dimanche 16 janvier 2011

HOMÉLIE DU DIMANCHE 16 jan. 2011

“Qui est Jésus pour vous?”

Il en faut du temps pour connaître quelqu’un. Par ex. si je vous demandais aujourd’hui: “Qui est Jésus pour vous?” vous seriez peut-être un peu embarrassé, ben... c’est Dieu! Et pourtant, depuis des années nous accueillons son message à chaque dimanche. Nous nous identifions à lui lorsque nous nous disons chrétiens et chrétiennes. Malgré tout, la personne de Jésus reste un peu voilée, mystérieuse. Certains voient en lui une sorte de prophète, chargé d’annoncer que Dieu aime le monde. D’autres ne verront jamais plus en lui qu’un bel exemple de vie à imiter. D’autres diront que c’est le héros d’une belle histoire. Qui est ce Jésus que Jean-Baptiste voit s’avancer vers lui? Qui est cet homme qui vient vers nous chaque dimanche quand nous partageons sa Parole et son pain de Vie. Pourtant nous ne l’avons jamais vu! Le curé qui vous en parle, le fait peut-être pour passer le temps!

Nous avons célébré sa naissance à Noël, et dimanche dernier, son baptême dans les eaux du Jourdain. Aujourd’hui la Parole nous fait pénétrer encore plus profondément dans le mystère du Christ. Ainsi quand nous lisons l’Évangile tout porte à croire que Jean Baptiste connaissait bien Jésus. Il sait qu’il est le fils de Marie et Joseph, qu’il vient de Nazareth et qu’il est de sa parenté. Pourtant Jean ne le connaît pas parfaitement. Par deux fois il dira: “Je ne le connaissais pas” Pourquoi donc...

Ce dont parle Jean, c’est d’un autre type de connaissance, plus profonde, plus intérieure. Il le connaissait comme homme, mais il n’avait jamais vu en lui autre chose. Il n’était jamais entré dans son mystère. Et voilà ce qui va se faire. Heureusement pour nous, l’autre Jean (celui de l’Évangile) a vu et entendu lui aussi. Il peut donc en témoigner et nous révéler quelque chose dont il a pris conscience avec le temps à propos du Christ. Il commence ainsi son récit: “Comme Jean Baptiste voyait venir Jésus vers lui, il dit: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” Pour les gens qui entendent cette parole il s’agit d’une vraie révélation. Éclairé, le Baptiste ne se contente pas d’annoncer la venue du Messie, il nous le montre en disant, en substance: “Voici: l’homme qui est devant vous n’est pas un homme ordinaire. C’est lui l’élu, le Fils de Dieu, le serviteur qui prend sur lui le péché du monde». Ce dont finalement dont témoigne le Baptiste, ce qu’il a vu, c’est l’Esprit descendre sur Jésus et demeurer sur lui. La venue de l’Esprit accomplissant les Écritures, a été le signe par lequel il a reconnu le Fils de Dieu. Il peut donc attester, appuyé par la voix du Père, qu’il se trouve en présence du Serviteur dont parle la 1ère lecture, extraite du livre d’Isaïe qui annonçait un jour sa venue.

Aujourd’hui, comme dimanche dernier, ce que nous voyons du Fils de Dieu, c’est l’amour du Père au coeur de toute la vie de Jésus. Cet amour, le Christ a pour mission de le manifester au monde. La raison d’être de sa vie est de devenir une offrande, comme celle de l’agneau offert en sacrifice, afin que tous les humains en soient convaincus, soient sauvés du péché et de la mort. Tel est en effet son mystère, particulièrement quand il se donne à nous au moment où nous venons communier, par exemple. D’un côté, il y a le Messie qui se donne, de l’autre, chacun et chacune de nous qui recevons de lui ce que nous sommes incapables de nous donner par nous-mêmes, c’est-à-dire, la vie éternelle. Heureux et heureuses les invités au repas du Seigneur, disons-nous avant de communier. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde... Quand nous communions, ce que nous recevons dépasse de loin ce que nous en comprenons.... Jésus est notre Sauveur!

Un jour nous avons été baptisés/es, nous appartenons au monde nouveau inauguré par le baptême de Jésus. Un monde nouveau où le Christ, notre Sauveur, a déjà tout transformé par sa mort et sa résurrection. Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par Jésus au cours de cette année... A marcher à sa suite, à nous laisser humaniser par lui chaque jour. Comme l’écrit s.Paul dans la seconde lecture, “nous sommes les membres d’un peuple saint...sanctifié par Jésus.”
Nous sommes solidaires de toutes les communautés qui le connaissent et invoquent son nom. Parce que nous bénéficions nous aussi du salut obtenu dans le Christ, nous pouvons à notre tour témoigner que Jésus est le sauveur du monde. Il y a tellement de gens qui ont besoin aujourd’hui de ce renouveau intérieur. Pour cela nous rendons grâce de nouveau.

