouvons? Nous pouvons porter dans nos milieu un feu qui apporte la paix et qui repousse le mal toujours présent. Nous portons une lumière pour éclairer les coins d’ombre, les nôtres et ceux des autres. Le baptême fait de nous des serviteurs et des servantes de la miséricorde, de la paix et de la joie. Une belle résolution pour la nouvelle année! Comment allons-nous le montrer, de quelle manière allons-nous manifester que nous sommes des serviteurs et des servantes d’un Père qui nous aime, d’un Fils qui est parmi nous et d’un Esprit qui est à l’oeuvre dans le monde? Que cette Eucharistie nous aide à y répondre.
Dans le même temps où nous contemplons cette scène évangélique, puissions-nous entendre la parole de Jésus: “Laisse-moi faire”. C’est le plus important: Laissons-le faire, mais tâchons de lui aider par notre collaboration au cours de la nouvelle année....
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Homelie publier le 10 jan.2011
jeudi 23 décembre 2010
HOMÉLIE DE NOEL 2010
Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur
Au cours de notre vie nous avons connu toutes sortes de Noëls: de très heureux quand nous étions jeunes, plus tard des moins heureux...
Certains auront été l’occasion d’une grande tristesse. Il n’est pas rare d’entendre des gens affirmer qu’ils sont hâte que Noël soit passé, car il est pour eux un jour de grande solitude, marqué surtout par un manque d’amour. Noël est pourtant une fête porteuse de joie. Elle annonce et veut apporter la paix du coeur non seulement aux gens qui sont heureux mais aussi -et surtout-à ceux qui ne le sont pas.
Nous venons d’entendre saint Luc raconter comment Jésus est né à Bethléem, et dans quelles circonstances, il y a plus de 2000 ans. L’évangéliste nous parle de Marie, de Joseph, de Jésus. Il nous parle aussi des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. Très pauvres, les bergers n’allaient jamais au Temple. Ils étaient tenus à l’écart et souvent méprisés. Personne ne se vantait de les fréquenter. Le Seigneur les choisit pourtant et les enveloppe de la lumière de sa gloire. C’est à eux que l’Ange leur annonce cet extraordinaire message qu retentit encore aujourd’hui partout dans le monde: “Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur”. Les bergers vont se rendre à Bethléem où ils découvriront l’enfant et Marie, un moment de très grande joie pour eux. Ils savent maintenant qu’ils ne sont pas n’importe qui. Ils sont sûrs maintenant d’être aimés de Dieu. Ils s’émerveillent en réalisant que cet enfant vient de naître précisément pour les rendre heureux.
Pour bien célébrer Noël et le vivre comme un temps de joie et de bonheur, ne devrions-nous pas imiter les bergers dans leur simplicité? Ne devrions-nous pas approcher de la crèche avec un coeur d’enfants et accueillir le message de l’Ange?
Quand nous approchons, que voyons-nous? Souvent les enfants sont attirés par la présence de l’âne et du boeuf. Ces deux animaux ne sont certes pas les personnages les plus importants de la crèche: ils n’apparaissent même pas dans le récit évangélique... Mais ils donnent à penser que c’est pour tout l’univers créé et tout être vivant que Jésus est né. Pour être à la page il faudrait ajouter aujourd’hui une carte de l’univers avec toutes ces galaxies dont certaines portent peut-être des êtres capables de penser...
Dans la crèche il y a surtout Marie et Joseph. La jeune femme qui a cru aux paroles de l’ange Gabriel. Elle a laissé l’Esprit-Saint habiter en elle et a donné naissance au Fils de Dieu. Il y a aussi cet homme à qui Dieu a parlé dans son sommeil. Ces grands croyants sont pour nous des modèles. Devant la crèche remercions-les de s’être rendus pleinement disponibles aux désirs de Dieu, sans trop savoir où cela les conduirait. Demandons-nous ce que le Père attend maintenant de nous, pour que le mystère de la naissance de son Fils soit annoncé au monde qui, autant qu’autrefois, est pour nous en quête de joie, de bonheur, d’amour, d’espérance et de salut.
Le personnage le plus important de la crèche est évidemment le petit enfant de Marie. Contemplons-le longuement, réalisons qui il est, même si ça ne va pas de soi, dans un premier temps. Avant d’être fils de Marie, il est Fils de Dieu. Un enfant tout fragile, mais remarquez les lectures qui lui donnent aujourd’hui des titres étonnants: Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix, le Messie, le Seigneur.... Tout le sens de notre libération est là...
Les bergers trouveront Jésus emmailloté et couché dans une mangeoire. Elle est importante cette mangeoire, elle a valeur de signe. Elle nous dit que le Fils de Dieu est venu sur terre en se dépouillant et en se mettant d’abord au service des pauvres, des petits, des plus malheureux. La joie de Noël est assurément offerte à tout le monde, mais d’abord à tous les démunis que Jésus a rencontrés et de qui il s’est approché durant sa vie. Ne sommes-nous pas des pauvres à certains égards.... pensons aussi à nos frères et soeur d’Haïti.
Après avoir contemplé le Jésus de la crèche, prions-le. Pour que son désir de vivre en nous se réalise. Un poète allemand a écrit une phrase merveilleuse au sujet de Noël: “Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né”. Prions donc pour le Christ naisse en nous. Prions aussi pour les personnes avec lesquelles nous vivons et pour celles que nous rencontrons le plus souvent, ou celles pour qui Noël ne veut rien dire. Pensons à ce que ces personnes sont pour nous, à ce que nous sommes pour elles. Nommons ceux et celles que nous voulons confier au Fils de Dieu, ceux et celles qui vivent actuellement des jours difficiles.
Élargissons ensuite notre prière. Présentons au Christ tous les gens de notre quartier, de notre village, de notre ville, de notre province, de notre pays, du monde entier et plus loin encore peut-être! Prions pour qu’arrive enfin ce que le pape Jean-Paul II avait appelé “la civilisation de l’amour....”
N’oublions pas de prier pour notre Église. Elle vit des temps difficiles. Demandons au fils de Marie de nous aider à réaliser que, chacun et chacune pour notre part, nous sommes responsables de la vitalité de cette Église. En reprenant les mots de s. Paul, demandons-lui de nous purifier et de faire de nous “son peuple, un peuple ardent à faire le bien”. Heureux Noël à chacune et chacun d’entre vous!
Au cours de notre vie nous avons connu toutes sortes de Noëls: de très heureux quand nous étions jeunes, plus tard des moins heureux...
Certains auront été l’occasion d’une grande tristesse. Il n’est pas rare d’entendre des gens affirmer qu’ils sont hâte que Noël soit passé, car il est pour eux un jour de grande solitude, marqué surtout par un manque d’amour. Noël est pourtant une fête porteuse de joie. Elle annonce et veut apporter la paix du coeur non seulement aux gens qui sont heureux mais aussi -et surtout-à ceux qui ne le sont pas.
Nous venons d’entendre saint Luc raconter comment Jésus est né à Bethléem, et dans quelles circonstances, il y a plus de 2000 ans. L’évangéliste nous parle de Marie, de Joseph, de Jésus. Il nous parle aussi des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. Très pauvres, les bergers n’allaient jamais au Temple. Ils étaient tenus à l’écart et souvent méprisés. Personne ne se vantait de les fréquenter. Le Seigneur les choisit pourtant et les enveloppe de la lumière de sa gloire. C’est à eux que l’Ange leur annonce cet extraordinaire message qu retentit encore aujourd’hui partout dans le monde: “Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur”. Les bergers vont se rendre à Bethléem où ils découvriront l’enfant et Marie, un moment de très grande joie pour eux. Ils savent maintenant qu’ils ne sont pas n’importe qui. Ils sont sûrs maintenant d’être aimés de Dieu. Ils s’émerveillent en réalisant que cet enfant vient de naître précisément pour les rendre heureux.
Pour bien célébrer Noël et le vivre comme un temps de joie et de bonheur, ne devrions-nous pas imiter les bergers dans leur simplicité? Ne devrions-nous pas approcher de la crèche avec un coeur d’enfants et accueillir le message de l’Ange?
Quand nous approchons, que voyons-nous? Souvent les enfants sont attirés par la présence de l’âne et du boeuf. Ces deux animaux ne sont certes pas les personnages les plus importants de la crèche: ils n’apparaissent même pas dans le récit évangélique... Mais ils donnent à penser que c’est pour tout l’univers créé et tout être vivant que Jésus est né. Pour être à la page il faudrait ajouter aujourd’hui une carte de l’univers avec toutes ces galaxies dont certaines portent peut-être des êtres capables de penser...
Dans la crèche il y a surtout Marie et Joseph. La jeune femme qui a cru aux paroles de l’ange Gabriel. Elle a laissé l’Esprit-Saint habiter en elle et a donné naissance au Fils de Dieu. Il y a aussi cet homme à qui Dieu a parlé dans son sommeil. Ces grands croyants sont pour nous des modèles. Devant la crèche remercions-les de s’être rendus pleinement disponibles aux désirs de Dieu, sans trop savoir où cela les conduirait. Demandons-nous ce que le Père attend maintenant de nous, pour que le mystère de la naissance de son Fils soit annoncé au monde qui, autant qu’autrefois, est pour nous en quête de joie, de bonheur, d’amour, d’espérance et de salut.
Le personnage le plus important de la crèche est évidemment le petit enfant de Marie. Contemplons-le longuement, réalisons qui il est, même si ça ne va pas de soi, dans un premier temps. Avant d’être fils de Marie, il est Fils de Dieu. Un enfant tout fragile, mais remarquez les lectures qui lui donnent aujourd’hui des titres étonnants: Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix, le Messie, le Seigneur.... Tout le sens de notre libération est là...
Les bergers trouveront Jésus emmailloté et couché dans une mangeoire. Elle est importante cette mangeoire, elle a valeur de signe. Elle nous dit que le Fils de Dieu est venu sur terre en se dépouillant et en se mettant d’abord au service des pauvres, des petits, des plus malheureux. La joie de Noël est assurément offerte à tout le monde, mais d’abord à tous les démunis que Jésus a rencontrés et de qui il s’est approché durant sa vie. Ne sommes-nous pas des pauvres à certains égards.... pensons aussi à nos frères et soeur d’Haïti.
Après avoir contemplé le Jésus de la crèche, prions-le. Pour que son désir de vivre en nous se réalise. Un poète allemand a écrit une phrase merveilleuse au sujet de Noël: “Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né”. Prions donc pour le Christ naisse en nous. Prions aussi pour les personnes avec lesquelles nous vivons et pour celles que nous rencontrons le plus souvent, ou celles pour qui Noël ne veut rien dire. Pensons à ce que ces personnes sont pour nous, à ce que nous sommes pour elles. Nommons ceux et celles que nous voulons confier au Fils de Dieu, ceux et celles qui vivent actuellement des jours difficiles.
Élargissons ensuite notre prière. Présentons au Christ tous les gens de notre quartier, de notre village, de notre ville, de notre province, de notre pays, du monde entier et plus loin encore peut-être! Prions pour qu’arrive enfin ce que le pape Jean-Paul II avait appelé “la civilisation de l’amour....”
N’oublions pas de prier pour notre Église. Elle vit des temps difficiles. Demandons au fils de Marie de nous aider à réaliser que, chacun et chacune pour notre part, nous sommes responsables de la vitalité de cette Église. En reprenant les mots de s. Paul, demandons-lui de nous purifier et de faire de nous “son peuple, un peuple ardent à faire le bien”. Heureux Noël à chacune et chacun d’entre vous!
vendredi 10 décembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 12 dec. 2010
Les signes de Jésus
“Es-tu celui qui doit venir?” Jean-Baptiste et ses disciples se questionnent au sujet de l’identité et de la mission de Jésus. Leur question est en rapport avec l’attente d’un Messie en Israël, dans le fil de la tradition biblique. Mais, à nos oreilles d’aujourd’hui, comment peut résonner cette question? Nous vivons dans un monde bien différent. Après 2000 ans de christianisme, combien de peuple, combien de personnes ne partagent pas notre regard sur Jésus de Nazareth en qui nous, nous reconnaissons le Christ vivant. Globalement les medias le considèrent comme un maître spirituel du passé, un rabbi du premier siècle, un sage, un philosophe ou un personnage mythique inventé de toutes pièces. Même des chrétiens voient Jésus comme un grand personnage, mais dont l’influence est limitée Un point c’est tout!
Certes, notre foi se fonde sur le témoignage des premiers disciples, mais reconnaissons-nous en Jésus celui qui doit venir pour l’humanité de notre 21e siècle. A quels signes voyons-nous que sa vie, sa mort et sa résurrection continuent d’ouvrir pour nous un avenir différent?
Plus encore, en ce temps de l’Avent (3e semaine), chacun et chacune de nous est invité à se demander: le Christ est-il venu réellement dans ma vie? A quels signes puis-je reconnaître qu’il apporte aujourd’hui le salut en moi et autour de moi? A la question de Jean, Jésus ne répond pas par une grande déclaration à son propre sujet. Il les invite plutôt à écouter et à regarder les fruits de son action. Il reprend le même genre d’énumération que nous avons entendu dans la 1ère lect. ou dans le psaume. Ce sont les signes de l’avènement du Royaume déjà en marche. “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent”... La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... Mais que signifient ces signes pour nous concrètement aujourd’hui? Faut-il les comprendre au sens littéral et se mettre en quête de guérisons miraculeuses dans notre communauté. Oui, mais à notre époque ce sont des signes plus larges...
Notons bien que les signes du Royaume concernent aussi des corps fatigués, des perceptions faussées, des élans diminués, des relations coupées. Toutes les dimensions de la personne sont concernées. Par exemple: la personne qu’on dit aveugle se sent vulnérable quand elle sort de ses habitudes (par exemple dans telle fonction publique, tel travail de bureau). Elle est incapable de voir l’expression de la personne qui lui parle d’autres choses. Il y a des terrains sur lesquels elle ne s’avance pas. La noirceur ne vient-elle pas du manque d’attention ou de lucidité, du mensonge, du manque d’intérêt aux autres? Cette sorte d’aveuglement a des répercussions importantes sur la capacité de vivre en vérité avec soi, avec les autres et avec Dieu. L’aveuglement physique moins fréquent nous renvoie à une autre dimension de l’expérience humaine, encore plus fondamentale... La difficulté de s’ouvrir à d’autres dimensions.
