Commentaire sur l’Évangile du 18 septembre 2011
La parabole des travailleurs de la dernière heure.
Permettez-moi de partager avec vous mes impressions sur l’Évangile d’aujourd’hui.
D’abord, lorsque j’ai lu le texte, il me semblait que c’était injuste que ceux qui ont travaillé plus longtemps à la vigne reçoive le même salaire que ceux qui sont arrivés en dernier. Mais pour comprendre, je me suis mise à la place des personnes qui, toute leur vie, errent et cherchent le bonheur. Ces personnes qui tentent de combler leurs soifs par toutes sortes de choses, mais qui, dans le fond, ne sont pas heureux. Au cours de leur vie, ces personnes, sans maître, s’égarent sur des chemins obscurs, croyant avoir pris de bonnes décisions. Elles se retrouvent profondément seules au fond d’eux-mêmes, parce qu’elles n’ont pas rencontré le Maître de la Vie.
Alors, tout ce temps perdu à chercher, à errer loin du Maître, tout ce temps doit-il être compté ? Doit- il être puni ? De toute façon, la solitude et la tristesse d’être sans vie loin du Maître est déjà une punition en soi.
Et si nous avions rencontré ce Maître si bon, si généreux, si patient qu’est Dieu. Si nous l’avions rencontré avant, aurions nous plus de mérites que ceux qui ne le connaissent pas ? Notre seul mérite est de rester fidèle à sa vigne et d’avoir dit « oui » à l’Amour. Mais ce « oui » se renouvelle à chaque jour en acceptant que Dieu soit dans ma vie et qu’il soit le maître de ma vie. Alors, j’accepte donc que ce ne soit pas moi le maître de ma vie. Mon seul pouvoir est que dans chaque situation, je peux choisir de suivre l’Amour ou de le refuser.
Voici un exemple concret d’une dame de 50 ans qui venait de vivre un grand changement dans son cœur. Elle venait de rencontrer Dieu. Ce changement s’appelle une conversion. Elle était toute triste et elle me disait : « si j’avais su avant, si j’avais su ». J’étais triste avec elle parce que, comme dans la parabole de Jésus, son cœur était « resté à ne rien faire » durant tout ce temps. Comme si son cœur n’avait pas été engagé à aimer profondément. Car, on a tous besoin de quelqu’un qui nous engage. Qui nous dise : « j’ai besoin de toi, veux-tu aimer ? » et qui nous dise notre importance. Et nous avons la responsabilité de répondre.
Puis notre réponse ne se fait pas seulement en parole, mais c’est par des actions concrètes qu’on peut percevoir ceux qui travaillent à la vigne de ceux qui cherchent encore. Ceux qui sont à la vigne ne sont pas meilleurs que les autres. Non. Ils sont simplement répondus à l’appel du Maître.
Marie-Hélène Dufour
Agente de pastorale
mardi 20 septembre 2011
samedi 12 février 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 06 fev. 2011
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde »
Les jours rallongent heureusement. Mercredi fête de la Présentation, l’Église a reconnu en Jésus la lumière du monde et la gloire du peuple de Dieu. Le fait que le Christ éclaire nos vies est déjà une bonne nouvelle. Nous avons reçu sa lumière le jour de notre baptême et nous avançons dans la vie en enfants de lumière. Il faut que nous en soyons conscients. A cette grâce de Dieu est attachée une grande responsabilité, une mission. Pas seulement pour les curés et les gens de la pastorale. Au moment où nous sommes rassemblés autour de Jésus pour écouter sa parole, il nous redit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». Jésus ressuscité compte sur nous pour éclairer la nuit de notre monde . Nous sommes bien conscients de ce que ça veut dire. Disciples du Christ, nous avons la responsabilité de répandre autour de nous le goût de l’Évangile. Quelle confiance le Seigneur nous fait mais aussi quel défi!
Lorsque Jésus emploie les images du sel et de la lumière, il y voit quelque chose de bon. Mais de nos jours, le sel a mauvaise presse. Nous en mangeons trop : attention aux maladies cardiaques. Des firmes se spécialisent dans des produits sans sel. Quant à la lumière, du moins celle du soleil, il faut nous en protéger : attention au cancer de la peau! Cette méfiance moderne s’apparente étrangement à la réaction de bien de nos contemporains par rapport à l’Église et à ses prises de parole. Dans ces conditions, il faut le reconnaître humblement : être le sel de la terre et la lumière du monde n’est pas une mince affaire.
Comment demeurer fidèles à la mission confiée par Jésus à ses disciples? Nous préférerions sans doute rester tranquillement chez nous plutôt que de courir le risque d’éloigner nos proches en prenant la parole ou en agissant au nom de notre foi. Pourtant la mission dont parle Jésus dans l’Évangile n’est pas réservée à ceux et celles qui sont officiellement mandatés par l’Église pour une charge pastorale. Jésus s’adressait à tous ses disciples quand il disait : « Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde ». Tout le peuple de Dieu, celui que nous formons est chargé de transmettre aux autres le goût de l’Évangile et de faire briller la lumière du Christ au milieu des ténèbres de la vie. Et les occasions ne manquent pas, on n’a qu’à feuilleter nos journaux.
