Jésus nous tend la main
Premier dim. du Carême 2010
Aujourd’hui, Jésus nous tend la main et nous offre de marcher à nos côtés durant ces quarante jours du Carême qui débute. Il nous donne l’exemple parce que chacun de nous connaissons des tentations dans le champ de nos faiblesses, de nos instincts, de nos fantasmes, de nos appétits. Nous avons toutes et tous des points faibles. Jésus a accepté d’être tenté lui-même pour nous enseigner comment on peut vaincre et remporter la victoire sur ces terrains. Les trois tentations de Jésus nous montre que sa Passion n’a pas duré seulement une douzaine de jours ( comme on voit dans les films) mais s’est déroulée tout au long de son ministère. Les trois tentations au désert résument ce contre quoi il devait constamment lutter. Tentation de la possession, de l’avoir, tentation du pouvoir facile et de l’idolâtrie...
Nous aussi, le désir de posséder nous incite à miser notre vie sur le matériel, avec cet appétit d’accumuler les biens, les plaisirs jusqu’à y perdre le vrai sens de la vie, à y sacrifier notre âme. Le vertige aussi de contrôler, qui nous incline à tasser les autres, les dominer: la volonté de puissance, de faire plier l’autre par la force. Enfin, il y a aussi l’ivresse de paraître, de parader, qui nous pousse au désir d’être admiré, adulé. Les médias sont souvent la courroie de transmission de cette soif de paraître: qu’on pense à tous les Stars Académie, les Canadian ou American Idols, etc....
Personne, aussi croyants que nous soyons, n’est à l’abri. Ces tentations sont subtiles, elles sont véhiculées par l’air du temps. Elles arrivent au moment où l’on s’en attend le moins. “Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation” dira Jésus à ses amis inconscients. Nous avons tous des zones de fragilité, un défaut de la cuirasse que nous connaissons ou que nous ne découvrons qu’après coup.
Jésus a voulu connaître ces tentations pour se faire proche de notre condition. Les tentations au désert l’ont atteint justement au moment où il était le plus fragilisé: il avait faim après un long jeûne, il n’avait pas d’autres pouvoirs que celui du service et de l’amour de ses frères et soeurs, il était seul, méconnu, dénué de toute réputation. Mis au pied du mur!.
Durant son long séjour au désert, le peuple de l’Ancien Testament, tenté lui aussi, avait craqué; les gens avaient réclamé des miracles pour de la nourriture en abondance, avaient adoré le veau d’or à l’exemple des peuples païens, avaient tenté de forcer la main de Dieu. Jésus, lui, a tenu le coup. C’est pourquoi il est devenu notre modèle, notre guide, notre force de résistance.
Première tentation, celle de la possession des biens: “puisque tu es divin, fais du pain avec ces pierres. Dans tous les quartiers du monde, fais surgir des supermarchés où tout est gratuit: la chaîne Jésus de Nazareth Inc. Tu seras très populaire, les gens vont te suivre les yeux fermés”. Jésus rétorque au démon: “Ce n’est pas seulement de pain matériel que l’être humain doit vivre... la parole de Dieu est aussi une nourriture.” Dans notre monde où les biens surabondent et où l’on peut même s’y noyer, trop souvent l’essentiel est oublié ou remis à plus tard. Viens nous libérer Seigneur, donne-nous la faim et la soif de l’essentiel: la vraie vie reçue à notre Baptême que ta Parole et ton Pain viennent entretenir, développer en nous de semaine en semaine...
Seconde tentation: “Tu pourrais être fameux, connu de toute la terre, si tu entres dans le système. Incline-toi devant le pouvoir de l’argent, vois tous ces royaumes, je te les donne”. Jésus répond: “C’est le Seigneur ton Dieu seulement que tu adoreras!” Les idoles veulent prendre la place de Dieu. Elles sont encore nombreuses aujourd’hui et n’hésitent pas à s’appeler idoles, de leur vrai nom. Les médias nous tiennent au courant de leurs amours, de leur aventures. Le peuple s’en nourrit avec ce goût d’insignifiance qui force à toujours y revenir. Une idole par définition c’est seulement du décor, de la crème fouettée sur rien . Nous avons besoin d’appuyer notre vie sur du solide. Tourne ton coeur vers le Père, fais-lui confiance! C’est ce que Jésus a fait; par la prière il a été constamment en contact avec son Père du ciel. Il a fait sa volonté jusqu’au bout. Malgré une apparence d’échec total de sa vie, il l’a finalement réussie.