Les signes de Jésus ne se limitent pas à la réparation des nerfs, des os, des muscles. Dans son regard compatissant s’exprime l’accueil doux et bienveillant que réserve Dieu à toutes nos infirmités, même les plus intimes. Il perçoit aussi les désirs de vie en plénitude qui se trouvent blessés, contrariés, même éteints chez les personnes. Par l’action de son Esprit au coeur de ce qui nous fait le plus souffrir, il nous guérit encore aujourd’hui, nous redresse, nous libère, nous remet en marche. La vie nouvelle qu’il nous communique vient transfigurer la mort qui nous menace de l’intérieur. C’est tout le mystère pascal qui est à l’oeuvre en ce temps de Noël.
Plongés dans la mort et la résurrection du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à le laisser venir en nous afin qu’il change progressivement nos coeurs et influence nos actions. Habités par l’Esprit qui nous apprend à aimer les autres comme Dieu nous aime, nous laissons progressivement nos attitudes et nos dispositions se transformer. Il s’agit de nous mettre à la suite du Christ: combattre le mal par notre générosité, libérer la parole, lutté pour la justice. En dépit de nos limites, de nos blessures, de nos fermetures, le Christ fait venir le Royaume dans nos relations et nos actions. Nous n’arrivons pas à faire tout le bien qu’on souhaiterait, nous commettons même le mal que nous promettions d’éviter. Mais Jésus nous accueille avec notre misère et nos aspirations contrariées. Il nous guérit de l’intérieur pour que nous laissions un peu plus transparaître son amour. A même nos blessures, il crée en nous plus d’ouvertures aux autres, un don de soi plus spontanée, plus libre, plus gratuit. La venue du Seigneur se poursuit ainsi et nous pouvons discerner plus clairement autour de nous les signes de son Royaume.
Traditionnellement on associe le 3e dimanche de l’Avent à la joie. Notre attente est pleine d’espérance. Le Seigneur est déjà à l’oeuvre parmi nous. Aujourd’hui encore, il accomplit des signes de vie nouvelle. Le coeur est à la louange, continuons la célébration de l’Eucharistie.
Un mot en terminant: cet après midi à 14h00 (12/12/10), célébration du pardon à l’église Ste-Praxède. Quatre prêtres seront à votre disposition pour invoquer la réconciliation dont nous avons besoin et accueillir le pardon de Dieu requis pour bien vivre Noël. A 16h30 des jeunes du Cegep donneront un concert dont les profits iront à nos frères et soeurs d’Haïti. Ce sera la clôture de notre projet pour cette année. Notre contribution à l’amélioration de la vie de nos frères et soeurs d’Haïti, aussi modeste soit-elle, est un signe de l’arrivée du Royaume parmi nous. Amen!
“Es-tu celui qui doit venir?” Jean-Baptiste et ses disciples se questionnent au sujet de l’identité et de la mission de Jésus. Leur question est en rapport avec l’attente d’un Messie en Israël, dans le fil de la tradition biblique. Mais, à nos oreilles d’aujourd’hui, comment peut résonner cette question? Nous vivons dans un monde bien différent. Après 2000 ans de christianisme, combien de peuple, combien de personnes ne partagent pas notre regard sur Jésus de Nazareth en qui nous, nous reconnaissons le Christ vivant. Globalement les medias le considèrent comme un maître spirituel du passé, un rabbi du premier siècle, un sage, un philosophe ou un personnage mythique inventé de toutes pièces. Même des chrétiens voient Jésus comme un grand personnage, mais dont l’influence est limitée Un point c’est tout!
Certes, notre foi se fonde sur le témoignage des premiers disciples, mais reconnaissons-nous en Jésus celui qui doit venir pour l’humanité de notre 21e siècle. A quels signes voyons-nous que sa vie, sa mort et sa résurrection continuent d’ouvrir pour nous un avenir différent?
Plus encore, en ce temps de l’Avent (3e semaine), chacun et chacune de nous est invité à se demander: le Christ est-il venu réellement dans ma vie? A quels signes puis-je reconnaître qu’il apporte aujourd’hui le salut en moi et autour de moi? A la question de Jean, Jésus ne répond pas par une grande déclaration à son propre sujet. Il les invite plutôt à écouter et à regarder les fruits de son action. Il reprend le même genre d’énumération que nous avons entendu dans la 1ère lect. ou dans le psaume. Ce sont les signes de l’avènement du Royaume déjà en marche. “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent”... La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... Mais que signifient ces signes pour nous concrètement aujourd’hui? Faut-il les comprendre au sens littéral et se mettre en quête de guérisons miraculeuses dans notre communauté. Oui, mais à notre époque ce sont des signes plus larges...
Notons bien que les signes du Royaume concernent aussi des corps fatigués, des perceptions faussées, des élans diminués, des relations coupées. Toutes les dimensions de la personne sont concernées. Par exemple: la personne qu’on dit aveugle se sent vulnérable quand elle sort de ses habitudes (par exemple dans telle fonction publique, tel travail de bureau). Elle est incapable de voir l’expression de la personne qui lui parle d’autres choses. Il y a des terrains sur lesquels elle ne s’avance pas. La noirceur ne vient-elle pas du manque d’attention ou de lucidité, du mensonge, du manque d’intérêt aux autres? Cette sorte d’aveuglement a des répercussions importantes sur la capacité de vivre en vérité avec soi, avec les autres et avec Dieu. L’aveuglement physique moins fréquent nous renvoie à une autre dimension de l’expérience humaine, encore plus fondamentale... La difficulté de s’ouvrir à d’autres dimensions.
Les signes de Jésus ne se limitent pas à la réparation des nerfs, des os, des muscles. Dans son regard compatissant s’exprime l’accueil doux et bienveillant que réserve Dieu à toutes nos infirmités, même les plus intimes. Il perçoit aussi les désirs de vie en plénitude qui se trouvent blessés, contrariés, même éteints chez les personnes. Par l’action de son Esprit au coeur de ce qui nous fait le plus souffrir, il nous guérit encore aujourd’hui, nous redresse, nous libère, nous remet en marche. La vie nouvelle qu’il nous communique vient transfigurer la mort qui nous menace de l’intérieur. C’est tout le mystère pascal qui est à l’oeuvre en ce temps de Noël.
Plongés dans la mort et la résurrection du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à le laisser venir en nous afin qu’il change progressivement nos coeurs et influence nos actions. Habités par l’Esprit qui nous apprend à aimer les autres comme Dieu nous aime, nous laissons progressivement nos attitudes et nos dispositions se transformer. Il s’agit de nous mettre à la suite du Christ: combattre le mal par notre générosité, libérer la parole, lutté pour la justice. En dépit de nos limites, de nos blessures, de nos fermetures, le Christ fait venir le Royaume dans nos relations et nos actions. Nous n’arrivons pas à faire tout le bien qu’on souhaiterait, nous commettons même le mal que nous promettions d’éviter. Mais Jésus nous accueille avec notre misère et nos aspirations contrariées. Il nous guérit de l’intérieur pour que nous laissions un peu plus transparaître son amour. A même nos blessures, il crée en nous plus d’ouvertures aux autres, un don de soi plus spontanée, plus libre, plus gratuit. La venue du Seigneur se poursuit ainsi et nous pouvons discerner plus clairement autour de nous les signes de son Royaume.
Traditionnellement on associe le 3e dimanche de l’Avent à la joie. Notre attente est pleine d’espérance. Le Seigneur est déjà à l’oeuvre parmi nous. Aujourd’hui encore, il accomplit des signes de vie nouvelle. Le coeur est à la louange, continuons la célébration de l’Eucharistie.
Un mot en terminant: cet après midi à 14h00 (12/12/10), célébration du pardon à l’église Ste-Praxède. Quatre prêtres seront à votre disposition pour invoquer la réconciliation dont nous avons besoin et accueillir le pardon de Dieu requis pour bien vivre Noël. A 16h30 des jeunes du Cegep donneront un concert dont les profits iront à nos frères et soeurs d’Haïti. Ce sera la clôture de notre projet pour cette année. Notre contribution à l’amélioration de la vie de nos frères et soeurs d’Haïti, aussi modeste soit-elle, est un signe de l’arrivée du Royaume parmi nous. Amen!
samedi 4 décembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 05 dec. 2010
Dieu et notre Seigneur Jésus
Des gens qui sont des spécialistes de l’Écriture ont eu la tentation d’opposer la rigueur et la sévérité de l’Ancien T. à la miséricorde et à la douceur dans le Nouveau T. Ils ont mis en opposition le Dieu du ciel, lointain mystérieux, et Jésus, plus proche de nous. Ce passage de l’Evangile, comme d’ailleurs certaines paroles assez fortes de Jésus, met en défaut cette lecture un peu simpliste. Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, nous trouvons la force et la bonté, la rigueur et la patience, la sévérité et la miséricorde de Dieu. L’Écriture, l’Ancien et le Nouveau T. forme un tout; elle est une, car c’est le même Dieu qui s’y révèle, qui nous aime et qui veut nous sauver. C’est vrai encore aujourd’hui.
Comme le dit s. Paul dans la lettre aux Romains: “Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire”. Mais alors, comment concilier, comment réconcilier cette image d’un Dieu sévère et exigeant, tel que nous le présente aujourd’hui Jean-Baptiste, avec le Dieu de tendresse et de bonté, le Prince de la Paix, la douce Lumière que nous annonce le temps de l’Avent? Dieu aurait-il deux visages, serait-il un Dieu imprévisible et changeant? Certainement pas. Si quelqu’un est bien fidèle et plein d’amour, c’est bien notre Dieu et notre Seigneur Jésus. L’Écriture ne nous révèle pas un Dieu ayant un double visage. Mais elle nous montre les diverses facettes d’un même amour qui se dévoile dans l’infinie diversité de nos existences humaines.
Vous le savez, vous les parents, peut-être les mères en particulier. Si vous avez de temps en temps, quelque parole un peu forte, si vous corrigez parfois avec un peu de rigueur vos enfants, ce n’est pas par manque d’amour, mais c’est parce que votre amour est plus grand que votre besoin d’être aimés. Vous savez que l’amour veut d’abord le bien de l’autre, avant de rechercher sont propre avantage. Certains événements de la vie, les passages difficiles, les épreuves nous font souffrir, c’est vrai. Nous pouvons en ressentir des malaises, même des ressentiments à l’égard de Dieu... Nous aurait-il abandonné? Aurait-il fermé ses entrailles de miséricorde? Certainement pas. Mais comme le dit le psaume, il nous est bon parfois d’être un peu secoués, pour découvrir que nous faisons fausse route, que nous risquions même de nous perdre. Dans sa tendresse, Dieu ne nous abandonne pas à nos caprices, à nos paresses. Il nous reprend, nous corrige, nous bouscule même, parce qu’il nous aime. Nous avons sans doute fait l’expérience de ces amours pleins de force et d’exigence, de bonté et de miséricorde, qui ne sont jamais fatigués de nous relever, de nous consoler quand nous étions dans la peine, de nous secouer quand nous risquions de sombrer dans le sommeil ou même dans l’oubli.
Jean-Baptiste, comme tous les prophètes de l’A.T., est le signe de cet amour infatigable de Dieu pour chacun de nous. Notre monde n’a-t-il pas besoin d’être aussi réveillé, secoué, lui qui glisse si facilement dans le matérialisme et l’indifférence. En nous rappelant, avec insistance, que Dieu nous aime de cet amour fort et bienveillant, l’Église nous redit à quel point nous sommes importants pour Lui, quelle valeur infinie nous avons à ses yeux. Il ne veut surtout pas nous perdre, perdre un seul de ces petits. Car il a donné sa vie pour nous. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Alors, même conscient de cela, ce n’est pas demain la veille “qu’il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu” dans nos sociétés. Nous ne pouvons ignorer la multiplicité, la diversité et la complexité des personnes et des situations actuelles. L’arrivé de la justice et de la paix entre tous les humains ne va pas de soi. Mais si, personnellement, nous acceptons de nous laisser changer, transformer, le monde peu à peu changera. L’Avent est un temps d’arrêt dans le bruit de notre vie pour nous permettre de prendre conscience du nécessaire changement de notre coeur. Personne ne peut le faire à notre place.
Bien sûr, la conversion n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Nous pouvons manquer de confiance et nous décourager. Nous sommes des êtres fragiles, désireux de nous mettre en valeur ou de faire comme les autres pour ne pas nous attirer de critique. Mais il nous faut tenir bon “grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture” comme dit s. Paul. Et la Parole nous affirme que Dieu garantit ses promesses. Reconnaissons que nous avons besoin de la grâce de celui qui vient vers nous. C’est elle qui nous incite, dès maintenant, à puiser dans les forces qui nous habitent et à ouvrir la route à celui qui vient. Ainsi, nous serons en mesure d’accueillir et de vivre pleinement la joie de Noël.
Donc, souvenons-nous que nous sommes en Avent. Ce temps nous renvoie aussi à l’avènement final du Christ. Y a-t-il un espace dans ma vie qui est ouvert à la venue du Christ ressuscité, terme l’histoire humaine et de la mienne. Est-ce que j’y pense de temps en temps? Sur les jeunes, et même sur les vieilles souches, peut surgir un rejeton plein de vie. Quel secteur de ma vie a grand besoin d’être régénéré? Dimanche prochain nous vivrons un temps de pardon et de réconciliation.
Des gens qui sont des spécialistes de l’Écriture ont eu la tentation d’opposer la rigueur et la sévérité de l’Ancien T. à la miséricorde et à la douceur dans le Nouveau T. Ils ont mis en opposition le Dieu du ciel, lointain mystérieux, et Jésus, plus proche de nous. Ce passage de l’Evangile, comme d’ailleurs certaines paroles assez fortes de Jésus, met en défaut cette lecture un peu simpliste. Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, nous trouvons la force et la bonté, la rigueur et la patience, la sévérité et la miséricorde de Dieu. L’Écriture, l’Ancien et le Nouveau T. forme un tout; elle est une, car c’est le même Dieu qui s’y révèle, qui nous aime et qui veut nous sauver. C’est vrai encore aujourd’hui.
Comme le dit s. Paul dans la lettre aux Romains: “Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire”. Mais alors, comment concilier, comment réconcilier cette image d’un Dieu sévère et exigeant, tel que nous le présente aujourd’hui Jean-Baptiste, avec le Dieu de tendresse et de bonté, le Prince de la Paix, la douce Lumière que nous annonce le temps de l’Avent? Dieu aurait-il deux visages, serait-il un Dieu imprévisible et changeant? Certainement pas. Si quelqu’un est bien fidèle et plein d’amour, c’est bien notre Dieu et notre Seigneur Jésus. L’Écriture ne nous révèle pas un Dieu ayant un double visage. Mais elle nous montre les diverses facettes d’un même amour qui se dévoile dans l’infinie diversité de nos existences humaines.