En somme, en manifestant Jésus de Nazareth comme le Christ, Fils de Dieu, le Baptiste nous a interpellé à faire comme lui une découverte. Il nous interpelle encore en 2011: Que crois-tu? Que peux-tu en dire? Es-tu assez passionné par lui? Si vous cherchez, vous trouverez.... Accueillons ces invitations qui nous sont faites aujourd’hui!.

lundi 10 janvier 2011

HOMÉLIE DU DIMANCHE 09 jan. 2011

BAPTÊME DE JÉSUS 2011

Pourquoi Jésus est-il allé se faire baptiser? Aurait-il besoin de conversion.... On comprend la surprise de Jean qui dit: “C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui vient à moi!” Jean sait que Jésus est le Messie et il est convaincu qu’il est la source d’un baptême plus grand encore. Jésus n’a pas besoin de conversion, mais il justifie sa démarche en disant qu’il doit accomplir ce qui est juste. La démarche du Christ est étonnante, peut-être plus encore que celle de Dieu qui va solennellement proclamer tantôt la divinité de Jésus. Jean-Baptiste a de quoi suffoquer, c’est à ne pas y croire. Aucun humain, quel qu’il soit, ne pouvait imaginer pareille compréhension de qui est Dieu!

La fête du Baptême de Jésus fait partie de celle de l’Épiphanie en ce sens qu’elle est une manifestation de Dieu qui veut bien se faire connaître. Le Baptême du Seigneur ferme donc le temps de Noël. Le nouveau-né de la crèche annoncé aux bergers, l’enfant-roi adoré par les Mages est maintenant un adulte. Il a vécu dans l’ombre pendant près de 30 ans à Nazareth, en Galilée. Voici venu pour lui le temps de se faire découvrir. Jésus paraît sur les bords du Jourdain où son cousin Jean prêche la pénitence et donne le baptême en guise de préparation nécessaire à la venue du Messie que tout Israélite attend fermement. Le pénitent est alors convié à s’immerger dans l’eau pour se faire purifier. Il ressort renouvelé et prêt à mener une vie nouvelle.

Pour notre tradition chrétienne, le fils du charpentier de Nazareth est le serviteur évoqué par le prophète dans la première lecture. Dieu le Père déclare qu’il est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour. Lors de son baptême Jésus est consacré par l’Esprit-Saint. Son père le confirme dans sa mission de libérer l’humanité du mal et de la faire vivre en communion avec lui, Dieu qui est plein de tendresse et d’amour pour elle. Le premier geste du Christ, a seuil de sa mission, en est un de solidarité avec toute cette foule qui est en quête d’espérance et de renouveau. C’est la raison pour que d’emblée il se place au milieu des pécheurs, avec ses frères et ses soeurs venus reconnaître leur besoin de conversion. On remarque que l’envoyé de Dieu ne les écrasera pas. Il ne les jugera pas non plus. D’ailleurs il passera sa vie à leur faire du bien. Il ouvrira leurs yeux, il libérera leurs coeurs captifs. Il contribuera à changer leur misère en espoir et en joie. Solidaire des petits et des pécheurs, Jésus sera pour eux la paix et la lumière, le guérisseur et le sauveur. Il va prendre sur lui les fautes de toute l’humanité et les porter jusqu’à la croix pour les en délivrer. Le Serviteur donnera sa vie pour tous ceux et celles qui se reconnaîtront au nombre des petits et des pécheurs qui ont besoin de salut. En joignant la file des pécheurs pour se faire baptiser, Jésus, pourtant l’élu, l’envoyé du Père, prend déjà sur lui les péchés du monde. Jean-Baptiste doit se faire à l’idée que le Messie ne vient pas avec le faste d’un roi, qu’il n’habite pas un palais, mais qu’il se montre solidaire d’une humanité qui a vraiment besoin d’être sauvée.

Alors le baptême de Jésus nous renvoie à notre propre baptême. Même si la plupart d’entre nous ne se souviennent pas d’avoir été baptisés, ce jour marquait le commencement de notre relation avec Dieu. Nous avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur. Peu de gens qui demandent le baptême pour un petit enfant en son vraiment conscients. Pourtant Dieu le Père reconnaît ces enfants comme ses fils et ses filles, au même titre que son Fils Jésus. De quel cadeau extraordinaire Dieu nous a-t-il comblé en mêlant sa divinité à notre humanité, en nous faisant entrer dans son intimité. Car c’est bien cela qui s’est produit. Ce jour-là le ciel s’est ouvert dans notre coeur et Dieu y a déposé tout son amour. Avons-nous accueilli ce don merveilleux? Il y a là une belle catéchèse à faire ou à refaire!