Troisième tentation: forcer la main de Dieu en l’obligeant à prendre nos responsabilités. Nous organisons souvent notre vie sans le consulter et si ça va mal, nous le lui reprochons. Arrive une épreuve, on la lui met sur le dos, alors qu’on se passe bien de lui le reste du temps. “Jette-toi en bas du mur du Temple, fais du “bungee” sans élastique et Dieu sera bien obligé de te ramasser au dernier moment.” Jésus répond: “Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.” Apprends-nous Seigneur à demeurer en dialogue avec Toi pour que notre vie soit conforme à ton projet sur nous.
Voilà les tentations que Jésus a vaincues. Nous faisons face à certaines d’entre elles. Malgré leur côté laborieux, elles sont comme des cadeaux puisqu’elles nous permettent de grandir dans la confiance et de nous réfugier près de Lui. Les épreuves nous ramènent à notre dignité d’êtres humains créés libres et capables de choisir entre le bon et le mauvais. C’est en fait la main de Dieu qui se tend vers nous et nous demande notre “oui” à sa volonté de salut et de vrai bonheur pour toutes et tous. C’est l’occasion de réaffirmer notre confiance en l’action discrète de notre Dieu car souvent nos manques, nos pertes, nos souffrances la remettent en question. Il est difficile de faire confiance quand on souffre, mais cet acte de foi est notre planche de salut. Puissions-nous, surtout en ce temps de Carême, savoir discerner les empreintes digitales de notre Dieu dans les événements de chaque jour. Puissions-nous nous placer avec confiance entre les mains du Père pour hériter de la belle liberté propre à ses enfants.
Aucun message portant le libellé Homélie du 1ier dimanche carême 2010. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Homélie du 1ier dimanche carême 2010. Afficher tous les messages
vendredi 26 février 2010
mercredi 17 février 2010
HEUREUX OU MALHEUREUX
Homélie 6e dim. Ord. 14 fevrier 2010
Heureux ou malheureux, “ tamti-deli-delam”chante Gilles Vigneault. Être heureux, n’est-ce pas le rêve de tout le monde? Si on tape le mot “bonheur” sur l’Internet, dans un moteur de recherche, on obtient 30 millions de suggestions de sites à visiter. C’est clair, la recherche du bonheur est une préoccupation universellement répandue!
A chaque début d’année on échange nos voeux: on parle de santé, de prospérité et d’un peu de bonheur avant la fin de vos jours (...) Le bonheur, mais de quoi est-il fait? Il y a l’amour bien sûr, le bonheur de se sentir aimé et d’aimer. Heureux les couples qui fêteront aujourd’hui la St-Valentin. Malheureux le monsieur qui a oublié d’apporté des fleurs, du chocolat, ou de faire une réservation au restaurant!
Le bonheur c’est aussi un minimum de moyens matériels. L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça rend le malheur un peu plus supportable. Comme disait l’autre: “ça pourrait aller mieux mais ça coûterait plus cher!” La course au bonheur est en lien avec ce que l’argent permet d’acquérir: de la sécurité, un certain confort, des plaisirs. Les médias nous le promettent et on essaie de nous vendre tout ça (qui n’a pas rêvé d’avoir des abdos bien sculptés!). Qui ne s’est pas laissé tenter d’acheter un billet pour le gros Lot qui en une soirée peut faire des millionnaires? D’autres se tournent vers des paradis artificiels, par l’alcool, le jeu ou la drogue. Pour d’autres enfin, le bonheur réside dans l’épanouissement personnel, la promotion illimitée du Je-Me-Moi. On veut être bien dans sa peau et encore plus. Pourtant la course au bonheur fait bien des victimes d’épuisement personnel ou de dépression.
Jésus nous propose aujourd’hui un drôle de bonheur dans l’Évangile des béatitudes. Jésus n’est pas contre le bonheur, il prononce ce mot tellement souvent. Il nous dit: voulez-vous être heureux, je vais vous donner mon secret. On pense et on dit souvent dans les médias que Dieu est contre le bonheur, que les religions n’ont apporté que des guerres et des affrontements. C’est le discours officiel (la pensée unique au Québec!) quand on parle de l’héritage judéo-chrétien qui n’aurait cultivé que la culpabilité, la hantise du péché, où tout plaisir ou toute réjouissance étaient défendus. Il fallait se priver ici-bas et tout endurer en attendant la récompense au ciel. Et quelle récompense: être assis sur des tablettes pour écouter la musique des anges. Ça doit être long!