Vous le savez, vous les parents, peut-être les mères en particulier. Si vous avez de temps en temps, quelque parole un peu forte, si vous corrigez parfois avec un peu de rigueur vos enfants, ce n’est pas par manque d’amour, mais c’est parce que votre amour est plus grand que votre besoin d’être aimés. Vous savez que l’amour veut d’abord le bien de l’autre, avant de rechercher sont propre avantage. Certains événements de la vie, les passages difficiles, les épreuves nous font souffrir, c’est vrai. Nous pouvons en ressentir des malaises, même des ressentiments à l’égard de Dieu... Nous aurait-il abandonné? Aurait-il fermé ses entrailles de miséricorde? Certainement pas. Mais comme le dit le psaume, il nous est bon parfois d’être un peu secoués, pour découvrir que nous faisons fausse route, que nous risquions même de nous perdre. Dans sa tendresse, Dieu ne nous abandonne pas à nos caprices, à nos paresses. Il nous reprend, nous corrige, nous bouscule même, parce qu’il nous aime. Nous avons sans doute fait l’expérience de ces amours pleins de force et d’exigence, de bonté et de miséricorde, qui ne sont jamais fatigués de nous relever, de nous consoler quand nous étions dans la peine, de nous secouer quand nous risquions de sombrer dans le sommeil ou même dans l’oubli.
Jean-Baptiste, comme tous les prophètes de l’A.T., est le signe de cet amour infatigable de Dieu pour chacun de nous. Notre monde n’a-t-il pas besoin d’être aussi réveillé, secoué, lui qui glisse si facilement dans le matérialisme et l’indifférence. En nous rappelant, avec insistance, que Dieu nous aime de cet amour fort et bienveillant, l’Église nous redit à quel point nous sommes importants pour Lui, quelle valeur infinie nous avons à ses yeux. Il ne veut surtout pas nous perdre, perdre un seul de ces petits. Car il a donné sa vie pour nous. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Alors, même conscient de cela, ce n’est pas demain la veille “qu’il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu” dans nos sociétés. Nous ne pouvons ignorer la multiplicité, la diversité et la complexité des personnes et des situations actuelles. L’arrivé de la justice et de la paix entre tous les humains ne va pas de soi. Mais si, personnellement, nous acceptons de nous laisser changer, transformer, le monde peu à peu changera. L’Avent est un temps d’arrêt dans le bruit de notre vie pour nous permettre de prendre conscience du nécessaire changement de notre coeur. Personne ne peut le faire à notre place.
Bien sûr, la conversion n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Nous pouvons manquer de confiance et nous décourager. Nous sommes des êtres fragiles, désireux de nous mettre en valeur ou de faire comme les autres pour ne pas nous attirer de critique. Mais il nous faut tenir bon “grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture” comme dit s. Paul. Et la Parole nous affirme que Dieu garantit ses promesses. Reconnaissons que nous avons besoin de la grâce de celui qui vient vers nous. C’est elle qui nous incite, dès maintenant, à puiser dans les forces qui nous habitent et à ouvrir la route à celui qui vient. Ainsi, nous serons en mesure d’accueillir et de vivre pleinement la joie de Noël.
Donc, souvenons-nous que nous sommes en Avent. Ce temps nous renvoie aussi à l’avènement final du Christ. Y a-t-il un espace dans ma vie qui est ouvert à la venue du Christ ressuscité, terme l’histoire humaine et de la mienne. Est-ce que j’y pense de temps en temps? Sur les jeunes, et même sur les vieilles souches, peut surgir un rejeton plein de vie. Quel secteur de ma vie a grand besoin d’être régénéré? Dimanche prochain nous vivrons un temps de pardon et de réconciliation.
vendredi 12 novembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 14 NOV 2010
L’ANNONCE DE LA FIN DU MONDE
Comme si tous les malheurs actuels ne suffisaient pas.... Comme si la crainte du réchauffement de la planète, les menaces terroristes, les désastres écologiques, la pollution, les inondations les rumeurs de guerre, etc... vous allez dire: pourquoi l’évangile vient en rajouter avec l’annonce de la fin du monde? Pour nous aujourd’hui, quel sens peuvent avoir ces lignes ce matin? Comment çela a pu avoir du sens pour les personnes de toutes les époques qui ont entendu ces paroles (car il y a toujours eu dans le passé des malheurs, en quelque part sur la planète.)
C’est plutôt un avertissement que nous fait Jésus. “Ne vous laissez pas égarer, car beaucoup viendront en mon nom... Ne marchez pas derrière eux!”. Cette mise en garde est toujours d’actualité: notre époque a vu apparaître toutes sortes de gourous qui abusent de la naïveté des gens. Des faux christs qui utilisent les catastrophes actuelles pour dominer et entraîner certaines personnes plus fragiles ou angoissées sur des chemins sans issue, sinon pour profiter de leur porte-monnaie. Depuis les années 60 c’est par centaines qu’on dénombre les groupes sectaires au Québec et parmi eux des spécialistes en prédiction de la fin des temps. “Ne vous laissez pas impressionner”, dit Jésus. Que penser de la prédiction de la fin du monde pour le 21 décembre 2012?
Comme les disciples émerveillés par la beauté du temple de Jérusalem (une des merveilles du monde à l’époque) nous admirons nous autres aussi les prouesses de la technique actuelle: la diffusion de l’internet, l’électronique miniaturisée, la conquête spatiale, les miracles des nouvelles méthodes de chirurgie, etc... et pourtant il y a des fragilités dans tout cela. La distance croissante entre les riches et les pauvres, les licenciements, les scandales financiers sont un danger pour l’équilibre social et mondial; quand la justice est bafouée, la paix est menacée. Nous sommes plus vulnérables qu’il paraît: une panne électrique générale, une inondation, un ouragan, un nouveau virus plus résistant et l’édifice est secoué. La menace terroriste fait trembler bien des pays. La perte des repères et des valeurs morales cause le désarroi de bien des personnes, dont des jeunes qui ne savent plus distinguer entre le bien et le mal, le virtuel et le réel. Dans nos vies bien des choses peuvent basculer du jour au lendemain. La vie est si fragile... on le chante à la radio!
L’Évangile nous invite donc de façon pressante à rechercher le roc solide de la foi et de la Parole de Dieu pour appuyer nos vies. Notre assurance vient du Seigneur. C’est par votre persévérance, votre constance que vous obtiendrez la vie. “N’ayez pas peur”.. c’est aussi la parole prophétique de Jean-Paul II au tout début de son pontificat. Elle rejoignait celle de Jésus à ses disciples avant son grand départ. Il s’agit entre-temps de rendre témoignage sereinement, positivement de ses convictions, même si elles causes des rires ou des moqueries. “Tu crois encore à ça, toi!” Dans ces moments-là ne vous préoccupez pas trop de trouver les mots, il vous sera donné un langage de sagesse qui vous surprendra vous-mêmes. Ça vous est peut-être déjà arrivé. “.Ne craignez pas, relevez la tête, votre délivrance est proche” dit Jésus!
Le témoignage le plus convaincant n’est pas celui des discours éloquents, mais celui des actes. C’est le sérieux apporté à nos tâches quotidiennes, une certaine détente et une joie de vivre, la confiance en l’avenir, qui parlent le plus fort. S. Paul reprochait justement à de jeunes communautés de s’être laissées démoraliser à cause d’une attente mal comprise du retour du Seigneur.
La destruction du temple qui est arrivée effectivement dans les années 70 n’a rien changé dans l’attitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Il est resté fidèle à son alliance. Même, il a édifié désormais un nouveau temple, c’est le grand Corps de Jésus ressuscité dont nous sommes les cellules, les pierres vivantes. Jésus nous appelle donc à la paix intérieure, à la sérénité! Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu: consolant pour ceux qui en ont moins...
L’Eucharistie nous aide à tenir bon dans nos convictions. Elle fait grandir notre union avec le Seigneur et entre nous. Elle nous aide à devenir des signes de sa présence au milieu d’un monde inquiet. Elle contribue à construire le nouveau Temple spirituel où Dieu est adoré en esprit et en vérité.... c’est l’Église, la communauté que nous formons. Par ailleurs, avouons-le, une Église elle aussi fortement secouée....
En fait, nous assistons plutôt à la fin d’un monde, d’une époque: aussi, à la fin d’une manière de faire Église. A nous de travailler à faire venir le Jour du Seigneur, d’inventer une nouvelle manière de vivre en paroisse, dans des regroupements dont on n’a pas le choix mais qu’il faut inventer. Tout en nous engageant pour plus de justice, pour contrer les préjugés, en dénonçant les combats d’arrière garde. Rappelons-nous les paroles de Jésus: “Je vous inspirerai moi-même un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance, ni contradiction,... C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie...”
Comme si tous les malheurs actuels ne suffisaient pas.... Comme si la crainte du réchauffement de la planète, les menaces terroristes, les désastres écologiques, la pollution, les inondations les rumeurs de guerre, etc... vous allez dire: pourquoi l’évangile vient en rajouter avec l’annonce de la fin du monde? Pour nous aujourd’hui, quel sens peuvent avoir ces lignes ce matin? Comment çela a pu avoir du sens pour les personnes de toutes les époques qui ont entendu ces paroles (car il y a toujours eu dans le passé des malheurs, en quelque part sur la planète.)
C’est plutôt un avertissement que nous fait Jésus. “Ne vous laissez pas égarer, car beaucoup viendront en mon nom... Ne marchez pas derrière eux!”. Cette mise en garde est toujours d’actualité: notre époque a vu apparaître toutes sortes de gourous qui abusent de la naïveté des gens. Des faux christs qui utilisent les catastrophes actuelles pour dominer et entraîner certaines personnes plus fragiles ou angoissées sur des chemins sans issue, sinon pour profiter de leur porte-monnaie. Depuis les années 60 c’est par centaines qu’on dénombre les groupes sectaires au Québec et parmi eux des spécialistes en prédiction de la fin des temps. “Ne vous laissez pas impressionner”, dit Jésus. Que penser de la prédiction de la fin du monde pour le 21 décembre 2012?
Comme les disciples émerveillés par la beauté du temple de Jérusalem (une des merveilles du monde à l’époque) nous admirons nous autres aussi les prouesses de la technique actuelle: la diffusion de l’internet, l’électronique miniaturisée, la conquête spatiale, les miracles des nouvelles méthodes de chirurgie, etc... et pourtant il y a des fragilités dans tout cela. La distance croissante entre les riches et les pauvres, les licenciements, les scandales financiers sont un danger pour l’équilibre social et mondial; quand la justice est bafouée, la paix est menacée. Nous sommes plus vulnérables qu’il paraît: une panne électrique générale, une inondation, un ouragan, un nouveau virus plus résistant et l’édifice est secoué. La menace terroriste fait trembler bien des pays. La perte des repères et des valeurs morales cause le désarroi de bien des personnes, dont des jeunes qui ne savent plus distinguer entre le bien et le mal, le virtuel et le réel. Dans nos vies bien des choses peuvent basculer du jour au lendemain. La vie est si fragile... on le chante à la radio!
L’Évangile nous invite donc de façon pressante à rechercher le roc solide de la foi et de la Parole de Dieu pour appuyer nos vies. Notre assurance vient du Seigneur. C’est par votre persévérance, votre constance que vous obtiendrez la vie. “N’ayez pas peur”.. c’est aussi la parole prophétique de Jean-Paul II au tout début de son pontificat. Elle rejoignait celle de Jésus à ses disciples avant son grand départ. Il s’agit entre-temps de rendre témoignage sereinement, positivement de ses convictions, même si elles causes des rires ou des moqueries. “Tu crois encore à ça, toi!” Dans ces moments-là ne vous préoccupez pas trop de trouver les mots, il vous sera donné un langage de sagesse qui vous surprendra vous-mêmes. Ça vous est peut-être déjà arrivé. “.Ne craignez pas, relevez la tête, votre délivrance est proche” dit Jésus!
Le témoignage le plus convaincant n’est pas celui des discours éloquents, mais celui des actes. C’est le sérieux apporté à nos tâches quotidiennes, une certaine détente et une joie de vivre, la confiance en l’avenir, qui parlent le plus fort. S. Paul reprochait justement à de jeunes communautés de s’être laissées démoraliser à cause d’une attente mal comprise du retour du Seigneur.
La destruction du temple qui est arrivée effectivement dans les années 70 n’a rien changé dans l’attitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Il est resté fidèle à son alliance. Même, il a édifié désormais un nouveau temple, c’est le grand Corps de Jésus ressuscité dont nous sommes les cellules, les pierres vivantes. Jésus nous appelle donc à la paix intérieure, à la sérénité! Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu: consolant pour ceux qui en ont moins...
L’Eucharistie nous aide à tenir bon dans nos convictions. Elle fait grandir notre union avec le Seigneur et entre nous. Elle nous aide à devenir des signes de sa présence au milieu d’un monde inquiet. Elle contribue à construire le nouveau Temple spirituel où Dieu est adoré en esprit et en vérité.... c’est l’Église, la communauté que nous formons. Par ailleurs, avouons-le, une Église elle aussi fortement secouée....
En fait, nous assistons plutôt à la fin d’un monde, d’une époque: aussi, à la fin d’une manière de faire Église. A nous de travailler à faire venir le Jour du Seigneur, d’inventer une nouvelle manière de vivre en paroisse, dans des regroupements dont on n’a pas le choix mais qu’il faut inventer. Tout en nous engageant pour plus de justice, pour contrer les préjugés, en dénonçant les combats d’arrière garde. Rappelons-nous les paroles de Jésus: “Je vous inspirerai moi-même un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance, ni contradiction,... C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie...”
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Homélie du 33e Dim. Ord. 2010
mercredi 3 novembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 7 NOV 2010
LA VIE APRES LA MORT
Le mois de novembre nous offre l’occasion de réfléchir un peu plus sur la mort. On a beau chasser de notre esprit cette perspective obligée, elle est toujours là. Accident, suicide, cancer, etc. Dans une même famille l’un meurt à trente ans, l’autre à 90 ans; celui qu’on considérait comme un bon gars meurt jeune, l’autre qui a une vie déréglée semble immortel. On dit: c’est pas juste. Le vieillard malade depuis longtemps dira: le bon Dieu m’a oublié!