Il est normal que l’ampleur de cette mission suscite de l’inquiétude, de l’inconfort. Cela peut nous paralyser, nous empêcher de témoigner de notre foi. C’est bon pour les autres ou comme on dit aujourd’hui : Pas dans ma cour! Il importe alors de nous rappeler que depuis le matin de Pâques, l’annonce de l’Évangile ne va pas sans risque. Paul disait dans la 2e lect. : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse… C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis venu chez vous. Mon langage, ma proclamation de l’évangile n’avaient rien à voir avec le langage d’une sagesse qui veut convaincre ». Si le grand saint Paul a vécu de tels sentiments envers sa mission, n’est-il pas normal que nous soyons aussi craintifs et tout tremblants devant la responsabilité que nous confie le Christ?
Donc, il faut connaître les secrets d’un bon assaisonnement. Prenons au sérieux la manière avec laquelle Jésus décrit la mission qu’il nous confie : « Vous êtes le sel de la terre ». S’il ne faut pas abuser du sel, il ne faut pas s’en abstenir totalement. Apprenons à être de bonnes cuisinières, de bons cuistots. Pas assez d’épices, le plat est fade, sans goût. Trop d’épices et la sauce est gâchée. De même, il faut apprendre à respecter la sensibilité de celles et ceux que le Seigneur place sur notre route. Il faut savoir comment doser la manière dont nous parlons au nom de notre foi. N’ayons pas peur de parler, mais ayons toujours assez d’humilité pour demander à l’Esprit-Saint de nous inspirer la parole qu’il faut, celle qui rejoindra les coeurs. N’oublions pas non plus de lui demander de préparer le cœur de celles et ceux à qui nous témoignerons de notre foi. Parfois même le silence vaut mieux; les gens nous regardent agir. Notre manière d’être parle aussi, elle est éloquente.
Il faut savoir aussi les secrets d’un bon éclairage. Jésus nous dit : « Vous êtes la lumière du monde ». Après la présentation d’un film, si on allume les lumières à pleine puissance, les gens seront aveuglés. Évitons d’imposer le faisceau de nos projecteurs dans les yeux des gens. Offrons plutôt la lumière du Christ qui est douce. La première lettre de Pierre dit : « Ayez au milieu des païens une conduite excellente; ainsi, alors même qu’ils vous calomnient… ils auront devant les yeux vos actions et ils rendront gloire à Dieu ». Choisissons d’offrir la lumière plutôt que de l’imposer. Pour cela, nous pouvons nous inspirer de ce que le prophète disait dans la première lecture : « Partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtements, ne pas te dérober à ton semblable... Si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi ». Ces paroles nous viennent de loin, mais elles sont toujours actuelles. Que vos paroles et vos actions témoignent sans cesse de votre foi.
Nous sommes donc sel de la terre et lumière du monde parce que celui en qui nous croyons, Jésus-Christ, est la lumière qui s’est levée sur ceux qui habitent le pays de l’ombre et de la mort. Comme lui nous avons à assaisonner le monde en lui donnant la saveur de l’Évangile. Notre mission, comme la sienne, est un chemin difficile mais pas impossible. En étant avertis ce qui se passe dans notre société, nous constatons qu’il y a place pour le témoignage chrétien.
Aussi, si nous regardons attentivement nous allons découvrir que beaucoup de gens remplissent, souvent sans le savoir, cette consigne par leur façon de vivre. Leur bonne humeur donne le goût de vivre, écartent les mauvais présages, donne confiance en l’avenir. Leur foi parle d’elle-même. A l’occasion des Fêtes récentes, on a vu au Québec par exemple, un accroissement significatif de la participation aux messes de Noël. C’est assez généra l selon une enquête récente. Nous pouvons témoigner que des gens ont donné l’exemple. S’il y a un goût pour écouter de nouveau la Parole de Jésus, soyons de ceux et celles qui en favoriseront la possibilité. Profitons de toutes les occasions du quotidien pour témoigner en paroles et en actes de l’espérance qui habite nos cœurs.
Les jours rallongent heureusement. Mercredi fête de la Présentation, l’Église a reconnu en Jésus la lumière du monde et la gloire du peuple de Dieu. Le fait que le Christ éclaire nos vies est déjà une bonne nouvelle. Nous avons reçu sa lumière le jour de notre baptême et nous avançons dans la vie en enfants de lumière. Il faut que nous en soyons conscients. A cette grâce de Dieu est attachée une grande responsabilité, une mission. Pas seulement pour les curés et les gens de la pastorale. Au moment où nous sommes rassemblés autour de Jésus pour écouter sa parole, il nous redit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». Jésus ressuscité compte sur nous pour éclairer la nuit de notre monde . Nous sommes bien conscients de ce que ça veut dire. Disciples du Christ, nous avons la responsabilité de répandre autour de nous le goût de l’Évangile. Quelle confiance le Seigneur nous fait mais aussi quel défi!