Là-dessus l’Église n’est pas sans reproches non plus. On a insisté parfois beaucoup plus sur les exclusions et les interdits, plutôt que sur la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous aime. Les béatitudes elles-mêmes peuvent être mal comprises quand elles sont lues au premier degré. L’Idéal serait d’être pauvre, d’avoir faim, de pleurer, de se laisser taper dessus....drôle de bonheur! Jésus ne fait pas l’éloge de la pauvreté ou de la détresse humaine. Il ne veut pas condamner en nous la joie de vivre. Il nous rappelle que Dieu nous aime trop pour que nous réduisions notre bonheur à notre seule réussite matérielle. Les béatitudes invitent à un certain renoncement qui va à contre-courant de l’idée généralement admise du bonheur. Car les biens matériels apportent toujours une insatisfaction. On le voit dans la tentative de toujours accumuler davantage, dont on est témoin dans les procès, suite aux scandales financiers. Dans cette recherche de bonheur, au fond, n’est-ce pas Dieu que nous cherchons, celui seul qui est capable de donner la vraie paix et la joie du coeur? Le chemin que Jésus nous propose passe par la vie concrète avec ses épreuves bien assumées, sans tentative de fuite ou d’évasion, qui débouchent sur la résurrection. Et ceci dépasse la vie terrestre.
On en a peut-être assez de ce monde encombré d’objets où on rêve de posséder toujours plus. De ce monde où on se soucie davantage du profit des actionnaires que du bien-être des travailleurs/euses. De ce monde qui gaspille, sans se soucier du lendemain, les ressources naturelles. Si on opte comme beaucoup de gens aujourd’hui, pour la simplicité volontaire, la gratuité dans le don, la fraternité, la justice, la vie prendra une toute autre couleur, même si on se rend compte qu’on rame à contre-courant. Si on en a assez de ce monde qui produit du maïs pour fabriquer du carburant pour les autos, alors qu’un milliard de personnes souffrent de la faim. Alors que d’autres jettent leurs surplus pour garder les prix plus élevés.
Devenir plus conscient de ça c’est avoir faim et soif de la justice, peut-être pour un moment pleurer avec ceux qui pleurent (en Haïti). C’est mieux que de favoriser la loi du plus fort, la dureté du coeur, la vengeance. Oser la miséricorde et le pardon c’est goûter intérieurement une grande satisfaction. Si on en a assez de ce monde qui méprise ce qui vient de Dieu, qui ridiculisent les croyantes et les croyants, si on ose le dire, on ne fera pas l’unanimité mais on éprouvera un contentement réel. Vivre quotidiennement dans la foi et la conviction que Dieu marche avec nous, s’appuyer sur les promesses du ressuscité, c’est trouver au fond de soi un bonheur que le monde ne peut donner. Essayez et vous verrez, nous dit Jésus aujourd’hui. Faites ça et vous vivrez!strong>
Heureux ou malheureux, “ tamti-deli-delam”chante Gilles Vigneault. Être heureux, n’est-ce pas le rêve de tout le monde? Si on tape le mot “bonheur” sur l’Internet, dans un moteur de recherche, on obtient 30 millions de suggestions de sites à visiter. C’est clair, la recherche du bonheur est une préoccupation universellement répandue!
A chaque début d’année on échange nos voeux: on parle de santé, de prospérité et d’un peu de bonheur avant la fin de vos jours (...) Le bonheur, mais de quoi est-il fait? Il y a l’amour bien sûr, le bonheur de se sentir aimé et d’aimer. Heureux les couples qui fêteront aujourd’hui la St-Valentin. Malheureux le monsieur qui a oublié d’apporté des fleurs, du chocolat, ou de faire une réservation au restaurant!