Sommes-nous conscients qu’être les fils et les filles de Dieu nous engage, comme Jésus l’a fait, à témoigner de notre ferme attachement au Père, à témoigner de son amour pour toute personne et à passer notre vie à faire tout le bien que nous pouvons? Nous pouvons porter dans nos milieu un feu qui apporte la paix et qui repousse le mal toujours présent. Nous portons une lumière pour éclairer les coins d’ombre, les nôtres et ceux des autres. Le baptême fait de nous des serviteurs et des servantes de la miséricorde, de la paix et de la joie. Une belle résolution pour la nouvelle année! Comment allons-nous le montrer, de quelle manière allons-nous manifester que nous sommes des serviteurs et des servantes d’un Père qui nous aime, d’un Fils qui est parmi nous et d’un Esprit qui est à l’oeuvre dans le monde? Que cette Eucharistie nous aide à y répondre.

Dans le même temps où nous contemplons cette scène évangélique, puissions-nous entendre la parole de Jésus: “Laisse-moi faire”. C’est le plus important: Laissons-le faire, mais tâchons de lui aider par notre collaboration au cours de la nouvelle année....

jeudi 23 décembre 2010

HOMÉLIE DE NOEL 2010

Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur

Au cours de notre vie nous avons connu toutes sortes de Noëls: de très heureux quand nous étions jeunes, plus tard des moins heureux...

Certains auront été l’occasion d’une grande tristesse. Il n’est pas rare d’entendre des gens affirmer qu’ils sont hâte que Noël soit passé, car il est pour eux un jour de grande solitude, marqué surtout par un manque d’amour. Noël est pourtant une fête porteuse de joie. Elle annonce et veut apporter la paix du coeur non seulement aux gens qui sont heureux mais aussi -et surtout-à ceux qui ne le sont pas.

Nous venons d’entendre saint Luc raconter comment Jésus est né à Bethléem, et dans quelles circonstances, il y a plus de 2000 ans. L’évangéliste nous parle de Marie, de Joseph, de Jésus. Il nous parle aussi des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. Très pauvres, les bergers n’allaient jamais au Temple. Ils étaient tenus à l’écart et souvent méprisés. Personne ne se vantait de les fréquenter. Le Seigneur les choisit pourtant et les enveloppe de la lumière de sa gloire. C’est à eux que l’Ange leur annonce cet extraordinaire message qu retentit encore aujourd’hui partout dans le monde: “Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur”. Les bergers vont se rendre à Bethléem où ils découvriront l’enfant et Marie, un moment de très grande joie pour eux. Ils savent maintenant qu’ils ne sont pas n’importe qui. Ils sont sûrs maintenant d’être aimés de Dieu. Ils s’émerveillent en réalisant que cet enfant vient de naître précisément pour les rendre heureux.

Pour bien célébrer Noël et le vivre comme un temps de joie et de bonheur, ne devrions-nous pas imiter les bergers dans leur simplicité? Ne devrions-nous pas approcher de la crèche avec un coeur d’enfants et accueillir le message de l’Ange?

Quand nous approchons, que voyons-nous? Souvent les enfants sont attirés par la présence de l’âne et du boeuf. Ces deux animaux ne sont certes pas les personnages les plus importants de la crèche: ils n’apparaissent même pas dans le récit évangélique... Mais ils donnent à penser que c’est pour tout l’univers créé et tout être vivant que Jésus est né. Pour être à la page il faudrait ajouter aujourd’hui une carte de l’univers avec toutes ces galaxies dont certaines portent peut-être des êtres capables de penser...

Dans la crèche il y a surtout Marie et Joseph. La jeune femme qui a cru aux paroles de l’ange Gabriel. Elle a laissé l’Esprit-Saint habiter en elle et a donné naissance au Fils de Dieu. Il y a aussi cet homme à qui Dieu a parlé dans son sommeil. Ces grands croyants sont pour nous des modèles. Devant la crèche remercions-les de s’être rendus pleinement disponibles aux désirs de Dieu, sans trop savoir où cela les conduirait. Demandons-nous ce que le Père attend maintenant de nous, pour que le mystère de la naissance de son Fils soit annoncé au monde qui, autant qu’autrefois, est pour nous en quête de joie, de bonheur, d’amour, d’espérance et de salut.

Le personnage le plus important de la crèche est évidemment le petit enfant de Marie. Contemplons-le longuement, réalisons qui il est, même si ça ne va pas de soi, dans un premier temps. Avant d’être fils de Marie, il est Fils de Dieu. Un enfant tout fragile, mais remarquez les lectures qui lui donnent aujourd’hui des titres étonnants: Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix, le Messie, le Seigneur.... Tout le sens de notre libération est là...