Lorsque Jésus emploie les images du sel et de la lumière, il y voit quelque chose de bon. Mais de nos jours, le sel a mauvaise presse. Nous en mangeons trop : attention aux maladies cardiaques. Des firmes se spécialisent dans des produits sans sel. Quant à la lumière, du moins celle du soleil, il faut nous en protéger : attention au cancer de la peau! Cette méfiance moderne s’apparente étrangement à la réaction de bien de nos contemporains par rapport à l’Église et à ses prises de parole. Dans ces conditions, il faut le reconnaître humblement : être le sel de la terre et la lumière du monde n’est pas une mince affaire.
Comment demeurer fidèles à la mission confiée par Jésus à ses disciples? Nous préférerions sans doute rester tranquillement chez nous plutôt que de courir le risque d’éloigner nos proches en prenant la parole ou en agissant au nom de notre foi. Pourtant la mission dont parle Jésus dans l’Évangile n’est pas réservée à ceux et celles qui sont officiellement mandatés par l’Église pour une charge pastorale. Jésus s’adressait à tous ses disciples quand il disait : « Vous êtes le sel de la terre… vous êtes la lumière du monde ». Tout le peuple de Dieu, celui que nous formons est chargé de transmettre aux autres le goût de l’Évangile et de faire briller la lumière du Christ au milieu des ténèbres de la vie. Et les occasions ne manquent pas, on n’a qu’à feuilleter nos journaux.
Il est normal que l’ampleur de cette mission suscite de l’inquiétude, de l’inconfort. Cela peut nous paralyser, nous empêcher de témoigner de notre foi. C’est bon pour les autres ou comme on dit aujourd’hui : Pas dans ma cour! Il importe alors de nous rappeler que depuis le matin de Pâques, l’annonce de l’Évangile ne va pas sans risque. Paul disait dans la 2e lect. : « Quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse… C’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je suis venu chez vous. Mon langage, ma proclamation de l’évangile n’avaient rien à voir avec le langage d’une sagesse qui veut convaincre ». Si le grand saint Paul a vécu de tels sentiments envers sa mission, n’est-il pas normal que nous soyons aussi craintifs et tout tremblants devant la responsabilité que nous confie le Christ?
Donc, il faut connaître les secrets d’un bon assaisonnement. Prenons au sérieux la manière avec laquelle Jésus décrit la mission qu’il nous confie : « Vous êtes le sel de la terre ». S’il ne faut pas abuser du sel, il ne faut pas s’en abstenir totalement. Apprenons à être de bonnes cuisinières, de bons cuistots. Pas assez d’épices, le plat est fade, sans goût. Trop d’épices et la sauce est gâchée. De même, il faut apprendre à respecter la sensibilité de celles et ceux que le Seigneur place sur notre route. Il faut savoir comment doser la manière dont nous parlons au nom de notre foi. N’ayons pas peur de parler, mais ayons toujours assez d’humilité pour demander à l’Esprit-Saint de nous inspirer la parole qu’il faut, celle qui rejoindra les coeurs. N’oublions pas non plus de lui demander de préparer le cœur de celles et ceux à qui nous témoignerons de notre foi. Parfois même le silence vaut mieux; les gens nous regardent agir. Notre manière d’être parle aussi, elle est éloquente.
Il faut savoir aussi les secrets d’un bon éclairage. Jésus nous dit : « Vous êtes la lumière du monde ». Après la présentation d’un film, si on allume les lumières à pleine puissance, les gens seront aveuglés. Évitons d’imposer le faisceau de nos projecteurs dans les yeux des gens. Offrons plutôt la lumière du Christ qui est douce. La première lettre de Pierre dit : « Ayez au milieu des païens une conduite excellente; ainsi, alors même qu’ils vous calomnient… ils auront devant les yeux vos actions et ils rendront gloire à Dieu ». Choisissons d’offrir la lumière plutôt que de l’imposer. Pour cela, nous pouvons nous inspirer de ce que le prophète disait dans la première lecture : « Partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtements, ne pas te dérober à ton semblable... Si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi ». Ces paroles nous viennent de loin, mais elles sont toujours actuelles. Que vos paroles et vos actions témoignent sans cesse de votre foi.
Nous sommes donc sel de la terre et lumière du monde parce que celui en qui nous croyons, Jésus-Christ, est la lumière qui s’est levée sur ceux qui habitent le pays de l’ombre et de la mort. Comme lui nous avons à assaisonner le monde en lui donnant la saveur de l’Évangile. Notre mission, comme la sienne, est un chemin difficile mais pas impossible. En étant avertis ce qui se passe dans notre société, nous constatons qu’il y a place pour le témoignage chrétien.