Autrefois la mort était marquée par la crainte du jugement, la peur de l’enfer. Les rites funéraires étaient austère, tragiques. “Dies irae, dies illa” chantions-nous, “jour de colère que celui-là!” L’église des funérailles était tapissée en noir de même que les vêtements liturgiques. Aujourd’hui c’est le contraire. On dit plutôt: la personne est partie pour un monde meilleur. On a tendance à atténuer l’idée du deuil, de la rupture. On célèbre davantage la vie de la personne défunte. Au salon, on va projeter des photos qui la montrent lors d’un repas, jouant au golf ou avec ses petits enfants.
Autrefois on cultivait beaucoup la mémoire: un long temps de deuil, messes anniversaires, visites nombreuses au cimetière. Maintenant il arrive qu’on veuille faire vite, comme pour chasser un mauvais souvenir: quelques heures au salon ou à l’église, corps non exposé, incinération. On ne célèbre plus la mort, on l’expédie. Une enquête tend à révéler qu’une personne sur trois décédée au Québec ne ferait l’objet d’aucun rite formel de funérailles. Beaucoup de cendres ne sont jamais réclamées par les proches du défunt ou encore dispersées au vent dans un coin de nature; ce qui indique l’indifférence des vivants à l’égard de leurs morts ou du moins l’inconfort d’y penser. Et il nous reste quand même une question brûlante, lourde de sens, autrement profonde, sur la signification de l’existence humaine: y a-t-il une vie après la mort?
Il est difficile de nous représenter une vie après la vie sans puiser dans les réalités de la vie actuelle. On rêve de paysages luxuriants, à des îles enchantées, à des parties de chasse ou de pêche fabuleuses. Chacun s’invente un ciel selon ses pulsions ou ses désirs. Les musulmans parlent d’un jardin de délice avec de jeunes vierges... Ou encore, quelqu’un qui croyait à la réincarnation disait: je vais pouvoir revenir pour utiliser les nouveaux gadgets toujours plus performants qu’on voit dans les films de science-fiction, les voyages dans l’espace... l’autre plus prosaïque disait: je vais pouvoir retourner chez McDonald!
Quel lien avec l’Évangile d’aujourd’hui? Justement, des gens qui ne croyaient pas à la résurrection, les sadducéens, imaginaient celle-ci comme une copie de la vie présente. La loi de Moïse obligeait un jeune frère à épouser la veuve de l’aîné, si celui-ci était mort sans laisser d’enfant. Engendrer un enfant, pour les juifs, c’était comme prolonger son existence. Mourir sans enfant c’était comme disparaître définitivement. Alors on tentait de ridiculiser Jésus avec ce cas où sept frères auraient épousé la même veuve... on imagine quelle belle chicane une fois rendus au ciel.... Jésus leur dit: quand je vous parle de résurrection, vous n’avez rien compris. La résurrection des corps ça ne veut pas dire la réanimation d’un cadavre une fois rendu dans l’au-delà ou à la fin des temps. C’est l’accomplissement de toute la personne, corps et âme, esprit et mémoire, dans une vie transformée. Il faut parler de toute la personne vivant dans la lumière et la paix de Dieu. Quand on parle de corps dans la langue de Jésus on désigne toute la personne et non le soutien matériel seul, physique, qui se détruit.
On risque dans la pensée courante d’imaginer l’autre monde comme une amélioration du monde présent: plus de santé, plus de confort, plus de plaisirs, plus de musique, etc... mais l’expérience sérieuse de notre vécu devrait nous conduire vers d’autres horizons. Qu’est-ce qui est essentiel dans la vie: est-ce posséder une maison, une grosse voiture, ramasser de l’argent? Toutes sortes de choses qu’il faut quitter un jour: la maison vers un appart ou le CHLD, la voiture pour la marchette, le compte de banque pour le testament. Ce qui reste vraiment ce sont les relations que nous avons tissées: les amitiés, les amours, la tendresse donnée, les pardons accordés, l’espérance semée et les joies partagées. Il faut une vie pour apprendre cette leçon, pour passer de l’environnement des choses matérielles à la transparence de l’amour, de l’accueil, de la bonté. C’est de ces réalités que l’au-delà est fait. Ce sont elles seules qu’on apporte avec nous, celles qui ont modelé notre vraie personnalité et qui survivent dans la résurrection. En somme, il faut traverser la vie pour finalement rencontrer Dieu. Celui que Jésus appelle “Père”, le Dieu des vivants.
La résurrection, c’est vivre en Dieu, comme une planète autour du soleil, entrer dans son attraction, y trouver la plénitude, toute notre personne étant transformée. Il n’y a pas de mots pour dire cela. Des fois, une perception ou une expérience peut en donner un petit aperçu, un flash, comme dans un grand amour, devant un coucher de soleil, la beauté d’une fleur ou d’une mélodie. Certains grands musiciens ont créé des œuvres qui nous amènent près de l’éternité. Dans la foi, on peut saisir alors que la vie éternelle est déjà commencée, car en Dieu, même fragiles et mortels, nous recevons des bribes de cette vie. Nous sommes filles et fils du Père, héritiers de la résurrection. C’est normal qu’on reçoive de petits avant-goûts de notre héritage. Gardons l’oeil ouvert et surtout donnons plus de place dans nos vies à la Parole de Dieu qui, sans le décrire, nous dit des choses importantes sur l’au-delà.
Le mois de novembre nous offre l’occasion de réfléchir un peu plus sur la mort. On a beau chasser de notre esprit cette perspective obligée, elle est toujours là. Accident, suicide, cancer, etc. Dans une même famille l’un meurt à trente ans, l’autre à 90 ans; celui qu’on considérait comme un bon gars meurt jeune, l’autre qui a une vie déréglée semble immortel. On dit: c’est pas juste. Le vieillard malade depuis longtemps dira: le bon Dieu m’a oublié!
Autrefois la mort était marquée par la crainte du jugement, la peur de l’enfer. Les rites funéraires étaient austère, tragiques. “Dies irae, dies illa” chantions-nous, “jour de colère que celui-là!” L’église des funérailles était tapissée en noir de même que les vêtements liturgiques. Aujourd’hui c’est le contraire. On dit plutôt: la personne est partie pour un monde meilleur. On a tendance à atténuer l’idée du deuil, de la rupture. On célèbre davantage la vie de la personne défunte. Au salon, on va projeter des photos qui la montrent lors d’un repas, jouant au golf ou avec ses petits enfants.
Autrefois on cultivait beaucoup la mémoire: un long temps de deuil, messes anniversaires, visites nombreuses au cimetière. Maintenant il arrive qu’on veuille faire vite, comme pour chasser un mauvais souvenir: quelques heures au salon ou à l’église, corps non exposé, incinération. On ne célèbre plus la mort, on l’expédie. Une enquête tend à révéler qu’une personne sur trois décédée au Québec ne ferait l’objet d’aucun rite formel de funérailles. Beaucoup de cendres ne sont jamais réclamées par les proches du défunt ou encore dispersées au vent dans un coin de nature; ce qui indique l’indifférence des vivants à l’égard de leurs morts ou du moins l’inconfort d’y penser. Et il nous reste quand même une question brûlante, lourde de sens, autrement profonde, sur la signification de l’existence humaine: y a-t-il une vie après la mort?
Il est difficile de nous représenter une vie après la vie sans puiser dans les réalités de la vie actuelle. On rêve de paysages luxuriants, à des îles enchantées, à des parties de chasse ou de pêche fabuleuses. Chacun s’invente un ciel selon ses pulsions ou ses désirs. Les musulmans parlent d’un jardin de délice avec de jeunes vierges... Ou encore, quelqu’un qui croyait à la réincarnation disait: je vais pouvoir revenir pour utiliser les nouveaux gadgets toujours plus performants qu’on voit dans les films de science-fiction, les voyages dans l’espace... l’autre plus prosaïque disait: je vais pouvoir retourner chez McDonald!
Quel lien avec l’Évangile d’aujourd’hui? Justement, des gens qui ne croyaient pas à la résurrection, les sadducéens, imaginaient celle-ci comme une copie de la vie présente. La loi de Moïse obligeait un jeune frère à épouser la veuve de l’aîné, si celui-ci était mort sans laisser d’enfant. Engendrer un enfant, pour les juifs, c’était comme prolonger son existence. Mourir sans enfant c’était comme disparaître définitivement. Alors on tentait de ridiculiser Jésus avec ce cas où sept frères auraient épousé la même veuve... on imagine quelle belle chicane une fois rendus au ciel.... Jésus leur dit: quand je vous parle de résurrection, vous n’avez rien compris. La résurrection des corps ça ne veut pas dire la réanimation d’un cadavre une fois rendu dans l’au-delà ou à la fin des temps. C’est l’accomplissement de toute la personne, corps et âme, esprit et mémoire, dans une vie transformée. Il faut parler de toute la personne vivant dans la lumière et la paix de Dieu. Quand on parle de corps dans la langue de Jésus on désigne toute la personne et non le soutien matériel seul, physique, qui se détruit.
On risque dans la pensée courante d’imaginer l’autre monde comme une amélioration du monde présent: plus de santé, plus de confort, plus de plaisirs, plus de musique, etc... mais l’expérience sérieuse de notre vécu devrait nous conduire vers d’autres horizons. Qu’est-ce qui est essentiel dans la vie: est-ce posséder une maison, une grosse voiture, ramasser de l’argent? Toutes sortes de choses qu’il faut quitter un jour: la maison vers un appart ou le CHLD, la voiture pour la marchette, le compte de banque pour le testament. Ce qui reste vraiment ce sont les relations que nous avons tissées: les amitiés, les amours, la tendresse donnée, les pardons accordés, l’espérance semée et les joies partagées. Il faut une vie pour apprendre cette leçon, pour passer de l’environnement des choses matérielles à la transparence de l’amour, de l’accueil, de la bonté. C’est de ces réalités que l’au-delà est fait. Ce sont elles seules qu’on apporte avec nous, celles qui ont modelé notre vraie personnalité et qui survivent dans la résurrection. En somme, il faut traverser la vie pour finalement rencontrer Dieu. Celui que Jésus appelle “Père”, le Dieu des vivants.
La résurrection, c’est vivre en Dieu, comme une planète autour du soleil, entrer dans son attraction, y trouver la plénitude, toute notre personne étant transformée. Il n’y a pas de mots pour dire cela. Des fois, une perception ou une expérience peut en donner un petit aperçu, un flash, comme dans un grand amour, devant un coucher de soleil, la beauté d’une fleur ou d’une mélodie. Certains grands musiciens ont créé des œuvres qui nous amènent près de l’éternité. Dans la foi, on peut saisir alors que la vie éternelle est déjà commencée, car en Dieu, même fragiles et mortels, nous recevons des bribes de cette vie. Nous sommes filles et fils du Père, héritiers de la résurrection. C’est normal qu’on reçoive de petits avant-goûts de notre héritage. Gardons l’oeil ouvert et surtout donnons plus de place dans nos vies à la Parole de Dieu qui, sans le décrire, nous dit des choses importantes sur l’au-delà.
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Homélie du 32e Dim. Ord. 2010
vendredi 22 octobre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 17 oct 2010
Le 17 octobre 2010, Canonisation du saint Frère André
Quand on contemple l’Oratoire Saint-Joseph, au sommet du Mont-Royal, et son dôme qui se découpe dans le ciel, on est impressionné par le caractère grandiose d’une telle réalisation. Et ensuite, quand on évoque en contraste le profil du personnage du frère André à qui revient la paternité de cet édifice, le plus grand sanctuaire au monde dédié à Saint-Joseph, on est forcé d’admettre qu’il existe des oeuvres de grande envergure qui relèvent d’une intelligence bien différente de la logique marchande des méga-promoteurs de ce monde. Pensons au projet du maire Labaume, au toit du stade olympique, aux subventions souvent requises de nos gouvernements. Rien de tel de la part du Frère André. Même, l’Évêché de Montréal était réticente à l’idée d’investir là-dedans.
Alfred Bessette, un Québécois pure laine, est né à Saint-Grégoire d’Iberville; il est devenu celui que nous nommons le Frère André en 1870. Il est canonisé aujourd’hui à Rome. Belle coïncidence, car ce 17 octobre c’est aussi la Journée mondiale du refus de la misère. Pour avoir plongé dans la foi, il a obtenu la médaille d’or: c’est la consécration de la réussite d’une vie.
De santé fragile et assez petit physiquement, mesurant à peine 5 pieds, orphelin de père à 9 ans et de mère à 12 ans, il se retrouve sur le marché du travail à 15 ans, sans trop de préparation au niveau scolaire. Il occupe des emplois assez humbles: garçon de ferme, journalier, manoeuvre, apprenti; le futur bâtisseur de cathédrale ne possède certainement pas l’allure d’un gagnant. Pendant une dizaine d’années il exerce une série de petits boulots dans sa région. Puis comme beaucoup de ses concitoyens il émigre aux USA où il travaille dans les “factries”, les filatures. Il incarne le profil socio-économique de beaucoup de canadiens-français de cette époque.
Il est de tempérament sociable, réaliste et faisant tous les efforts pour assurer sa subsistance; il vit quand même avec le sentiment qu’il n’était pas fait pour ce genre de travail. Dès l’enfance, on le retrouvait souvent en prière. Les gamins du village l’appelle le “fou de Saint-Joseph”. Il prend enfin la décision d’entrer dans la congrégation de Sainte-Croix. Le curé de sa paroisse qui va le recommander, écrivait à la communauté: “Je vous envoie un saint”. En voilà un qui voyait clair! Quasi illettré, il finit par être accepté. Il occupera toute sa vie la tâche de portier du collège. Il dira: “ils m’ont accueilli mais il m’ont mis à la porte et j’y suis resté toute ma vie!” C’est là qu’il reçoit les pauvres, les quêteux, les malades. Il prie pour eux, cherche à les relever à la manière de Jésus. Il les invite aussi à faire leur part, à y mettre du leur... d’où sa réputation d’être un peu exigeant, un peu grognon. Mais c’est là que commencent les miracles, à son corps défendant. “Ce n’est pas moi, c’est saint Joseph qui fait ça!” Il sera vite reconnu comme un thaumaturge, à qui des milliers de guérisons inexplicables seront attribuées. Il n’avait pas d’autres stratégies d’intervention que la prière et la dévotion à saint Joseph. Ça pouvait prendre la forme symbolique de médailles ou de petits flacons d’huile. Mais il est lucide sur l’efficacité de tout cela; ce sont d’humbles moyens qui deviennent des expressions de foi. “Il faut de la foi pour se frictionner avec de l’huile de saint Joseph”. De sa part, il prie très tard dans la nuit. A un confrère qui l’entendant prier durant la nuit, lui suggère plutôt de dormir à cette heure, il réplique: “Si vous saviez dans quel état sont les gens qui se recommandent à moi, vous ne me demanderiez pas ça!” Il avait la conviction absolue que le bon Dieu s’occupe des petits et des pauvres, qu’il n’abandonne personne, qu’on peut tout demander à saint Joseph et que celui-ci peut tout obtenir de Jésus... “on ne refuse rien à son père!” Il n’y a pas d’autres secrets d’entreprise que celui-là, pour rendre compte des miracles du frère André. Sans parler des constructions qui vont bientôt commencer à s’édifier.