Les bergers trouveront Jésus emmailloté et couché dans une mangeoire. Elle est importante cette mangeoire, elle a valeur de signe. Elle nous dit que le Fils de Dieu est venu sur terre en se dépouillant et en se mettant d’abord au service des pauvres, des petits, des plus malheureux. La joie de Noël est assurément offerte à tout le monde, mais d’abord à tous les démunis que Jésus a rencontrés et de qui il s’est approché durant sa vie. Ne sommes-nous pas des pauvres à certains égards.... pensons aussi à nos frères et soeur d’Haïti.

Après avoir contemplé le Jésus de la crèche, prions-le. Pour que son désir de vivre en nous se réalise. Un poète allemand a écrit une phrase merveilleuse au sujet de Noël: “Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né”. Prions donc pour le Christ naisse en nous. Prions aussi pour les personnes avec lesquelles nous vivons et pour celles que nous rencontrons le plus souvent, ou celles pour qui Noël ne veut rien dire. Pensons à ce que ces personnes sont pour nous, à ce que nous sommes pour elles. Nommons ceux et celles que nous voulons confier au Fils de Dieu, ceux et celles qui vivent actuellement des jours difficiles.

Élargissons ensuite notre prière. Présentons au Christ tous les gens de notre quartier, de notre village, de notre ville, de notre province, de notre pays, du monde entier et plus loin encore peut-être! Prions pour qu’arrive enfin ce que le pape Jean-Paul II avait appelé “la civilisation de l’amour....”

N’oublions pas de prier pour notre Église. Elle vit des temps difficiles. Demandons au fils de Marie de nous aider à réaliser que, chacun et chacune pour notre part, nous sommes responsables de la vitalité de cette Église. En reprenant les mots de s. Paul, demandons-lui de nous purifier et de faire de nous “son peuple, un peuple ardent à faire le bien”. Heureux Noël à chacune et chacun d’entre vous!

vendredi 10 décembre 2010

HOMÉLIE DU DIMANCHE 12 dec. 2010

Les signes de Jésus

“Es-tu celui qui doit venir?” Jean-Baptiste et ses disciples se questionnent au sujet de l’identité et de la mission de Jésus. Leur question est en rapport avec l’attente d’un Messie en Israël, dans le fil de la tradition biblique. Mais, à nos oreilles d’aujourd’hui, comment peut résonner cette question? Nous vivons dans un monde bien différent. Après 2000 ans de christianisme, combien de peuple, combien de personnes ne partagent pas notre regard sur Jésus de Nazareth en qui nous, nous reconnaissons le Christ vivant. Globalement les medias le considèrent comme un maître spirituel du passé, un rabbi du premier siècle, un sage, un philosophe ou un personnage mythique inventé de toutes pièces. Même des chrétiens voient Jésus comme un grand personnage, mais dont l’influence est limitée Un point c’est tout!

Certes, notre foi se fonde sur le témoignage des premiers disciples, mais reconnaissons-nous en Jésus celui qui doit venir pour l’humanité de notre 21e siècle. A quels signes voyons-nous que sa vie, sa mort et sa résurrection continuent d’ouvrir pour nous un avenir différent?

Plus encore, en ce temps de l’Avent (3e semaine), chacun et chacune de nous est invité à se demander: le Christ est-il venu réellement dans ma vie? A quels signes puis-je reconnaître qu’il apporte aujourd’hui le salut en moi et autour de moi? A la question de Jean, Jésus ne répond pas par une grande déclaration à son propre sujet. Il les invite plutôt à écouter et à regarder les fruits de son action. Il reprend le même genre d’énumération que nous avons entendu dans la 1ère lect. ou dans le psaume. Ce sont les signes de l’avènement du Royaume déjà en marche. “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent”... La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... Mais que signifient ces signes pour nous concrètement aujourd’hui? Faut-il les comprendre au sens littéral et se mettre en quête de guérisons miraculeuses dans notre communauté. Oui, mais à notre époque ce sont des signes plus larges...

Notons bien que les signes du Royaume concernent aussi des corps fatigués, des perceptions faussées, des élans diminués, des relations coupées. Toutes les dimensions de la personne sont concernées. Par exemple: la personne qu’on dit aveugle se sent vulnérable quand elle sort de ses habitudes (par exemple dans telle fonction publique, tel travail de bureau). Elle est incapable de voir l’expression de la personne qui lui parle d’autres choses. Il y a des terrains sur lesquels elle ne s’avance pas. La noirceur ne vient-elle pas du manque d’attention ou de lucidité, du mensonge, du manque d’intérêt aux autres? Cette sorte d’aveuglement a des répercussions importantes sur la capacité de vivre en vérité avec soi, avec les autres et avec Dieu. L’aveuglement physique moins fréquent nous renvoie à une autre dimension de l’expérience humaine, encore plus fondamentale... La difficulté de s’ouvrir à d’autres dimensions.