Aussi, si nous regardons attentivement nous allons découvrir que beaucoup de gens remplissent, souvent sans le savoir, cette consigne par leur façon de vivre. Leur bonne humeur donne le goût de vivre, écartent les mauvais présages, donne confiance en l’avenir. Leur foi parle d’elle-même. A l’occasion des Fêtes récentes, on a vu au Québec par exemple, un accroissement significatif de la participation aux messes de Noël. C’est assez généra l selon une enquête récente. Nous pouvons témoigner que des gens ont donné l’exemple. S’il y a un goût pour écouter de nouveau la Parole de Jésus, soyons de ceux et celles qui en favoriseront la possibilité. Profitons de toutes les occasions du quotidien pour témoigner en paroles et en actes de l’espérance qui habite nos cœurs.
Libellés :
Homélie 5e Dimanche ordinaire 2011
dimanche 16 janvier 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 16 jan. 2011
“Qui est Jésus pour vous?”
Il en faut du temps pour connaître quelqu’un. Par ex. si je vous demandais aujourd’hui: “Qui est Jésus pour vous?” vous seriez peut-être un peu embarrassé, ben... c’est Dieu! Et pourtant, depuis des années nous accueillons son message à chaque dimanche. Nous nous identifions à lui lorsque nous nous disons chrétiens et chrétiennes. Malgré tout, la personne de Jésus reste un peu voilée, mystérieuse. Certains voient en lui une sorte de prophète, chargé d’annoncer que Dieu aime le monde. D’autres ne verront jamais plus en lui qu’un bel exemple de vie à imiter. D’autres diront que c’est le héros d’une belle histoire. Qui est ce Jésus que Jean-Baptiste voit s’avancer vers lui? Qui est cet homme qui vient vers nous chaque dimanche quand nous partageons sa Parole et son pain de Vie. Pourtant nous ne l’avons jamais vu! Le curé qui vous en parle, le fait peut-être pour passer le temps!
Nous avons célébré sa naissance à Noël, et dimanche dernier, son baptême dans les eaux du Jourdain. Aujourd’hui la Parole nous fait pénétrer encore plus profondément dans le mystère du Christ. Ainsi quand nous lisons l’Évangile tout porte à croire que Jean Baptiste connaissait bien Jésus. Il sait qu’il est le fils de Marie et Joseph, qu’il vient de Nazareth et qu’il est de sa parenté. Pourtant Jean ne le connaît pas parfaitement. Par deux fois il dira: “Je ne le connaissais pas” Pourquoi donc...
Ce dont parle Jean, c’est d’un autre type de connaissance, plus profonde, plus intérieure. Il le connaissait comme homme, mais il n’avait jamais vu en lui autre chose. Il n’était jamais entré dans son mystère. Et voilà ce qui va se faire. Heureusement pour nous, l’autre Jean (celui de l’Évangile) a vu et entendu lui aussi. Il peut donc en témoigner et nous révéler quelque chose dont il a pris conscience avec le temps à propos du Christ. Il commence ainsi son récit: “Comme Jean Baptiste voyait venir Jésus vers lui, il dit: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” Pour les gens qui entendent cette parole il s’agit d’une vraie révélation. Éclairé, le Baptiste ne se contente pas d’annoncer la venue du Messie, il nous le montre en disant, en substance: “Voici: l’homme qui est devant vous n’est pas un homme ordinaire. C’est lui l’élu, le Fils de Dieu, le serviteur qui prend sur lui le péché du monde». Ce dont finalement dont témoigne le Baptiste, ce qu’il a vu, c’est l’Esprit descendre sur Jésus et demeurer sur lui. La venue de l’Esprit accomplissant les Écritures, a été le signe par lequel il a reconnu le Fils de Dieu. Il peut donc attester, appuyé par la voix du Père, qu’il se trouve en présence du Serviteur dont parle la 1ère lecture, extraite du livre d’Isaïe qui annonçait un jour sa venue.
Aujourd’hui, comme dimanche dernier, ce que nous voyons du Fils de Dieu, c’est l’amour du Père au coeur de toute la vie de Jésus. Cet amour, le Christ a pour mission de le manifester au monde. La raison d’être de sa vie est de devenir une offrande, comme celle de l’agneau offert en sacrifice, afin que tous les humains en soient convaincus, soient sauvés du péché et de la mort. Tel est en effet son mystère, particulièrement quand il se donne à nous au moment où nous venons communier, par exemple. D’un côté, il y a le Messie qui se donne, de l’autre, chacun et chacune de nous qui recevons de lui ce que nous sommes incapables de nous donner par nous-mêmes, c’est-à-dire, la vie éternelle. Heureux et heureuses les invités au repas du Seigneur, disons-nous avant de communier. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde... Quand nous communions, ce que nous recevons dépasse de loin ce que nous en comprenons.... Jésus est notre Sauveur!
Un jour nous avons été baptisés/es, nous appartenons au monde nouveau inauguré par le baptême de Jésus. Un monde nouveau où le Christ, notre Sauveur, a déjà tout transformé par sa mort et sa résurrection. Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par Jésus au cours de cette année... A marcher à sa suite, à nous laisser humaniser par lui chaque jour. Comme l’écrit s.Paul dans la seconde lecture, “nous sommes les membres d’un peuple saint...sanctifié par Jésus.”