Dans le Québec pauvre et misérable de son époque auquel il s’était profondément identifié, il a contribué à aider les siens à garder espoir. La preuve, c’est un million de personnes, le tiers de la population du Québec d’alors, qui vont gravir le Mont-Royal pour défiler devant sa dépouille à sa mort en janvier 1937. Les gens l’avaient déjà canonisé dans leurs coeurs.
Aujourd’hui encore sa canonisation par Rome peut nous redonner un peu d’espoir. Au moment où la mondialisation transforme la planète en un immense marché, où les riches deviennent plus riches et les pauvres sont plus vulnérables et plus pauvres, l’histoire de sa vie nous signale qu’il y a une autre logique que celle de l’argent et du profit, qu’un autre monde est possible, celui du partage et de la gratuité.
Pour lui pas de spéculations financières; son oeuvre s’édifie sur la foi, l’écoute des besoins des pauvres et la mobilisation des fidèles. L’Oratoire va s’élever lentement par étapes successives, de simple abri en chapelle, de chapelle en église, puis en une immense basilique. Tout cela à l’aide de sous récoltés progressivement, en partie chez les pauvres.
La canonisation du Frère André nous fait entrevoir qu’il existe encore aujourd’hui des bâtisseurs et des bâtisseuses qui refusent la misère, qui sont animés par la foi et l’espérance, aussi par la certitude de vaincre. Le fondateur du mouvement ATD Quart-Monde disait: S’unir pour faire respecter les droits des personnes est un devoir sacré”. Le 17 octobre 2010 sera vraiment une date lumineuse sur la terre comme au ciel. Vive le Frère André, vive toutes formes de lutte contre la pauvreté! Aussi bon succès à la marche des femmes contre la misère!
Quand on contemple l’Oratoire Saint-Joseph, au sommet du Mont-Royal, et son dôme qui se découpe dans le ciel, on est impressionné par le caractère grandiose d’une telle réalisation. Et ensuite, quand on évoque en contraste le profil du personnage du frère André à qui revient la paternité de cet édifice, le plus grand sanctuaire au monde dédié à Saint-Joseph, on est forcé d’admettre qu’il existe des oeuvres de grande envergure qui relèvent d’une intelligence bien différente de la logique marchande des méga-promoteurs de ce monde. Pensons au projet du maire Labaume, au toit du stade olympique, aux subventions souvent requises de nos gouvernements. Rien de tel de la part du Frère André. Même, l’Évêché de Montréal était réticente à l’idée d’investir là-dedans.
Alfred Bessette, un Québécois pure laine, est né à Saint-Grégoire d’Iberville; il est devenu celui que nous nommons le Frère André en 1870. Il est canonisé aujourd’hui à Rome. Belle coïncidence, car ce 17 octobre c’est aussi la Journée mondiale du refus de la misère. Pour avoir plongé dans la foi, il a obtenu la médaille d’or: c’est la consécration de la réussite d’une vie.
De santé fragile et assez petit physiquement, mesurant à peine 5 pieds, orphelin de père à 9 ans et de mère à 12 ans, il se retrouve sur le marché du travail à 15 ans, sans trop de préparation au niveau scolaire. Il occupe des emplois assez humbles: garçon de ferme, journalier, manoeuvre, apprenti; le futur bâtisseur de cathédrale ne possède certainement pas l’allure d’un gagnant. Pendant une dizaine d’années il exerce une série de petits boulots dans sa région. Puis comme beaucoup de ses concitoyens il émigre aux USA où il travaille dans les “factries”, les filatures. Il incarne le profil socio-économique de beaucoup de canadiens-français de cette époque.
Il est de tempérament sociable, réaliste et faisant tous les efforts pour assurer sa subsistance; il vit quand même avec le sentiment qu’il n’était pas fait pour ce genre de travail. Dès l’enfance, on le retrouvait souvent en prière. Les gamins du village l’appelle le “fou de Saint-Joseph”. Il prend enfin la décision d’entrer dans la congrégation de Sainte-Croix. Le curé de sa paroisse qui va le recommander, écrivait à la communauté: “Je vous envoie un saint”. En voilà un qui voyait clair! Quasi illettré, il finit par être accepté. Il occupera toute sa vie la tâche de portier du collège. Il dira: “ils m’ont accueilli mais il m’ont mis à la porte et j’y suis resté toute ma vie!” C’est là qu’il reçoit les pauvres, les quêteux, les malades. Il prie pour eux, cherche à les relever à la manière de Jésus. Il les invite aussi à faire leur part, à y mettre du leur... d’où sa réputation d’être un peu exigeant, un peu grognon. Mais c’est là que commencent les miracles, à son corps défendant. “Ce n’est pas moi, c’est saint Joseph qui fait ça!” Il sera vite reconnu comme un thaumaturge, à qui des milliers de guérisons inexplicables seront attribuées. Il n’avait pas d’autres stratégies d’intervention que la prière et la dévotion à saint Joseph. Ça pouvait prendre la forme symbolique de médailles ou de petits flacons d’huile. Mais il est lucide sur l’efficacité de tout cela; ce sont d’humbles moyens qui deviennent des expressions de foi. “Il faut de la foi pour se frictionner avec de l’huile de saint Joseph”. De sa part, il prie très tard dans la nuit. A un confrère qui l’entendant prier durant la nuit, lui suggère plutôt de dormir à cette heure, il réplique: “Si vous saviez dans quel état sont les gens qui se recommandent à moi, vous ne me demanderiez pas ça!” Il avait la conviction absolue que le bon Dieu s’occupe des petits et des pauvres, qu’il n’abandonne personne, qu’on peut tout demander à saint Joseph et que celui-ci peut tout obtenir de Jésus... “on ne refuse rien à son père!” Il n’y a pas d’autres secrets d’entreprise que celui-là, pour rendre compte des miracles du frère André. Sans parler des constructions qui vont bientôt commencer à s’édifier.
Dans le Québec pauvre et misérable de son époque auquel il s’était profondément identifié, il a contribué à aider les siens à garder espoir. La preuve, c’est un million de personnes, le tiers de la population du Québec d’alors, qui vont gravir le Mont-Royal pour défiler devant sa dépouille à sa mort en janvier 1937. Les gens l’avaient déjà canonisé dans leurs coeurs.
Aujourd’hui encore sa canonisation par Rome peut nous redonner un peu d’espoir. Au moment où la mondialisation transforme la planète en un immense marché, où les riches deviennent plus riches et les pauvres sont plus vulnérables et plus pauvres, l’histoire de sa vie nous signale qu’il y a une autre logique que celle de l’argent et du profit, qu’un autre monde est possible, celui du partage et de la gratuité.
Pour lui pas de spéculations financières; son oeuvre s’édifie sur la foi, l’écoute des besoins des pauvres et la mobilisation des fidèles. L’Oratoire va s’élever lentement par étapes successives, de simple abri en chapelle, de chapelle en église, puis en une immense basilique. Tout cela à l’aide de sous récoltés progressivement, en partie chez les pauvres.
La canonisation du Frère André nous fait entrevoir qu’il existe encore aujourd’hui des bâtisseurs et des bâtisseuses qui refusent la misère, qui sont animés par la foi et l’espérance, aussi par la certitude de vaincre. Le fondateur du mouvement ATD Quart-Monde disait: S’unir pour faire respecter les droits des personnes est un devoir sacré”. Le 17 octobre 2010 sera vraiment une date lumineuse sur la terre comme au ciel. Vive le Frère André, vive toutes formes de lutte contre la pauvreté! Aussi bon succès à la marche des femmes contre la misère!
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Homélie publier le 22 oct. 2010
lundi 11 octobre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 10 oct 2010
DIRE MERCI
Chaque année, le 2e lundi d’octobre, c’est la fête civile de l’Action de grâce. Après les couleurs de l’automne, le temps des récoltes est à peu près terminé. La nature a été encore une fois très généreuse en variétés et en saveurs. Nous sommes invités à laisser monter vers Dieu un grand merci pour tous les fruits de la terre et tout ce que nous recevons de la vie. Dire merci n’est pas aussi naturel qu’on le pense. Nous avons appris tout jeunes à dire merci. C’est une affaire d’expérience et d’éducation. Pensons à cette question que les parents adressent si souvent à leurs enfants: “Qu’est-ce qu’on dit?”
Il y a des mercis polis sans plus, des mercis de convenance, des mercis empressés et sincères. Ils n’ont pas tous la même valeur. Il y a des mercis du bout des lèvres, d’autres qui nous tournent vers le prochain pour lui exprimer sincèrement notre appréciation. Dire merci est à la fois de la gratitude pour le don reçu et de la reconnaissance envers la personne qui donne. Voyons quelques exemples dans les lectures de ce dimanche.
La première lecture nous présente Naaman, un général syrien qui était lépreux. Un étranger et un païen en plus. Après avoir accompli, non sans quelques réticences, ce que lui demandait le prophète Élisée et constaté que la lèpre l’a quitté, il exprime sa reconnaissance envers celui qui est à l’origine de sa guérison. Pour lui, dire merci ce n’est pas seulement une politesse. Il remercie, mais il reconnaît que le don qu’il a reçu vient de Dieu. Sa reconnaissance est en même temps un acte de foi. “Je le sais désormais: il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que celui d’Israël” C’est pourquoi dorénavant, la terre d’Israël sera pour lui un lieu sacré.
Dans la lecture de l’Évangile, dix lépreux viennent à la rencontre de Jésus. Parmi eux, un Samaritain, un étranger. Encore là, Dieu n’écarte personne. Mais comme le prescrivait la loi juive, les dix malades se tiennent à distance, pas le droit de les approcher, car la lèpre les exclue de la communauté, faisant d’eux littéralement des hommes morts. Le Samaritain est doublement exclu car, en plus, il est vu comme un sectaire, un marginal face à la religion officielle. Cependant, alors que tous sont guéris, lui seul revient sur ses pas “en glorifiant Dieu à pleine voix”. L’évangéliste ajoute: “Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce”. Il remercie parce que sa prière a été exaucée mais il réalise surtout que Dieu a été présent et qu’il a agi en sa faveur par le Christ Jésus. Non seulement il voit celui qui l’a guéri, mais il reconnaît en lui son Sauveur. Il a obtenu la guérison du corps, il a été purifié de tout ce qui faisait de lui un exclu, mais, plus important, il a été guéri au plus profond de son coeur. La guérison du lépreux est un signe de notre propre guérison dans le Christ. Quand il revient sur ses pas, il n’exprime pas seulement de la gratitude, mais il reconnaît au nom de tous les croyants, l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. Son action de grâce, comme celle de Naaman, est un acte de foi. Si les neuf autres ont été guéris, ce qui fait le bonheur du Samaritain, c’est la joie d’avoir rencontré son Sauveur. Alors Jésus peut lui dire: “Relève-toi et va; ta foi t’a sauvé!”... Tu es un homme neuf!.
Nous sommes rassemblés encore une fois pour célébrer l’Eucharistie. Nous pouvons assurément remercier Dieu pour les fruits de la terre et tout ce que nous recevons de sa bonté. Pour nous cependant, le premier motif d’action de grâce c’est avant tout l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. En effet, quand nous célébrons la messe, nous rendons grâce à Dieu qui agit dans le Christ et par son Esprit dans nos vies. L’Eucharistie c’est un sacrement, celui de notre salut accompli par Jésus sur la croix. C’est aussi un sacrifice de louange, d’action de grâce pour l’oeuvre de la création. Toute la création qui est comme résumée dans le pain et le vin (le pain c’est en condensé la semence, la récolte, la transformation de la farine et la boulangerie... le vin c’est la culture du raisin, la vendange, le travail du pressoir, la fermentation, etc...) En somme ce sont les bienfaits de la nature qui se joignent au travail humain qui sont présentés au Père à travers la mort et la résurrection du Christ. En Lui la création est comme transformée et amenée avec Lui dans sa Résurrection. Par lui, l’Église peut donc offrir un acte de louange et de remerciement pour tout ce que Dieu a fait de beau, de bon et de juste dans sa création et dans toute l’humanité. Tout ce qu’Il nous réserve lorsque paraîtront les cieux nouveaux et la terre nouvelle, nous est annoncé.
Comme l’apôtre Paul, nous nous souvenons de “Jésus-Christ, ressuscité d’entre les morts.
Il est notre salut, notre gloire éternelle”. C’est pourquoi, malgré les épreuves et les difficultés de la vie, nous comptons sur son amour. Comme nous le chantons si bien: “Si nous sommes morts avec Lui, avec Lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec Lui nous règnerons!” Il est notre assurance! Et tout est gratuit. Donc mille mercis.
Chaque année, le 2e lundi d’octobre, c’est la fête civile de l’Action de grâce. Après les couleurs de l’automne, le temps des récoltes est à peu près terminé. La nature a été encore une fois très généreuse en variétés et en saveurs. Nous sommes invités à laisser monter vers Dieu un grand merci pour tous les fruits de la terre et tout ce que nous recevons de la vie. Dire merci n’est pas aussi naturel qu’on le pense. Nous avons appris tout jeunes à dire merci. C’est une affaire d’expérience et d’éducation. Pensons à cette question que les parents adressent si souvent à leurs enfants: “Qu’est-ce qu’on dit?”
Il y a des mercis polis sans plus, des mercis de convenance, des mercis empressés et sincères. Ils n’ont pas tous la même valeur. Il y a des mercis du bout des lèvres, d’autres qui nous tournent vers le prochain pour lui exprimer sincèrement notre appréciation. Dire merci est à la fois de la gratitude pour le don reçu et de la reconnaissance envers la personne qui donne. Voyons quelques exemples dans les lectures de ce dimanche.