Les signes de Jésus ne se limitent pas à la réparation des nerfs, des os, des muscles. Dans son regard compatissant s’exprime l’accueil doux et bienveillant que réserve Dieu à toutes nos infirmités, même les plus intimes. Il perçoit aussi les désirs de vie en plénitude qui se trouvent blessés, contrariés, même éteints chez les personnes. Par l’action de son Esprit au coeur de ce qui nous fait le plus souffrir, il nous guérit encore aujourd’hui, nous redresse, nous libère, nous remet en marche. La vie nouvelle qu’il nous communique vient transfigurer la mort qui nous menace de l’intérieur. C’est tout le mystère pascal qui est à l’oeuvre en ce temps de Noël.

Plongés dans la mort et la résurrection du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à le laisser venir en nous afin qu’il change progressivement nos coeurs et influence nos actions. Habités par l’Esprit qui nous apprend à aimer les autres comme Dieu nous aime, nous laissons progressivement nos attitudes et nos dispositions se transformer. Il s’agit de nous mettre à la suite du Christ: combattre le mal par notre générosité, libérer la parole, lutté pour la justice. En dépit de nos limites, de nos blessures, de nos fermetures, le Christ fait venir le Royaume dans nos relations et nos actions. Nous n’arrivons pas à faire tout le bien qu’on souhaiterait, nous commettons même le mal que nous promettions d’éviter. Mais Jésus nous accueille avec notre misère et nos aspirations contrariées. Il nous guérit de l’intérieur pour que nous laissions un peu plus transparaître son amour. A même nos blessures, il crée en nous plus d’ouvertures aux autres, un don de soi plus spontanée, plus libre, plus gratuit. La venue du Seigneur se poursuit ainsi et nous pouvons discerner plus clairement autour de nous les signes de son Royaume.

Traditionnellement on associe le 3e dimanche de l’Avent à la joie. Notre attente est pleine d’espérance. Le Seigneur est déjà à l’oeuvre parmi nous. Aujourd’hui encore, il accomplit des signes de vie nouvelle. Le coeur est à la louange, continuons la célébration de l’Eucharistie.

Un mot en terminant: cet après midi à 14h00 (12/12/10), célébration du pardon à l’église Ste-Praxède. Quatre prêtres seront à votre disposition pour invoquer la réconciliation dont nous avons besoin et accueillir le pardon de Dieu requis pour bien vivre Noël. A 16h30 des jeunes du Cegep donneront un concert dont les profits iront à nos frères et soeurs d’Haïti. Ce sera la clôture de notre projet pour cette année. Notre contribution à l’amélioration de la vie de nos frères et soeurs d’Haïti, aussi modeste soit-elle, est un signe de l’arrivée du Royaume parmi nous. Amen!

samedi 4 décembre 2010

HOMÉLIE DU DIMANCHE 05 dec. 2010

Dieu et notre Seigneur Jésus

Des gens qui sont des spécialistes de l’Écriture ont eu la tentation d’opposer la rigueur et la sévérité de l’Ancien T. à la miséricorde et à la douceur dans le Nouveau T. Ils ont mis en opposition le Dieu du ciel, lointain mystérieux, et Jésus, plus proche de nous. Ce passage de l’Evangile, comme d’ailleurs certaines paroles assez fortes de Jésus, met en défaut cette lecture un peu simpliste. Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, nous trouvons la force et la bonté, la rigueur et la patience, la sévérité et la miséricorde de Dieu. L’Écriture, l’Ancien et le Nouveau T. forme un tout; elle est une, car c’est le même Dieu qui s’y révèle, qui nous aime et qui veut nous sauver. C’est vrai encore aujourd’hui.

Comme le dit s. Paul dans la lettre aux Romains: “Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire”. Mais alors, comment concilier, comment réconcilier cette image d’un Dieu sévère et exigeant, tel que nous le présente aujourd’hui Jean-Baptiste, avec le Dieu de tendresse et de bonté, le Prince de la Paix, la douce Lumière que nous annonce le temps de l’Avent? Dieu aurait-il deux visages, serait-il un Dieu imprévisible et changeant? Certainement pas. Si quelqu’un est bien fidèle et plein d’amour, c’est bien notre Dieu et notre Seigneur Jésus. L’Écriture ne nous révèle pas un Dieu ayant un double visage. Mais elle nous montre les diverses facettes d’un même amour qui se dévoile dans l’infinie diversité de nos existences humaines.