Nous sommes solidaires de toutes les communautés qui le connaissent et invoquent son nom. Parce que nous bénéficions nous aussi du salut obtenu dans le Christ, nous pouvons à notre tour témoigner que Jésus est le sauveur du monde. Il y a tellement de gens qui ont besoin aujourd’hui de ce renouveau intérieur. Pour cela nous rendons grâce de nouveau.
En somme, en manifestant Jésus de Nazareth comme le Christ, Fils de Dieu, le Baptiste nous a interpellé à faire comme lui une découverte. Il nous interpelle encore en 2011: Que crois-tu? Que peux-tu en dire? Es-tu assez passionné par lui? Si vous cherchez, vous trouverez.... Accueillons ces invitations qui nous sont faites aujourd’hui!.
Il en faut du temps pour connaître quelqu’un. Par ex. si je vous demandais aujourd’hui: “Qui est Jésus pour vous?” vous seriez peut-être un peu embarrassé, ben... c’est Dieu! Et pourtant, depuis des années nous accueillons son message à chaque dimanche. Nous nous identifions à lui lorsque nous nous disons chrétiens et chrétiennes. Malgré tout, la personne de Jésus reste un peu voilée, mystérieuse. Certains voient en lui une sorte de prophète, chargé d’annoncer que Dieu aime le monde. D’autres ne verront jamais plus en lui qu’un bel exemple de vie à imiter. D’autres diront que c’est le héros d’une belle histoire. Qui est ce Jésus que Jean-Baptiste voit s’avancer vers lui? Qui est cet homme qui vient vers nous chaque dimanche quand nous partageons sa Parole et son pain de Vie. Pourtant nous ne l’avons jamais vu! Le curé qui vous en parle, le fait peut-être pour passer le temps!
Nous avons célébré sa naissance à Noël, et dimanche dernier, son baptême dans les eaux du Jourdain. Aujourd’hui la Parole nous fait pénétrer encore plus profondément dans le mystère du Christ. Ainsi quand nous lisons l’Évangile tout porte à croire que Jean Baptiste connaissait bien Jésus. Il sait qu’il est le fils de Marie et Joseph, qu’il vient de Nazareth et qu’il est de sa parenté. Pourtant Jean ne le connaît pas parfaitement. Par deux fois il dira: “Je ne le connaissais pas” Pourquoi donc...
Ce dont parle Jean, c’est d’un autre type de connaissance, plus profonde, plus intérieure. Il le connaissait comme homme, mais il n’avait jamais vu en lui autre chose. Il n’était jamais entré dans son mystère. Et voilà ce qui va se faire. Heureusement pour nous, l’autre Jean (celui de l’Évangile) a vu et entendu lui aussi. Il peut donc en témoigner et nous révéler quelque chose dont il a pris conscience avec le temps à propos du Christ. Il commence ainsi son récit: “Comme Jean Baptiste voyait venir Jésus vers lui, il dit: Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” Pour les gens qui entendent cette parole il s’agit d’une vraie révélation. Éclairé, le Baptiste ne se contente pas d’annoncer la venue du Messie, il nous le montre en disant, en substance: “Voici: l’homme qui est devant vous n’est pas un homme ordinaire. C’est lui l’élu, le Fils de Dieu, le serviteur qui prend sur lui le péché du monde». Ce dont finalement dont témoigne le Baptiste, ce qu’il a vu, c’est l’Esprit descendre sur Jésus et demeurer sur lui. La venue de l’Esprit accomplissant les Écritures, a été le signe par lequel il a reconnu le Fils de Dieu. Il peut donc attester, appuyé par la voix du Père, qu’il se trouve en présence du Serviteur dont parle la 1ère lecture, extraite du livre d’Isaïe qui annonçait un jour sa venue.
Aujourd’hui, comme dimanche dernier, ce que nous voyons du Fils de Dieu, c’est l’amour du Père au coeur de toute la vie de Jésus. Cet amour, le Christ a pour mission de le manifester au monde. La raison d’être de sa vie est de devenir une offrande, comme celle de l’agneau offert en sacrifice, afin que tous les humains en soient convaincus, soient sauvés du péché et de la mort. Tel est en effet son mystère, particulièrement quand il se donne à nous au moment où nous venons communier, par exemple. D’un côté, il y a le Messie qui se donne, de l’autre, chacun et chacune de nous qui recevons de lui ce que nous sommes incapables de nous donner par nous-mêmes, c’est-à-dire, la vie éternelle. Heureux et heureuses les invités au repas du Seigneur, disons-nous avant de communier. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde... Quand nous communions, ce que nous recevons dépasse de loin ce que nous en comprenons.... Jésus est notre Sauveur!