La première lecture nous présente Naaman, un général syrien qui était lépreux. Un étranger et un païen en plus. Après avoir accompli, non sans quelques réticences, ce que lui demandait le prophète Élisée et constaté que la lèpre l’a quitté, il exprime sa reconnaissance envers celui qui est à l’origine de sa guérison. Pour lui, dire merci ce n’est pas seulement une politesse. Il remercie, mais il reconnaît que le don qu’il a reçu vient de Dieu. Sa reconnaissance est en même temps un acte de foi. “Je le sais désormais: il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que celui d’Israël” C’est pourquoi dorénavant, la terre d’Israël sera pour lui un lieu sacré.
Dans la lecture de l’Évangile, dix lépreux viennent à la rencontre de Jésus. Parmi eux, un Samaritain, un étranger. Encore là, Dieu n’écarte personne. Mais comme le prescrivait la loi juive, les dix malades se tiennent à distance, pas le droit de les approcher, car la lèpre les exclue de la communauté, faisant d’eux littéralement des hommes morts. Le Samaritain est doublement exclu car, en plus, il est vu comme un sectaire, un marginal face à la religion officielle. Cependant, alors que tous sont guéris, lui seul revient sur ses pas “en glorifiant Dieu à pleine voix”. L’évangéliste ajoute: “Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce”. Il remercie parce que sa prière a été exaucée mais il réalise surtout que Dieu a été présent et qu’il a agi en sa faveur par le Christ Jésus. Non seulement il voit celui qui l’a guéri, mais il reconnaît en lui son Sauveur. Il a obtenu la guérison du corps, il a été purifié de tout ce qui faisait de lui un exclu, mais, plus important, il a été guéri au plus profond de son coeur. La guérison du lépreux est un signe de notre propre guérison dans le Christ. Quand il revient sur ses pas, il n’exprime pas seulement de la gratitude, mais il reconnaît au nom de tous les croyants, l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. Son action de grâce, comme celle de Naaman, est un acte de foi. Si les neuf autres ont été guéris, ce qui fait le bonheur du Samaritain, c’est la joie d’avoir rencontré son Sauveur. Alors Jésus peut lui dire: “Relève-toi et va; ta foi t’a sauvé!”... Tu es un homme neuf!.
Nous sommes rassemblés encore une fois pour célébrer l’Eucharistie. Nous pouvons assurément remercier Dieu pour les fruits de la terre et tout ce que nous recevons de sa bonté. Pour nous cependant, le premier motif d’action de grâce c’est avant tout l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. En effet, quand nous célébrons la messe, nous rendons grâce à Dieu qui agit dans le Christ et par son Esprit dans nos vies. L’Eucharistie c’est un sacrement, celui de notre salut accompli par Jésus sur la croix. C’est aussi un sacrifice de louange, d’action de grâce pour l’oeuvre de la création. Toute la création qui est comme résumée dans le pain et le vin (le pain c’est en condensé la semence, la récolte, la transformation de la farine et la boulangerie... le vin c’est la culture du raisin, la vendange, le travail du pressoir, la fermentation, etc...) En somme ce sont les bienfaits de la nature qui se joignent au travail humain qui sont présentés au Père à travers la mort et la résurrection du Christ. En Lui la création est comme transformée et amenée avec Lui dans sa Résurrection. Par lui, l’Église peut donc offrir un acte de louange et de remerciement pour tout ce que Dieu a fait de beau, de bon et de juste dans sa création et dans toute l’humanité. Tout ce qu’Il nous réserve lorsque paraîtront les cieux nouveaux et la terre nouvelle, nous est annoncé.
Comme l’apôtre Paul, nous nous souvenons de “Jésus-Christ, ressuscité d’entre les morts.
Il est notre salut, notre gloire éternelle”. C’est pourquoi, malgré les épreuves et les difficultés de la vie, nous comptons sur son amour. Comme nous le chantons si bien: “Si nous sommes morts avec Lui, avec Lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec Lui nous règnerons!” Il est notre assurance! Et tout est gratuit. Donc mille mercis.
vendredi 1 octobre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 26 sept 2010
RÉFLÉCHIR ET METTRE LES PENDULES Á L’HEURE
Les milieux politiques et sociaux prennent de plus en plus conscience de la cassure entre les riches et les pauvres, à l’échelle de la planète, mais aussi dans nos propres milieux. La parabole de ce dimanche veut nous y faire réfléchir et mettre les pendules à l’heure si possible.
Le récit de Jésus met en scène deux hommes situés aux deux extrémités de l’échelle sociale de son époque. Il y a un super-riche gavé de bonne nourriture qui porte des vêtements de luxe et à sa porte, un pauvre hère qui se meurt dans un état de délabrement total. Il n’est pas dit que le riche soit un mauvais homme, il ne maltraite pas le pauvre, il ne le chasse pas, mais il l’ignore carrément, aveugle à sa situation.
Est-ce que ça ne ressemble pas au contraste que nous constatons actuellement? Sur la planète une population à l’aise, avec des dépenses parfois luxueuses, et tout près, vus par l’intermédiaire des médias, des millions de gens qui meurent de la faim, du sida ou de la violence guerrière. Qu’on pense à Haïti qui en plus, a subi un tremblement de terre, qu’on pense au Pakistan avec plusieurs millions de personnes déplacées, d’autres pays où l’on s’entend pour parler de nouveaux génocides. On est devant un monde brisé en deux.
Alors que le riche de la parabole semble indifférent, insensible, imperméable à la misère de Lazare, parce qu’il ne la voit pas... nous on ne peut pas l’être, à moins de fermer les yeux. Il m’arrive des fois à la télé de changer de poste parce que ce que j’y vois est intolérable, v.g. la souffrance des petits enfants africains qui meurent de faim. On pourra dire que le monde est bien mal fait... la faute n’en revient pas au Seigneur. Ce monde a été créé avec des ressources considérables, suffisantes, pour que les humains y vivent en frères et soeurs , en se partageant les richesses et les biens naturels. Mais la tendance à accumuler, à garder égoïstement pour soi est inscrite dans la nature, à moins qu’on en prenne conscience et qu’on la corrige avec la grâce et la lumière de Dieu.
Cette parabole nous avertit des dangers de la richesse qui peuvent refermer une personne sur elle-même et la porter à détourner son regard des autres. Le riche de la parabole n’a plus le temps de se décentrer de son bien-être et de voir le pauvre à sa porte. Il ne lui fait pas de mal, il l’ignore. C’est l’abbé Pierre qui disait: “il serait bon qu’on ait une petite fenêtre cassée en hiver quelque part au sous-sol ou dans son garage, pour qu’on sente le froid qui fait grelotter le pauvre ou qu’on entende son appel à l’aide!” Un passage frappant de la parabole c’est l’abîme que le riche constate après sa mort entre lui et la patrie d’Abraham où le pauvre a été recueilli. On pourrait croire qu’il y a là un châtiment, la conséquence d’une punition de Dieu. En réalité le fossé entre le riche et le pauvre avait été creusé bien avant, sur la terre; dans l’au-delà il devient un abîme qu’on ne peut plus franchir. Jésus avait dit d’ailleurs: “Tout ce que vous n’avez pas fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous ne l’avez pas fait.” Le riche n’a pas été seulement dur de coeur, mais un peu myope et assez dur d’oreille.
On notera que Jésus nomme le pauvre homme du nom de Lazare, ce qui veut dire en hébreu “Dieu aide”.... Dieu relève le pauvre, il lui viendra en aide un jour. Il n’a aucun appui sur le présent, il est tout entier tourné vers Dieu et son Royaume de justice. Voilà la grâce qui l’habite. Si Dieu ne l’exauce pas tout de suite, c’est peut-être pour qu’il soit une question, un signal, une interrogation qui pourrait secouer le riche et peut-être le sauver. Il lui rend service en quelque sorte en lui permettant de sortir de sa torpeur et de partager un peu de ses biens. C’est en ce sens qu’on parle souvent dans les évangiles des situations inversées: Dieu élève les humbles et renvoie les riches les mains vides...
Le riche finalement plaide pour ses frères qui sont encore vivants; il demande à Abraham de leur envoyer une sorte de fantôme, une apparition spectaculaire qui pourrait leur faire peur! Celui-ci lui répond: ils ont Moïse et les prophètes... qu’ils les écoutent. Ils ont aussi des pauvres qui leur tendent la main. En somme, la foi est une décision personnelle qui ne peut être provoquée de façon magique ou par la peur.
On pourrait se dire face à ces propos: nous on n’est pas immensément riches, on n’a pas ces grandes fortunes. Ces richesses qui me ferment les yeux ce serait plutôt tout ce qui m’accapare et aveugle mon coeur, ce qui m’empêche de porter attention aux autres, de partager avec eux mon amitié, mon temps, mon écoute et même parfois mon pain. Félicitons-nous des gestes de partage que nous posons par ailleurs. Il y en a heureusement! Par exemple, notre projet Brompton-Haïti.
La conclusion de cette parabole est la même que celle de dimanche dernier. Jésus nous dit: au lieu de faire de l’argent le socle ou la base de son existence pour finalement être déçu, qu’on s’en serve donc comme un instrument de partage, de communion, qu’il devienne l’expression de notre souci des plus faibles. Mgr Blanchet, ancien évêque de Gaspé écrivait déjà: “.... les siècles futurs ne jugeront pas notre début du 21e siècle sur son matérialisme, sur sa permissivité sexuelle ou sur les difficultés du couple ou de la famille...mais sur le fait qu’à des milliers d’exemplaires Lazare est mort de faim à notre porte, tout près de nos tables bien garnies...” Les personnes qui ont eu déjà l’occasion de vivre quelques jours en Haïti... en retiennent une expérience qu’elles n’oublient pas; pour ma part je la souhaite à qui voudrait bien la tenter...
Demandons au Seigneur ce (matin) d’ouvrir nos yeux et nos oreilles afin de percevoir sur la planète ou plus près de nous la situation ou la voix de celui/celle qui vit dans la détresse. Ouvre mon coeur Seigneur!
Les milieux politiques et sociaux prennent de plus en plus conscience de la cassure entre les riches et les pauvres, à l’échelle de la planète, mais aussi dans nos propres milieux. La parabole de ce dimanche veut nous y faire réfléchir et mettre les pendules à l’heure si possible.
Le récit de Jésus met en scène deux hommes situés aux deux extrémités de l’échelle sociale de son époque. Il y a un super-riche gavé de bonne nourriture qui porte des vêtements de luxe et à sa porte, un pauvre hère qui se meurt dans un état de délabrement total. Il n’est pas dit que le riche soit un mauvais homme, il ne maltraite pas le pauvre, il ne le chasse pas, mais il l’ignore carrément, aveugle à sa situation.
Est-ce que ça ne ressemble pas au contraste que nous constatons actuellement? Sur la planète une population à l’aise, avec des dépenses parfois luxueuses, et tout près, vus par l’intermédiaire des médias, des millions de gens qui meurent de la faim, du sida ou de la violence guerrière. Qu’on pense à Haïti qui en plus, a subi un tremblement de terre, qu’on pense au Pakistan avec plusieurs millions de personnes déplacées, d’autres pays où l’on s’entend pour parler de nouveaux génocides. On est devant un monde brisé en deux.
Alors que le riche de la parabole semble indifférent, insensible, imperméable à la misère de Lazare, parce qu’il ne la voit pas... nous on ne peut pas l’être, à moins de fermer les yeux. Il m’arrive des fois à la télé de changer de poste parce que ce que j’y vois est intolérable, v.g. la souffrance des petits enfants africains qui meurent de faim. On pourra dire que le monde est bien mal fait... la faute n’en revient pas au Seigneur. Ce monde a été créé avec des ressources considérables, suffisantes, pour que les humains y vivent en frères et soeurs , en se partageant les richesses et les biens naturels. Mais la tendance à accumuler, à garder égoïstement pour soi est inscrite dans la nature, à moins qu’on en prenne conscience et qu’on la corrige avec la grâce et la lumière de Dieu.
Cette parabole nous avertit des dangers de la richesse qui peuvent refermer une personne sur elle-même et la porter à détourner son regard des autres. Le riche de la parabole n’a plus le temps de se décentrer de son bien-être et de voir le pauvre à sa porte. Il ne lui fait pas de mal, il l’ignore. C’est l’abbé Pierre qui disait: “il serait bon qu’on ait une petite fenêtre cassée en hiver quelque part au sous-sol ou dans son garage, pour qu’on sente le froid qui fait grelotter le pauvre ou qu’on entende son appel à l’aide!” Un passage frappant de la parabole c’est l’abîme que le riche constate après sa mort entre lui et la patrie d’Abraham où le pauvre a été recueilli. On pourrait croire qu’il y a là un châtiment, la conséquence d’une punition de Dieu. En réalité le fossé entre le riche et le pauvre avait été creusé bien avant, sur la terre; dans l’au-delà il devient un abîme qu’on ne peut plus franchir. Jésus avait dit d’ailleurs: “Tout ce que vous n’avez pas fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous ne l’avez pas fait.” Le riche n’a pas été seulement dur de coeur, mais un peu myope et assez dur d’oreille.
On notera que Jésus nomme le pauvre homme du nom de Lazare, ce qui veut dire en hébreu “Dieu aide”.... Dieu relève le pauvre, il lui viendra en aide un jour. Il n’a aucun appui sur le présent, il est tout entier tourné vers Dieu et son Royaume de justice. Voilà la grâce qui l’habite. Si Dieu ne l’exauce pas tout de suite, c’est peut-être pour qu’il soit une question, un signal, une interrogation qui pourrait secouer le riche et peut-être le sauver. Il lui rend service en quelque sorte en lui permettant de sortir de sa torpeur et de partager un peu de ses biens. C’est en ce sens qu’on parle souvent dans les évangiles des situations inversées: Dieu élève les humbles et renvoie les riches les mains vides...
Le riche finalement plaide pour ses frères qui sont encore vivants; il demande à Abraham de leur envoyer une sorte de fantôme, une apparition spectaculaire qui pourrait leur faire peur! Celui-ci lui répond: ils ont Moïse et les prophètes... qu’ils les écoutent. Ils ont aussi des pauvres qui leur tendent la main. En somme, la foi est une décision personnelle qui ne peut être provoquée de façon magique ou par la peur.
On pourrait se dire face à ces propos: nous on n’est pas immensément riches, on n’a pas ces grandes fortunes. Ces richesses qui me ferment les yeux ce serait plutôt tout ce qui m’accapare et aveugle mon coeur, ce qui m’empêche de porter attention aux autres, de partager avec eux mon amitié, mon temps, mon écoute et même parfois mon pain. Félicitons-nous des gestes de partage que nous posons par ailleurs. Il y en a heureusement! Par exemple, notre projet Brompton-Haïti.