Vous le savez, vous les parents, peut-être les mères en particulier. Si vous avez de temps en temps, quelque parole un peu forte, si vous corrigez parfois avec un peu de rigueur vos enfants, ce n’est pas par manque d’amour, mais c’est parce que votre amour est plus grand que votre besoin d’être aimés. Vous savez que l’amour veut d’abord le bien de l’autre, avant de rechercher sont propre avantage. Certains événements de la vie, les passages difficiles, les épreuves nous font souffrir, c’est vrai. Nous pouvons en ressentir des malaises, même des ressentiments à l’égard de Dieu... Nous aurait-il abandonné? Aurait-il fermé ses entrailles de miséricorde? Certainement pas. Mais comme le dit le psaume, il nous est bon parfois d’être un peu secoués, pour découvrir que nous faisons fausse route, que nous risquions même de nous perdre. Dans sa tendresse, Dieu ne nous abandonne pas à nos caprices, à nos paresses. Il nous reprend, nous corrige, nous bouscule même, parce qu’il nous aime. Nous avons sans doute fait l’expérience de ces amours pleins de force et d’exigence, de bonté et de miséricorde, qui ne sont jamais fatigués de nous relever, de nous consoler quand nous étions dans la peine, de nous secouer quand nous risquions de sombrer dans le sommeil ou même dans l’oubli.

Jean-Baptiste, comme tous les prophètes de l’A.T., est le signe de cet amour infatigable de Dieu pour chacun de nous. Notre monde n’a-t-il pas besoin d’être aussi réveillé, secoué, lui qui glisse si facilement dans le matérialisme et l’indifférence. En nous rappelant, avec insistance, que Dieu nous aime de cet amour fort et bienveillant, l’Église nous redit à quel point nous sommes importants pour Lui, quelle valeur infinie nous avons à ses yeux. Il ne veut surtout pas nous perdre, perdre un seul de ces petits. Car il a donné sa vie pour nous. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

Alors, même conscient de cela, ce n’est pas demain la veille “qu’il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu” dans nos sociétés. Nous ne pouvons ignorer la multiplicité, la diversité et la complexité des personnes et des situations actuelles. L’arrivé de la justice et de la paix entre tous les humains ne va pas de soi. Mais si, personnellement, nous acceptons de nous laisser changer, transformer, le monde peu à peu changera. L’Avent est un temps d’arrêt dans le bruit de notre vie pour nous permettre de prendre conscience du nécessaire changement de notre coeur. Personne ne peut le faire à notre place.

Bien sûr, la conversion n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Nous pouvons manquer de confiance et nous décourager. Nous sommes des êtres fragiles, désireux de nous mettre en valeur ou de faire comme les autres pour ne pas nous attirer de critique. Mais il nous faut tenir bon “grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture” comme dit s. Paul. Et la Parole nous affirme que Dieu garantit ses promesses. Reconnaissons que nous avons besoin de la grâce de celui qui vient vers nous. C’est elle qui nous incite, dès maintenant, à puiser dans les forces qui nous habitent et à ouvrir la route à celui qui vient. Ainsi, nous serons en mesure d’accueillir et de vivre pleinement la joie de Noël.

Donc, souvenons-nous que nous sommes en Avent. Ce temps nous renvoie aussi à l’avènement final du Christ. Y a-t-il un espace dans ma vie qui est ouvert à la venue du Christ ressuscité, terme l’histoire humaine et de la mienne. Est-ce que j’y pense de temps en temps? Sur les jeunes, et même sur les vieilles souches, peut surgir un rejeton plein de vie. Quel secteur de ma vie a grand besoin d’être régénéré? Dimanche prochain nous vivrons un temps de pardon et de réconciliation.

vendredi 12 novembre 2010

HOMÉLIE DU DIMANCHE 14 NOV 2010

L’ANNONCE DE LA FIN DU MONDE

Comme si tous les malheurs actuels ne suffisaient pas.... Comme si la crainte du réchauffement de la planète, les menaces terroristes, les désastres écologiques, la pollution, les inondations les rumeurs de guerre, etc... vous allez dire: pourquoi l’évangile vient en rajouter avec l’annonce de la fin du monde? Pour nous aujourd’hui, quel sens peuvent avoir ces lignes ce matin? Comment çela a pu avoir du sens pour les personnes de toutes les époques qui ont entendu ces paroles (car il y a toujours eu dans le passé des malheurs, en quelque part sur la planète.)

C’est plutôt un avertissement que nous fait Jésus. “Ne vous laissez pas égarer, car beaucoup viendront en mon nom... Ne marchez pas derrière eux!”. Cette mise en garde est toujours d’actualité: notre époque a vu apparaître toutes sortes de gourous qui abusent de la naïveté des gens. Des faux christs qui utilisent les catastrophes actuelles pour dominer et entraîner certaines personnes plus fragiles ou angoissées sur des chemins sans issue, sinon pour profiter de leur porte-monnaie. Depuis les années 60 c’est par centaines qu’on dénombre les groupes sectaires au Québec et parmi eux des spécialistes en prédiction de la fin des temps. “Ne vous laissez pas impressionner”, dit Jésus. Que penser de la prédiction de la fin du monde pour le 21 décembre 2012?