Un jour nous avons été baptisés/es, nous appartenons au monde nouveau inauguré par le baptême de Jésus. Un monde nouveau où le Christ, notre Sauveur, a déjà tout transformé par sa mort et sa résurrection. Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par Jésus au cours de cette année... A marcher à sa suite, à nous laisser humaniser par lui chaque jour. Comme l’écrit s.Paul dans la seconde lecture, “nous sommes les membres d’un peuple saint...sanctifié par Jésus.”
Nous sommes solidaires de toutes les communautés qui le connaissent et invoquent son nom. Parce que nous bénéficions nous aussi du salut obtenu dans le Christ, nous pouvons à notre tour témoigner que Jésus est le sauveur du monde. Il y a tellement de gens qui ont besoin aujourd’hui de ce renouveau intérieur. Pour cela nous rendons grâce de nouveau.
En somme, en manifestant Jésus de Nazareth comme le Christ, Fils de Dieu, le Baptiste nous a interpellé à faire comme lui une découverte. Il nous interpelle encore en 2011: Que crois-tu? Que peux-tu en dire? Es-tu assez passionné par lui? Si vous cherchez, vous trouverez.... Accueillons ces invitations qui nous sont faites aujourd’hui!.
Libellés :
Homélie 2e DIMANCHE DU TEMPS ORD. 2011
lundi 10 janvier 2011
HOMÉLIE DU DIMANCHE 09 jan. 2011
BAPTÊME DE JÉSUS 2011
Pourquoi Jésus est-il allé se faire baptiser? Aurait-il besoin de conversion.... On comprend la surprise de Jean qui dit: “C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui vient à moi!” Jean sait que Jésus est le Messie et il est convaincu qu’il est la source d’un baptême plus grand encore. Jésus n’a pas besoin de conversion, mais il justifie sa démarche en disant qu’il doit accomplir ce qui est juste. La démarche du Christ est étonnante, peut-être plus encore que celle de Dieu qui va solennellement proclamer tantôt la divinité de Jésus. Jean-Baptiste a de quoi suffoquer, c’est à ne pas y croire. Aucun humain, quel qu’il soit, ne pouvait imaginer pareille compréhension de qui est Dieu!
La fête du Baptême de Jésus fait partie de celle de l’Épiphanie en ce sens qu’elle est une manifestation de Dieu qui veut bien se faire connaître. Le Baptême du Seigneur ferme donc le temps de Noël. Le nouveau-né de la crèche annoncé aux bergers, l’enfant-roi adoré par les Mages est maintenant un adulte. Il a vécu dans l’ombre pendant près de 30 ans à Nazareth, en Galilée. Voici venu pour lui le temps de se faire découvrir. Jésus paraît sur les bords du Jourdain où son cousin Jean prêche la pénitence et donne le baptême en guise de préparation nécessaire à la venue du Messie que tout Israélite attend fermement. Le pénitent est alors convié à s’immerger dans l’eau pour se faire purifier. Il ressort renouvelé et prêt à mener une vie nouvelle.
Pour notre tradition chrétienne, le fils du charpentier de Nazareth est le serviteur évoqué par le prophète dans la première lecture. Dieu le Père déclare qu’il est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour. Lors de son baptême Jésus est consacré par l’Esprit-Saint. Son père le confirme dans sa mission de libérer l’humanité du mal et de la faire vivre en communion avec lui, Dieu qui est plein de tendresse et d’amour pour elle. Le premier geste du Christ, a seuil de sa mission, en est un de solidarité avec toute cette foule qui est en quête d’espérance et de renouveau. C’est la raison pour que d’emblée il se place au milieu des pécheurs, avec ses frères et ses soeurs venus reconnaître leur besoin de conversion. On remarque que l’envoyé de Dieu ne les écrasera pas. Il ne les jugera pas non plus. D’ailleurs il passera sa vie à leur faire du bien. Il ouvrira leurs yeux, il libérera leurs coeurs captifs. Il contribuera à changer leur misère en espoir et en joie. Solidaire des petits et des pécheurs, Jésus sera pour eux la paix et la lumière, le guérisseur et le sauveur. Il va prendre sur lui les fautes de toute l’humanité et les porter jusqu’à la croix pour les en délivrer. Le Serviteur donnera sa vie pour tous ceux et celles qui se reconnaîtront au nombre des petits et des pécheurs qui ont besoin de salut. En joignant la file des pécheurs pour se faire baptiser, Jésus, pourtant l’élu, l’envoyé du Père, prend déjà sur lui les péchés du monde. Jean-Baptiste doit se faire à l’idée que le Messie ne vient pas avec le faste d’un roi, qu’il n’habite pas un palais, mais qu’il se montre solidaire d’une humanité qui a vraiment besoin d’être sauvée.