La conclusion de cette parabole est la même que celle de dimanche dernier. Jésus nous dit: au lieu de faire de l’argent le socle ou la base de son existence pour finalement être déçu, qu’on s’en serve donc comme un instrument de partage, de communion, qu’il devienne l’expression de notre souci des plus faibles. Mgr Blanchet, ancien évêque de Gaspé écrivait déjà: “.... les siècles futurs ne jugeront pas notre début du 21e siècle sur son matérialisme, sur sa permissivité sexuelle ou sur les difficultés du couple ou de la famille...mais sur le fait qu’à des milliers d’exemplaires Lazare est mort de faim à notre porte, tout près de nos tables bien garnies...” Les personnes qui ont eu déjà l’occasion de vivre quelques jours en Haïti... en retiennent une expérience qu’elles n’oublient pas; pour ma part je la souhaite à qui voudrait bien la tenter...
Demandons au Seigneur ce (matin) d’ouvrir nos yeux et nos oreilles afin de percevoir sur la planète ou plus près de nous la situation ou la voix de celui/celle qui vit dans la détresse. Ouvre mon coeur Seigneur!
Libellés :
Homélie du 26e Dim. Ord. 2010
vendredi 10 septembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE LE 12 SEPTEMBRE 2010
LE VISAGE DE DIEU
L’Évangile nous manifeste un visage de Dieu avec lequel nous ne sommes pas encore trop familiers, tellement il va à l’encontre de nos peurs, de nos sentiments spontanés à son égard. C’est la joie de Dieu, un visage rayonnant du bonheur de retrouver et d’accueillir ce qui était perdu. Visage de Dieu étonnant qui rompt avec celui du juge impitoyable dont nous l’avons si souvent affublé ou masqué. Un Dieu-gendarme, un Dieu qui se venge ou encore qui permet à des kamikazes de faire sauter des bombes contre ses ennemis. Notre Dieu est tout autre...
Ce visage c’est Jésus évidemment qui nous l’a dévoilé à travers son propre comportement à lui; on n’aurait pas trouvé ça tout seuls. Jésus accueillait les publicains et les pécheurs; on dirait aujourd’hui la populace. Ces gens-là venaient à Jésus pour l’écouter. Ils avaient deviné les sentiments qui remplissaient son cœur, ils se sentaient reconnus, aimés malgré leurs péchés, malgré le mépris dont les enveloppaient les bien pensants de l’époque, ceux qu’on nomme les pharisiens. Ils retrouvaient près du Seigneur un sens à leur vie. Cette joie aussi débordait du cœur de Jésus; il la partageait en mangeant avec eux, en s’invitant même à l’occasion chez eux, comme chez Zachée. “Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux”.
Mais les autorités, du haut de leur fidélité à la Loi, récriminaient; ils n’admettaient pas qu’un honnête homme fréquente ces gens-là. Par un série de paraboles successives Jésus leur décrit (et nous décrit) la véritable attitude de Dieu, son ardeur à rechercher le pécheur, sa joie lorsque celui-ci revient, joie qu’il veut partager avec toutes ses créatures. Regardons d’un peu plus près ces paraboles.
Abandonner un troupeau dans le désert, lieu de tous les dangers, pour partir à la recherche d’une seule brebis perdue, ça défie notre logique. Le contraste que met Jésus entre les 99 brebis restées au pâturage et une seule fugueuse, ça accentue encore le prix que Dieu attache au salut de chaque être humain. Sommes-nous conscients de cette attitude de Dieu envers nous? Avons-nous nous-mêmes ce souci de rejoindre et de sauver ce qui se perd? Regardons dans nos milieux. Ça devrait influencer nos priorités pastorales et notre cheminement personnel de foi. La brebis perdue peut aussi représenter une part de nous-mêmes. N’avons-nous pas à l’occasion une part d’égarement dans nos vies? Sommes-nous conscients de la joie de Dieu quand nous revenons vers Lui? Son visage alors n’est pas celui d’un juge impatient mais celui d’un Père aimant.
Au redépart d’une année pastorale, c’est bon de s’en souvenir!
Regardons de nouveau le berger sur les traces de sa brebis manquante; on l’imagine scrutant les buissons ou chaque ravin ou amas de rochers. Regardons aussi la femme qui met la maison sans dessus dessous à la recherche de la pièce de monnaie égarée. On dirait aujourd’hui le billet de loto gagnant qu’on a mis on ne sait plus où... L’Évangile note finement qu’ils cherchent jusqu’à ce qu’ils retrouvent... rien ne peut décourager leur volonté de recouvrer à tout prix ce qui leur était si cher. Si la femme a retrouvé sa pièce d’argent et le berger sa brebis, c’est en raison de leur initiative et de leur détermination. Le Seigneur ne se décourage pas de nos insouciances, de nos abandons, de nos lenteurs, de nos surdités à ses appels. En retour, nous ne devrions pas briser le dialogue avec des personnes en révolte ou en rupture avec l’Église, que ce soit des jeunes rebelles ou dans le monde des adultes. Plutôt que de couper les ponts, demeurer ouverts, continuer la recherche. En somme emboîter le pas à notre Dieu en quête de ses enfants égarés. Faire tout pour lui procurer la joie des retours...
La dernière parabole, nous ne l’avons pas lue car nous la connaissons bien; c’est d’ailleurs la plus célèbre des Évangiles, c’est celle du Père prodigue. Jésus va plus loin en nous montrant que Dieu est un Père qui a des entrailles de mère, un excès d’amour pour ceux/celles qui se sont éloignés de Lui.. Le père donne l’ordre de rétablir son fils rebelle dans sa dignité première; il ne sera pas un serviteur ou un simple ouvrier dans son entreprise. Il est son enfant bien-aimé. Tout cela non à cause des mérites de celui qui revient mais à cause de la bonté ce celui qui l’accueille. Surtout que le fils qui est revenu ne l’a peut-être pas fait par amour pour son père mais, mêlé sans doute à un peu de repentir, par intérêt personnel.
Voilà le visage de notre Dieu dont Jésus a prouvé la vérité par toute sa conduite. Un Dieu qui pourrait punir, qui pourrait faire patienter, faire peser son désaccord envers ceux et celles qui ont vécu sans tenir compte de lui. Au contraire, c’est parmi les pécheurs que son Amour peut donner sa pleine mesure. Le seul obstacle que nous pourrions mettre, c’est de nous croire tellement du côté des justes que nous finissions par ne plus avoir besoin de son pardon.
Demandons au Seigneur de bien comprendre son message et de nous ouvrir sincèrement à Lui qui nous aime à ce point. Il a envoyé son Fils sur terre, au cœur de notre humanité, justement pour qu’il ramène, non à coup de bâton mais sur ses épaules chaque brebis perdue. Qu’il nous donne d’accueillir dans la confiance cette Bonne Nouvelle et la joie d’une telle tendresse.
Mettons cette nouvelle année sous l’enseigne de la bonté du Père. Rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, prenons conscience que le Seigneur nous invite à entrer dans son amour, dans une communion profonde avec lui. Ainsi se développera en nous le goût de devenir les témoins de sa compassion et de sa joie autour de nous, à la maison, dans le quartier ou dans notre paroisse.
Libellés :
Homélie du 24e Dim. Ord. 2010
mardi 17 août 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE LE 8 AOUT 2010
Garder sa lampe allumée
Une grand’mère prenait une marche avec sa petite fille dans le cimetière paroissial, sous les beaux arbres. On s’arrêtait pour lire les inscriptions sur les épitaphes. C’était écrit: “A notre ange chéri... A mon époux regretté...Pour Jeannot, ta famille inconsolable... Pour notre Mamie que nous aimions tant... Par tes compagnons de chasse: Tu nous manques!” En sortant du cimetière, la petite fille demande: Dis donc Mamie, où est-ce qu’on les enterre les méchants?
Rendus à ce niveau-là on est sans doute tous bons! Mais la 2e lecture rappelle une évidence à laquelle nous ne prêtons pas suffisamment attention. Comme tous les êtres humains qui nous ont précédés, nous demeurons des étrangers et des voyageurs sur la terre. Viendra un jour où il nous faudra quitter notre coin de pays. On ne peut esquiver cette question même si un jour on pourra faire des éloges sur notre compte, il n’y a rien là pour nous enlevé de la liste.
Ceux et celles qui croient en Jésus, le Christ, adhèrent à ses promesses. Promesse d’une création nouvelle, d’une demeure où il n’y aura plus de pleurs, ni de cris, ni de tristesse. Promesse d’une vie nouvelle, éternelle et entièrement transformée. Si on croit vraiment à ces promesses, ça peut changer notre manière de vivre. Il se crée tranquillement dans nos cœurs comme une tension vers ce Royaume promis. On devient soucieux de se conformer aux consignes de Jésus: “Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées... comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces”.
Vivre en tenue de service c’est demeurer en attente de quelque chose de beau, de grand, de réjouissant et comblant que nous ne possédons pas encore pleinement: soit la paix profonde, la joie, la vie pleine, tous nos besoins comblés. C’est surtout vivre en attente de quelqu’un que nous connaissons et aimons déjà, Dieu qui est Père, Fils et Esprit, une nouvelle famille, que nous ne voyons pas de nos yeux et avec qui nous ne sommes pas encore en communion parfaite. Je suis toujours surpris quand les familles choisissent pour les funérailles d’un de leurs proches la chanson de Claude Dubois “Si Dieu existe...” et qui décrit comme les premiers instants vécus par le défunt après sa mort. Les premiers mots du refrain décrivent l’impression de l’âme qui prend son vol et qui constate: “Personne, personne...” Nous chrétiens on devrait chanter: “Quelqu’un, Quelqu’un”... Nous ne nous en allons pas vers le vide mais vers une présence aimante, Dieu qui nous accueille...
Garder sa lampe allumée, demeuré en tenue de service, c’est nous tenir prêts à accueillir une fois pour toutes le Dieu bon et miséricordieux en qui nous croyons. Nous espérons ainsi recevoir de lui tous les bienfaits annoncés et avoir le bonheur de le rencontrer dans une communion éternelle. Il y a aussi une hôtesse qui nous y introduira, celle à qui nous avons demandé mille fois d’être là maintenant et à l’heure de notre mort, la Vierge Marie.
Les lectures proclamées il y a quelques instants permettent d’être encore plus concret. Garder sa lampe allumée c’est aussi rester plus libre par rapport à ce qui nous attache sur la terre. Notre vieux Père Abraham demeure encore un modèle lui qui a laissé tous ses biens pour se rendre dans le pays que Dieu lui promettait. Il partait sans connaître le trajet qu’il allait parcourir. Jésus nous dit: “Faites-vous donc une bourse qui ne s’use pas, des placements qui ne fluctuent pas”. C’est aussi se tenir loin de tout ce qui défigure notre monde, de ce qui le déshumanise, comme la consommation effrénée, incontrôlée. On est littéralement englouti sous les gadgets qui sont supposés nous rendre la vie plus agréable. Ceci s’apparente au comportement du serviteur mauvais qui voyait que son maître tardait à venir et qui se mettait à boire et à s’empiffrer. Comme disaient les anciens païens: “Mangeons et buvons car demain nous mourrons”. On voit ça encore aujourd’hui!
L’attitude de service et de vigilance que recommande Jésus c’est, en plus d’être à l’affût d’un service à rendre, à l’écoute du besoin d’un proche, c’est de demeurer attaché à la volonté de Dieu comme Marie qui est le modèle de l’Église. Heureux les disciples qui tout en aimant vivre sur terre, n’oublient pas qu’ils sont des étrangers et des voyageurs. La vraie patrie se trouve ailleurs, où Dieu les appelle et les attend. Heureuses les personnes qui tout en jouissant des biens de la vie, de ses beautés et de ses petits bonheurs, ne s’en rendent jamais esclaves. Elles sont conscientes qu’elles devront les quitter pour renaître dans un monde meilleur. Ceux et celles également qui attendent non pas en se croisant les bras mais en essayant de construire un monde meilleur à l’image, quoique très imparfaite, de celui que Dieu remettra entre leurs mains.
Une grand’mère prenait une marche avec sa petite fille dans le cimetière paroissial, sous les beaux arbres. On s’arrêtait pour lire les inscriptions sur les épitaphes. C’était écrit: “A notre ange chéri... A mon époux regretté...Pour Jeannot, ta famille inconsolable... Pour notre Mamie que nous aimions tant... Par tes compagnons de chasse: Tu nous manques!” En sortant du cimetière, la petite fille demande: Dis donc Mamie, où est-ce qu’on les enterre les méchants?
Rendus à ce niveau-là on est sans doute tous bons! Mais la 2e lecture rappelle une évidence à laquelle nous ne prêtons pas suffisamment attention. Comme tous les êtres humains qui nous ont précédés, nous demeurons des étrangers et des voyageurs sur la terre. Viendra un jour où il nous faudra quitter notre coin de pays. On ne peut esquiver cette question même si un jour on pourra faire des éloges sur notre compte, il n’y a rien là pour nous enlevé de la liste.
Ceux et celles qui croient en Jésus, le Christ, adhèrent à ses promesses. Promesse d’une création nouvelle, d’une demeure où il n’y aura plus de pleurs, ni de cris, ni de tristesse. Promesse d’une vie nouvelle, éternelle et entièrement transformée. Si on croit vraiment à ces promesses, ça peut changer notre manière de vivre. Il se crée tranquillement dans nos cœurs comme une tension vers ce Royaume promis. On devient soucieux de se conformer aux consignes de Jésus: “Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées... comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces”.
Vivre en tenue de service c’est demeurer en attente de quelque chose de beau, de grand, de réjouissant et comblant que nous ne possédons pas encore pleinement: soit la paix profonde, la joie, la vie pleine, tous nos besoins comblés. C’est surtout vivre en attente de quelqu’un que nous connaissons et aimons déjà, Dieu qui est Père, Fils et Esprit, une nouvelle famille, que nous ne voyons pas de nos yeux et avec qui nous ne sommes pas encore en communion parfaite. Je suis toujours surpris quand les familles choisissent pour les funérailles d’un de leurs proches la chanson de Claude Dubois “Si Dieu existe...” et qui décrit comme les premiers instants vécus par le défunt après sa mort. Les premiers mots du refrain décrivent l’impression de l’âme qui prend son vol et qui constate: “Personne, personne...” Nous chrétiens on devrait chanter: “Quelqu’un, Quelqu’un”... Nous ne nous en allons pas vers le vide mais vers une présence aimante, Dieu qui nous accueille...