Comme les disciples émerveillés par la beauté du temple de Jérusalem (une des merveilles du monde à l’époque) nous admirons nous autres aussi les prouesses de la technique actuelle: la diffusion de l’internet, l’électronique miniaturisée, la conquête spatiale, les miracles des nouvelles méthodes de chirurgie, etc... et pourtant il y a des fragilités dans tout cela. La distance croissante entre les riches et les pauvres, les licenciements, les scandales financiers sont un danger pour l’équilibre social et mondial; quand la justice est bafouée, la paix est menacée. Nous sommes plus vulnérables qu’il paraît: une panne électrique générale, une inondation, un ouragan, un nouveau virus plus résistant et l’édifice est secoué. La menace terroriste fait trembler bien des pays. La perte des repères et des valeurs morales cause le désarroi de bien des personnes, dont des jeunes qui ne savent plus distinguer entre le bien et le mal, le virtuel et le réel. Dans nos vies bien des choses peuvent basculer du jour au lendemain. La vie est si fragile... on le chante à la radio!

L’Évangile nous invite donc de façon pressante à rechercher le roc solide de la foi et de la Parole de Dieu pour appuyer nos vies. Notre assurance vient du Seigneur. C’est par votre persévérance, votre constance que vous obtiendrez la vie. “N’ayez pas peur”.. c’est aussi la parole prophétique de Jean-Paul II au tout début de son pontificat. Elle rejoignait celle de Jésus à ses disciples avant son grand départ. Il s’agit entre-temps de rendre témoignage sereinement, positivement de ses convictions, même si elles causes des rires ou des moqueries. “Tu crois encore à ça, toi!” Dans ces moments-là ne vous préoccupez pas trop de trouver les mots, il vous sera donné un langage de sagesse qui vous surprendra vous-mêmes. Ça vous est peut-être déjà arrivé. “.Ne craignez pas, relevez la tête, votre délivrance est proche” dit Jésus!

Le témoignage le plus convaincant n’est pas celui des discours éloquents, mais celui des actes. C’est le sérieux apporté à nos tâches quotidiennes, une certaine détente et une joie de vivre, la confiance en l’avenir, qui parlent le plus fort. S. Paul reprochait justement à de jeunes communautés de s’être laissées démoraliser à cause d’une attente mal comprise du retour du Seigneur.

La destruction du temple qui est arrivée effectivement dans les années 70 n’a rien changé dans l’attitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Il est resté fidèle à son alliance. Même, il a édifié désormais un nouveau temple, c’est le grand Corps de Jésus ressuscité dont nous sommes les cellules, les pierres vivantes. Jésus nous appelle donc à la paix intérieure, à la sérénité! Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu: consolant pour ceux qui en ont moins...

L’Eucharistie nous aide à tenir bon dans nos convictions. Elle fait grandir notre union avec le Seigneur et entre nous. Elle nous aide à devenir des signes de sa présence au milieu d’un monde inquiet. Elle contribue à construire le nouveau Temple spirituel où Dieu est adoré en esprit et en vérité.... c’est l’Église, la communauté que nous formons. Par ailleurs, avouons-le, une Église elle aussi fortement secouée....

En fait, nous assistons plutôt à la fin d’un monde, d’une époque: aussi, à la fin d’une manière de faire Église. A nous de travailler à faire venir le Jour du Seigneur, d’inventer une nouvelle manière de vivre en paroisse, dans des regroupements dont on n’a pas le choix mais qu’il faut inventer. Tout en nous engageant pour plus de justice, pour contrer les préjugés, en dénonçant les combats d’arrière garde. Rappelons-nous les paroles de Jésus: “Je vous inspirerai moi-même un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance, ni contradiction,... C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie...”

mercredi 3 novembre 2010

HOMÉLIE DU DIMANCHE 7 NOV 2010

LA VIE APRES LA MORT

Le mois de novembre nous offre l’occasion de réfléchir un peu plus sur la mort. On a beau chasser de notre esprit cette perspective obligée, elle est toujours là. Accident, suicide, cancer, etc. Dans une même famille l’un meurt à trente ans, l’autre à 90 ans; celui qu’on considérait comme un bon gars meurt jeune, l’autre qui a une vie déréglée semble immortel. On dit: c’est pas juste. Le vieillard malade depuis longtemps dira: le bon Dieu m’a oublié!

Autrefois la mort était marquée par la crainte du jugement, la peur de l’enfer. Les rites funéraires étaient austère, tragiques. “Dies irae, dies illa” chantions-nous, “jour de colère que celui-là!” L’église des funérailles était tapissée en noir de même que les vêtements liturgiques. Aujourd’hui c’est le contraire. On dit plutôt: la personne est partie pour un monde meilleur. On a tendance à atténuer l’idée du deuil, de la rupture. On célèbre davantage la vie de la personne défunte. Au salon, on va projeter des photos qui la montrent lors d’un repas, jouant au golf ou avec ses petits enfants.