Alors le baptême de Jésus nous renvoie à notre propre baptême. Même si la plupart d’entre nous ne se souviennent pas d’avoir été baptisés, ce jour marquait le commencement de notre relation avec Dieu. Nous avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur. Peu de gens qui demandent le baptême pour un petit enfant en son vraiment conscients. Pourtant Dieu le Père reconnaît ces enfants comme ses fils et ses filles, au même titre que son Fils Jésus. De quel cadeau extraordinaire Dieu nous a-t-il comblé en mêlant sa divinité à notre humanité, en nous faisant entrer dans son intimité. Car c’est bien cela qui s’est produit. Ce jour-là le ciel s’est ouvert dans notre coeur et Dieu y a déposé tout son amour. Avons-nous accueilli ce don merveilleux? Il y a là une belle catéchèse à faire ou à refaire!
Sommes-nous conscients qu’être les fils et les filles de Dieu nous engage, comme Jésus l’a fait, à témoigner de notre ferme attachement au Père, à témoigner de son amour pour toute personne et à passer notre vie à faire tout le bien que nous pouvons? Nous pouvons porter dans nos milieu un feu qui apporte la paix et qui repousse le mal toujours présent. Nous portons une lumière pour éclairer les coins d’ombre, les nôtres et ceux des autres. Le baptême fait de nous des serviteurs et des servantes de la miséricorde, de la paix et de la joie. Une belle résolution pour la nouvelle année! Comment allons-nous le montrer, de quelle manière allons-nous manifester que nous sommes des serviteurs et des servantes d’un Père qui nous aime, d’un Fils qui est parmi nous et d’un Esprit qui est à l’oeuvre dans le monde? Que cette Eucharistie nous aide à y répondre.
Dans le même temps où nous contemplons cette scène évangélique, puissions-nous entendre la parole de Jésus: “Laisse-moi faire”. C’est le plus important: Laissons-le faire, mais tâchons de lui aider par notre collaboration au cours de la nouvelle année....
Pourquoi Jésus est-il allé se faire baptiser? Aurait-il besoin de conversion.... On comprend la surprise de Jean qui dit: “C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui vient à moi!” Jean sait que Jésus est le Messie et il est convaincu qu’il est la source d’un baptême plus grand encore. Jésus n’a pas besoin de conversion, mais il justifie sa démarche en disant qu’il doit accomplir ce qui est juste. La démarche du Christ est étonnante, peut-être plus encore que celle de Dieu qui va solennellement proclamer tantôt la divinité de Jésus. Jean-Baptiste a de quoi suffoquer, c’est à ne pas y croire. Aucun humain, quel qu’il soit, ne pouvait imaginer pareille compréhension de qui est Dieu!
La fête du Baptême de Jésus fait partie de celle de l’Épiphanie en ce sens qu’elle est une manifestation de Dieu qui veut bien se faire connaître. Le Baptême du Seigneur ferme donc le temps de Noël. Le nouveau-né de la crèche annoncé aux bergers, l’enfant-roi adoré par les Mages est maintenant un adulte. Il a vécu dans l’ombre pendant près de 30 ans à Nazareth, en Galilée. Voici venu pour lui le temps de se faire découvrir. Jésus paraît sur les bords du Jourdain où son cousin Jean prêche la pénitence et donne le baptême en guise de préparation nécessaire à la venue du Messie que tout Israélite attend fermement. Le pénitent est alors convié à s’immerger dans l’eau pour se faire purifier. Il ressort renouvelé et prêt à mener une vie nouvelle.
Pour notre tradition chrétienne, le fils du charpentier de Nazareth est le serviteur évoqué par le prophète dans la première lecture. Dieu le Père déclare qu’il est son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour. Lors de son baptême Jésus est consacré par l’Esprit-Saint. Son père le confirme dans sa mission de libérer l’humanité du mal et de la faire vivre en communion avec lui, Dieu qui est plein de tendresse et d’amour pour elle. Le premier geste du Christ, a seuil de sa mission, en est un de solidarité avec toute cette foule qui est en quête d’espérance et de renouveau. C’est la raison pour que d’emblée il se place au milieu des pécheurs, avec ses frères et ses soeurs venus reconnaître leur besoin de conversion. On remarque que l’envoyé de Dieu ne les écrasera pas. Il ne les jugera pas non plus. D’ailleurs il passera sa vie à leur faire du bien. Il ouvrira leurs yeux, il libérera leurs coeurs captifs. Il contribuera à changer leur misère en espoir et en joie. Solidaire des petits et des pécheurs, Jésus sera pour eux la paix et la lumière, le guérisseur et le sauveur. Il va prendre sur lui les fautes de toute l’humanité et les porter jusqu’à la croix pour les en délivrer. Le Serviteur donnera sa vie pour tous ceux et celles qui se reconnaîtront au nombre des petits et des pécheurs qui ont besoin de salut. En joignant la file des pécheurs pour se faire baptiser, Jésus, pourtant l’élu, l’envoyé du Père, prend déjà sur lui les péchés du monde. Jean-Baptiste doit se faire à l’idée que le Messie ne vient pas avec le faste d’un roi, qu’il n’habite pas un palais, mais qu’il se montre solidaire d’une humanité qui a vraiment besoin d’être sauvée.