Le bonheur c’est aussi un minimum de moyens matériels. L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça rend le malheur un peu plus supportable. Comme disait l’autre: “ça pourrait aller mieux mais ça coûterait plus cher!” La course au bonheur est en lien avec ce que l’argent permet d’acquérir: de la sécurité, un certain confort, des plaisirs. Les médias nous le promettent et on essaie de nous vendre tout ça (qui n’a pas rêvé d’avoir des abdos bien sculptés!). Qui ne s’est pas laissé tenter d’acheter un billet pour le gros Lot qui en une soirée peut faire des millionnaires? D’autres se tournent vers des paradis artificiels, par l’alcool, le jeu ou la drogue. Pour d’autres enfin, le bonheur réside dans l’épanouissement personnel, la promotion illimitée du Je-Me-Moi. On veut être bien dans sa peau et encore plus. Pourtant la course au bonheur fait bien des victimes d’épuisement personnel ou de dépression.
Jésus nous propose aujourd’hui un drôle de bonheur dans l’Évangile des béatitudes. Jésus n’est pas contre le bonheur, il prononce ce mot tellement souvent. Il nous dit: voulez-vous être heureux, je vais vous donner mon secret. On pense et on dit souvent dans les médias que Dieu est contre le bonheur, que les religions n’ont apporté que des guerres et des affrontements. C’est le discours officiel (la pensée unique au Québec!) quand on parle de l’héritage judéo-chrétien qui n’aurait cultivé que la culpabilité, la hantise du péché, où tout plaisir ou toute réjouissance étaient défendus. Il fallait se priver ici-bas et tout endurer en attendant la récompense au ciel. Et quelle récompense: être assis sur des tablettes pour écouter la musique des anges. Ça doit être long!
Là-dessus l’Église n’est pas sans reproches non plus. On a insisté parfois beaucoup plus sur les exclusions et les interdits, plutôt que sur la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous aime. Les béatitudes elles-mêmes peuvent être mal comprises quand elles sont lues au premier degré. L’Idéal serait d’être pauvre, d’avoir faim, de pleurer, de se laisser taper dessus....drôle de bonheur! Jésus ne fait pas l’éloge de la pauvreté ou de la détresse humaine. Il ne veut pas condamner en nous la joie de vivre. Il nous rappelle que Dieu nous aime trop pour que nous réduisions notre bonheur à notre seule réussite matérielle. Les béatitudes invitent à un certain renoncement qui va à contre-courant de l’idée généralement admise du bonheur. Car les biens matériels apportent toujours une insatisfaction. On le voit dans la tentative de toujours accumuler davantage, dont on est témoin dans les procès, suite aux scandales financiers. Dans cette recherche de bonheur, au fond, n’est-ce pas Dieu que nous cherchons, celui seul qui est capable de donner la vraie paix et la joie du coeur? Le chemin que Jésus nous propose passe par la vie concrète avec ses épreuves bien assumées, sans tentative de fuite ou d’évasion, qui débouchent sur la résurrection. Et ceci dépasse la vie terrestre.
On en a peut-être assez de ce monde encombré d’objets où on rêve de posséder toujours plus. De ce monde où on se soucie davantage du profit des actionnaires que du bien-être des travailleurs/euses. De ce monde qui gaspille, sans se soucier du lendemain, les ressources naturelles. Si on opte comme beaucoup de gens aujourd’hui, pour la simplicité volontaire, la gratuité dans le don, la fraternité, la justice, la vie prendra une toute autre couleur, même si on se rend compte qu’on rame à contre-courant. Si on en a assez de ce monde qui produit du maïs pour fabriquer du carburant pour les autos, alors qu’un milliard de personnes souffrent de la faim. Alors que d’autres jettent leurs surplus pour garder les prix plus élevés.
Devenir plus conscient de ça c’est avoir faim et soif de la justice, peut-être pour un moment pleurer avec ceux qui pleurent (en Haïti). C’est mieux que de favoriser la loi du plus fort, la dureté du coeur, la vengeance. Oser la miséricorde et le pardon c’est goûter intérieurement une grande satisfaction. Si on en a assez de ce monde qui méprise ce qui vient de Dieu, qui ridiculisent les croyantes et les croyants, si on ose le dire, on ne fera pas l’unanimité mais on éprouvera un contentement réel. Vivre quotidiennement dans la foi et la conviction que Dieu marche avec nous, s’appuyer sur les promesses du ressuscité, c’est trouver au fond de soi un bonheur que le monde ne peut donner. Essayez et vous verrez, nous dit Jésus aujourd’hui. Faites ça et vous vivrez!strong>
Libellés :
Homélie du 1ier dimanche carême 2010
S'abonner à :
Messages (Atom)