Autrefois on cultivait beaucoup la mémoire: un long temps de deuil, messes anniversaires, visites nombreuses au cimetière. Maintenant il arrive qu’on veuille faire vite, comme pour chasser un mauvais souvenir: quelques heures au salon ou à l’église, corps non exposé, incinération. On ne célèbre plus la mort, on l’expédie. Une enquête tend à révéler qu’une personne sur trois décédée au Québec ne ferait l’objet d’aucun rite formel de funérailles. Beaucoup de cendres ne sont jamais réclamées par les proches du défunt ou encore dispersées au vent dans un coin de nature; ce qui indique l’indifférence des vivants à l’égard de leurs morts ou du moins l’inconfort d’y penser. Et il nous reste quand même une question brûlante, lourde de sens, autrement profonde, sur la signification de l’existence humaine: y a-t-il une vie après la mort?

Il est difficile de nous représenter une vie après la vie sans puiser dans les réalités de la vie actuelle. On rêve de paysages luxuriants, à des îles enchantées, à des parties de chasse ou de pêche fabuleuses. Chacun s’invente un ciel selon ses pulsions ou ses désirs. Les musulmans parlent d’un jardin de délice avec de jeunes vierges... Ou encore, quelqu’un qui croyait à la réincarnation disait: je vais pouvoir revenir pour utiliser les nouveaux gadgets toujours plus performants qu’on voit dans les films de science-fiction, les voyages dans l’espace... l’autre plus prosaïque disait: je vais pouvoir retourner chez McDonald!

Quel lien avec l’Évangile d’aujourd’hui? Justement, des gens qui ne croyaient pas à la résurrection, les sadducéens, imaginaient celle-ci comme une copie de la vie présente. La loi de Moïse obligeait un jeune frère à épouser la veuve de l’aîné, si celui-ci était mort sans laisser d’enfant. Engendrer un enfant, pour les juifs, c’était comme prolonger son existence. Mourir sans enfant c’était comme disparaître définitivement. Alors on tentait de ridiculiser Jésus avec ce cas où sept frères auraient épousé la même veuve... on imagine quelle belle chicane une fois rendus au ciel.... Jésus leur dit: quand je vous parle de résurrection, vous n’avez rien compris. La résurrection des corps ça ne veut pas dire la réanimation d’un cadavre une fois rendu dans l’au-delà ou à la fin des temps. C’est l’accomplissement de toute la personne, corps et âme, esprit et mémoire, dans une vie transformée. Il faut parler de toute la personne vivant dans la lumière et la paix de Dieu. Quand on parle de corps dans la langue de Jésus on désigne toute la personne et non le soutien matériel seul, physique, qui se détruit.

On risque dans la pensée courante d’imaginer l’autre monde comme une amélioration du monde présent: plus de santé, plus de confort, plus de plaisirs, plus de musique, etc... mais l’expérience sérieuse de notre vécu devrait nous conduire vers d’autres horizons. Qu’est-ce qui est essentiel dans la vie: est-ce posséder une maison, une grosse voiture, ramasser de l’argent? Toutes sortes de choses qu’il faut quitter un jour: la maison vers un appart ou le CHLD, la voiture pour la marchette, le compte de banque pour le testament. Ce qui reste vraiment ce sont les relations que nous avons tissées: les amitiés, les amours, la tendresse donnée, les pardons accordés, l’espérance semée et les joies partagées. Il faut une vie pour apprendre cette leçon, pour passer de l’environnement des choses matérielles à la transparence de l’amour, de l’accueil, de la bonté. C’est de ces réalités que l’au-delà est fait. Ce sont elles seules qu’on apporte avec nous, celles qui ont modelé notre vraie personnalité et qui survivent dans la résurrection. En somme, il faut traverser la vie pour finalement rencontrer Dieu. Celui que Jésus appelle “Père”, le Dieu des vivants.

La résurrection, c’est vivre en Dieu, comme une planète autour du soleil, entrer dans son attraction, y trouver la plénitude, toute notre personne étant transformée. Il n’y a pas de mots pour dire cela. Des fois, une perception ou une expérience peut en donner un petit aperçu, un flash, comme dans un grand amour, devant un coucher de soleil, la beauté d’une fleur ou d’une mélodie. Certains grands musiciens ont créé des œuvres qui nous amènent près de l’éternité. Dans la foi, on peut saisir alors que la vie éternelle est déjà commencée, car en Dieu, même fragiles et mortels, nous recevons des bribes de cette vie. Nous sommes filles et fils du Père, héritiers de la résurrection. C’est normal qu’on reçoive de petits avant-goûts de notre héritage. Gardons l’oeil ouvert et surtout donnons plus de place dans nos vies à la Parole de Dieu qui, sans le décrire, nous dit des choses importantes sur l’au-delà.