Garder sa lampe allumée, demeuré en tenue de service, c’est nous tenir prêts à accueillir une fois pour toutes le Dieu bon et miséricordieux en qui nous croyons. Nous espérons ainsi recevoir de lui tous les bienfaits annoncés et avoir le bonheur de le rencontrer dans une communion éternelle. Il y a aussi une hôtesse qui nous y introduira, celle à qui nous avons demandé mille fois d’être là maintenant et à l’heure de notre mort, la Vierge Marie.
Les lectures proclamées il y a quelques instants permettent d’être encore plus concret. Garder sa lampe allumée c’est aussi rester plus libre par rapport à ce qui nous attache sur la terre. Notre vieux Père Abraham demeure encore un modèle lui qui a laissé tous ses biens pour se rendre dans le pays que Dieu lui promettait. Il partait sans connaître le trajet qu’il allait parcourir. Jésus nous dit: “Faites-vous donc une bourse qui ne s’use pas, des placements qui ne fluctuent pas”. C’est aussi se tenir loin de tout ce qui défigure notre monde, de ce qui le déshumanise, comme la consommation effrénée, incontrôlée. On est littéralement englouti sous les gadgets qui sont supposés nous rendre la vie plus agréable. Ceci s’apparente au comportement du serviteur mauvais qui voyait que son maître tardait à venir et qui se mettait à boire et à s’empiffrer. Comme disaient les anciens païens: “Mangeons et buvons car demain nous mourrons”. On voit ça encore aujourd’hui!
L’attitude de service et de vigilance que recommande Jésus c’est, en plus d’être à l’affût d’un service à rendre, à l’écoute du besoin d’un proche, c’est de demeurer attaché à la volonté de Dieu comme Marie qui est le modèle de l’Église. Heureux les disciples qui tout en aimant vivre sur terre, n’oublient pas qu’ils sont des étrangers et des voyageurs. La vraie patrie se trouve ailleurs, où Dieu les appelle et les attend. Heureuses les personnes qui tout en jouissant des biens de la vie, de ses beautés et de ses petits bonheurs, ne s’en rendent jamais esclaves. Elles sont conscientes qu’elles devront les quitter pour renaître dans un monde meilleur. Ceux et celles également qui attendent non pas en se croisant les bras mais en essayant de construire un monde meilleur à l’image, quoique très imparfaite, de celui que Dieu remettra entre leurs mains.
Libellés :
Homélie publier le 17 aout 2010
mardi 29 juin 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 27 juin 2010
“Qui suis-je” demande Jésus
“Qui suis-je” demande Jésus à ses amis. Cette question a rebondi constamment dans l’histoire du christianisme, chez nous comme ailleurs. Sans doute, ceux et celles qui l’ont posée n’ont jamais obtenu une réponse définitive! Il vaut la peine de la reformuler aujourd’hui, ne serait-ce que pour faire le point sur ce que nous croyons. Il faut admettre que le contexte social actuel ne favorise pas une réflexion sérieuse sur le contenu de notre foi. On vit à l’époque du doute, de la critique à tout niveau. Notre temps est marqué par le matérialisme et la sécularisation. On constate ici un vaste courant d’indifférence, de moquerie, sinon carrément de contestation de la foi catholique. Le judéo-christianisme est coupable de tous les maux, dit-on, style critique d’adolescents qui incriminent la maison familiale. C’est alimenté sans doute aussi par les médias, la littérature qui présentent Jésus tantôt comme un extraterrestre, comme l’époux de Marie-Madeleine ou comme une sorte de gourou formé en Inde, etc....
On ne nie pas les bienfaits du progrès social, des nombreux droits et libertés acquis, des découvertes technologiques, de la croissance à tout niveau. Mais on constate dans notre société bien des déceptions, des recherches de sens qui ne débouchent pas. Beaucoup d’espoirs et d’attentes naissent dans ce bouillonnement, mais est-ce que Celui que Pierre a désigné comme le Messie de Dieu y a encore sa place? Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de lui.
A la question “Qui suis-je?” plusieurs aujourd’hui répondraient: “je n’en ai aucune idée, je ne le connais pas, concrètement il n’a pas d’importance à mes yeux”. Même parmi les baptisés, certains en sont peut-être restés au petit Jésus de leur enfance; sont-ils intéressés à connaître vraiment le Christ adulte? Ils ne croient pas qu’il est la clé qui pourrait leur permettre de grandir, d’ouvrir leurs horizons, sortir de leurs routines. Y aurait-il chez nous des pratiquants non-croyants? C’est ce qui peut expliquer qu’on cherche à répondre à nos questionnements sur le sens de la vie, uniquement par nos propres moyens ou par ce que nous suggère les solutions commerciales, la consommation sans limite. Est-ce que l’abondance de ces biens arrive à combler notre faim de vivre à plein?
Mais il y a aussi ceux et celles qui croient et pour qui Jésus est quelqu’un d’important. On a fait sa rencontre lors d’une retraite, d’une lecture, d’un partage d’Évangile et on a réussi à lui dire: “Je crois Seigneur que tu es mon Sauveur personnel et que tu donnes sens à ma vie”. Nous faisons partie de cette catégorie, mais il nous arrive quand il s’agit de foi de demeurer perplexe, de n’avoir pas toutes les réponses. Avouons qu’il n’est pas facile d’être croyant/e à notre époque, encore moins d’exprimer sa foi avec des mots d’aujourd’hui.
Malgré tout, il vaut la peine de reconsidérer la question de Jésus:”Pour vous qui suis-je?” Comme l’apôtre Pierre, prenons le temps d’y répondre personnellement avec nos mots à nous. En affirmant qu’il est le Messie de Dieu, Pierre a vu juste, même s’il a du cheminer longtemps avant de comprendre la portée de sa réponse. Notre perception à nous pourra évoluer et elle changera dans la mesure où on le connaîtra de mieux en mieux.
Mais comment le connaître en profondeur? Peut-être faut-il commencer par mieux se connaître soi-même. La question pourrait v.g. se poser aux papas que nous fêtons aujourd’hui. “Qu’est-ce que je désire le plus: laisser le plus bel héritage à ma famille en terme de valeurs, de fidélité, de dévouement, d’amour. Où est-ce que je puis trouver la source et les aliments qui vont soutenir ces valeurs”. Un rapide coup d’oeil sur ce que le monde nous propose nous convaincra qu’au-delà de tout le bien-être matériel, qu’on ne boude pas, il y a un plus que nous puisons dans notre foi en un Dieu qui nous aime et que Jésus nous a appris à nommer du beau nom de Père. L’idéal pour répondre à cette question est de nous retrouver dans un climat de prière, tout comme Jésus lui-même l’était avant d’interroger ses disciples. Son identité à lui il la percevait à la lumière de sa relation avec son Père du ciel. Ce Père qui est fidèle et bon l’accompagnait tous les jours par son Esprit. C’était sa source! La prière qui se nourrit de la Parole révélée est sans doute la meilleure manière de découvrir qui est Jésus, le Fils du Père et de le rencontrer.
On aura remarqué le texte du psaume de ce dimanche. Au milieu des épreuves, dans une nuit profonde où le coeur est en situation de sécheresse, le psalmiste s’accroche à Dieu dans la foi pure, car il a déjà bénéficié de son secours. Quand on traverse une sorte de désert, dans l’incertitude et qu’ une foule de questions reste sans réponse, nous pouvons nous en remettre à Dieu dans la foi et l’espérance qu’il nous aidera à s’en sortir.
C’est peut-être la situation de nos pères qui n’est pas facile aujourd’hui. Ils n’ont plus la position traditionnelle où ils étaient responsables de transmettre les valeurs à leurs jeunes pour les guider dans la société, genre: “Nous autres on faisait ça de même!” Les modes de vie et de penser sont transmis depuis quelques décennies par les médias, l’internet, par le contexte social où il se forme des générations qui s’influencent entre elles et qui se modifient à tous les dix ans ou moins. Quel poids a la parole du père dans ce contexte?
Quoiqu’il en soit, il vaut la peine de dire à nos pères qu’ils demeurent importants à nos yeux et que c’est leur présence, leur patience, leur accueil, leur humour même qui nous rejoignent le plus. Comme dit le proverbe: “ce que tu es parle si fort que tu n’as pas besoin de dire quoi que ce soit!”
Prions pour nos pères, remercions Dieu de nous les avoir donnés. Que notre Père du ciel déverse dans leurs coeurs tout l’amour dont ils souhaitent entourer leur famille. Amen!
“Qui suis-je” demande Jésus à ses amis. Cette question a rebondi constamment dans l’histoire du christianisme, chez nous comme ailleurs. Sans doute, ceux et celles qui l’ont posée n’ont jamais obtenu une réponse définitive! Il vaut la peine de la reformuler aujourd’hui, ne serait-ce que pour faire le point sur ce que nous croyons. Il faut admettre que le contexte social actuel ne favorise pas une réflexion sérieuse sur le contenu de notre foi. On vit à l’époque du doute, de la critique à tout niveau. Notre temps est marqué par le matérialisme et la sécularisation. On constate ici un vaste courant d’indifférence, de moquerie, sinon carrément de contestation de la foi catholique. Le judéo-christianisme est coupable de tous les maux, dit-on, style critique d’adolescents qui incriminent la maison familiale. C’est alimenté sans doute aussi par les médias, la littérature qui présentent Jésus tantôt comme un extraterrestre, comme l’époux de Marie-Madeleine ou comme une sorte de gourou formé en Inde, etc....
On ne nie pas les bienfaits du progrès social, des nombreux droits et libertés acquis, des découvertes technologiques, de la croissance à tout niveau. Mais on constate dans notre société bien des déceptions, des recherches de sens qui ne débouchent pas. Beaucoup d’espoirs et d’attentes naissent dans ce bouillonnement, mais est-ce que Celui que Pierre a désigné comme le Messie de Dieu y a encore sa place? Tout dépend évidemment de l’idée qu’on se fait de lui.
A la question “Qui suis-je?” plusieurs aujourd’hui répondraient: “je n’en ai aucune idée, je ne le connais pas, concrètement il n’a pas d’importance à mes yeux”. Même parmi les baptisés, certains en sont peut-être restés au petit Jésus de leur enfance; sont-ils intéressés à connaître vraiment le Christ adulte? Ils ne croient pas qu’il est la clé qui pourrait leur permettre de grandir, d’ouvrir leurs horizons, sortir de leurs routines. Y aurait-il chez nous des pratiquants non-croyants? C’est ce qui peut expliquer qu’on cherche à répondre à nos questionnements sur le sens de la vie, uniquement par nos propres moyens ou par ce que nous suggère les solutions commerciales, la consommation sans limite. Est-ce que l’abondance de ces biens arrive à combler notre faim de vivre à plein?
Mais il y a aussi ceux et celles qui croient et pour qui Jésus est quelqu’un d’important. On a fait sa rencontre lors d’une retraite, d’une lecture, d’un partage d’Évangile et on a réussi à lui dire: “Je crois Seigneur que tu es mon Sauveur personnel et que tu donnes sens à ma vie”. Nous faisons partie de cette catégorie, mais il nous arrive quand il s’agit de foi de demeurer perplexe, de n’avoir pas toutes les réponses. Avouons qu’il n’est pas facile d’être croyant/e à notre époque, encore moins d’exprimer sa foi avec des mots d’aujourd’hui.
Malgré tout, il vaut la peine de reconsidérer la question de Jésus:”Pour vous qui suis-je?” Comme l’apôtre Pierre, prenons le temps d’y répondre personnellement avec nos mots à nous. En affirmant qu’il est le Messie de Dieu, Pierre a vu juste, même s’il a du cheminer longtemps avant de comprendre la portée de sa réponse. Notre perception à nous pourra évoluer et elle changera dans la mesure où on le connaîtra de mieux en mieux.
Mais comment le connaître en profondeur? Peut-être faut-il commencer par mieux se connaître soi-même. La question pourrait v.g. se poser aux papas que nous fêtons aujourd’hui. “Qu’est-ce que je désire le plus: laisser le plus bel héritage à ma famille en terme de valeurs, de fidélité, de dévouement, d’amour. Où est-ce que je puis trouver la source et les aliments qui vont soutenir ces valeurs”. Un rapide coup d’oeil sur ce que le monde nous propose nous convaincra qu’au-delà de tout le bien-être matériel, qu’on ne boude pas, il y a un plus que nous puisons dans notre foi en un Dieu qui nous aime et que Jésus nous a appris à nommer du beau nom de Père. L’idéal pour répondre à cette question est de nous retrouver dans un climat de prière, tout comme Jésus lui-même l’était avant d’interroger ses disciples. Son identité à lui il la percevait à la lumière de sa relation avec son Père du ciel. Ce Père qui est fidèle et bon l’accompagnait tous les jours par son Esprit. C’était sa source! La prière qui se nourrit de la Parole révélée est sans doute la meilleure manière de découvrir qui est Jésus, le Fils du Père et de le rencontrer.
On aura remarqué le texte du psaume de ce dimanche. Au milieu des épreuves, dans une nuit profonde où le coeur est en situation de sécheresse, le psalmiste s’accroche à Dieu dans la foi pure, car il a déjà bénéficié de son secours. Quand on traverse une sorte de désert, dans l’incertitude et qu’ une foule de questions reste sans réponse, nous pouvons nous en remettre à Dieu dans la foi et l’espérance qu’il nous aidera à s’en sortir.
C’est peut-être la situation de nos pères qui n’est pas facile aujourd’hui. Ils n’ont plus la position traditionnelle où ils étaient responsables de transmettre les valeurs à leurs jeunes pour les guider dans la société, genre: “Nous autres on faisait ça de même!” Les modes de vie et de penser sont transmis depuis quelques décennies par les médias, l’internet, par le contexte social où il se forme des générations qui s’influencent entre elles et qui se modifient à tous les dix ans ou moins. Quel poids a la parole du père dans ce contexte?
Quoiqu’il en soit, il vaut la peine de dire à nos pères qu’ils demeurent importants à nos yeux et que c’est leur présence, leur patience, leur accueil, leur humour même qui nous rejoignent le plus. Comme dit le proverbe: “ce que tu es parle si fort que tu n’as pas besoin de dire quoi que ce soit!”
Prions pour nos pères, remercions Dieu de nous les avoir donnés. Que notre Père du ciel déverse dans leurs coeurs tout l’amour dont ils souhaitent entourer leur famille. Amen!
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