Alors le baptême de Jésus nous renvoie à notre propre baptême. Même si la plupart d’entre nous ne se souviennent pas d’avoir été baptisés, ce jour marquait le commencement de notre relation avec Dieu. Nous avons été baptisés dans l’eau et le feu de l’Esprit-Saint. Nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur. Peu de gens qui demandent le baptême pour un petit enfant en son vraiment conscients. Pourtant Dieu le Père reconnaît ces enfants comme ses fils et ses filles, au même titre que son Fils Jésus. De quel cadeau extraordinaire Dieu nous a-t-il comblé en mêlant sa divinité à notre humanité, en nous faisant entrer dans son intimité. Car c’est bien cela qui s’est produit. Ce jour-là le ciel s’est ouvert dans notre coeur et Dieu y a déposé tout son amour. Avons-nous accueilli ce don merveilleux? Il y a là une belle catéchèse à faire ou à refaire!
Sommes-nous conscients qu’être les fils et les filles de Dieu nous engage, comme Jésus l’a fait, à témoigner de notre ferme attachement au Père, à témoigner de son amour pour toute personne et à passer notre vie à faire tout le bien que nous pouvons? Nous pouvons porter dans nos milieu un feu qui apporte la paix et qui repousse le mal toujours présent. Nous portons une lumière pour éclairer les coins d’ombre, les nôtres et ceux des autres. Le baptême fait de nous des serviteurs et des servantes de la miséricorde, de la paix et de la joie. Une belle résolution pour la nouvelle année! Comment allons-nous le montrer, de quelle manière allons-nous manifester que nous sommes des serviteurs et des servantes d’un Père qui nous aime, d’un Fils qui est parmi nous et d’un Esprit qui est à l’oeuvre dans le monde? Que cette Eucharistie nous aide à y répondre.
Dans le même temps où nous contemplons cette scène évangélique, puissions-nous entendre la parole de Jésus: “Laisse-moi faire”. C’est le plus important: Laissons-le faire, mais tâchons de lui aider par notre collaboration au cours de la nouvelle année....
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Homelie publier le 10 jan.2011
jeudi 23 décembre 2010
HOMÉLIE DE NOEL 2010
Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur
Au cours de notre vie nous avons connu toutes sortes de Noëls: de très heureux quand nous étions jeunes, plus tard des moins heureux...
Certains auront été l’occasion d’une grande tristesse. Il n’est pas rare d’entendre des gens affirmer qu’ils sont hâte que Noël soit passé, car il est pour eux un jour de grande solitude, marqué surtout par un manque d’amour. Noël est pourtant une fête porteuse de joie. Elle annonce et veut apporter la paix du coeur non seulement aux gens qui sont heureux mais aussi -et surtout-à ceux qui ne le sont pas.
Nous venons d’entendre saint Luc raconter comment Jésus est né à Bethléem, et dans quelles circonstances, il y a plus de 2000 ans. L’évangéliste nous parle de Marie, de Joseph, de Jésus. Il nous parle aussi des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. Très pauvres, les bergers n’allaient jamais au Temple. Ils étaient tenus à l’écart et souvent méprisés. Personne ne se vantait de les fréquenter. Le Seigneur les choisit pourtant et les enveloppe de la lumière de sa gloire. C’est à eux que l’Ange leur annonce cet extraordinaire message qu retentit encore aujourd’hui partout dans le monde: “Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur”. Les bergers vont se rendre à Bethléem où ils découvriront l’enfant et Marie, un moment de très grande joie pour eux. Ils savent maintenant qu’ils ne sont pas n’importe qui. Ils sont sûrs maintenant d’être aimés de Dieu. Ils s’émerveillent en réalisant que cet enfant vient de naître précisément pour les rendre heureux.
Pour bien célébrer Noël et le vivre comme un temps de joie et de bonheur, ne devrions-nous pas imiter les bergers dans leur simplicité? Ne devrions-nous pas approcher de la crèche avec un coeur d’enfants et accueillir le message de l’Ange?
Quand nous approchons, que voyons-nous? Souvent les enfants sont attirés par la présence de l’âne et du boeuf. Ces deux animaux ne sont certes pas les personnages les plus importants de la crèche: ils n’apparaissent même pas dans le récit évangélique... Mais ils donnent à penser que c’est pour tout l’univers créé et tout être vivant que Jésus est né. Pour être à la page il faudrait ajouter aujourd’hui une carte de l’univers avec toutes ces galaxies dont certaines portent peut-être des êtres capables de penser...
Dans la crèche il y a surtout Marie et Joseph. La jeune femme qui a cru aux paroles de l’ange Gabriel. Elle a laissé l’Esprit-Saint habiter en elle et a donné naissance au Fils de Dieu. Il y a aussi cet homme à qui Dieu a parlé dans son sommeil. Ces grands croyants sont pour nous des modèles. Devant la crèche remercions-les de s’être rendus pleinement disponibles aux désirs de Dieu, sans trop savoir où cela les conduirait. Demandons-nous ce que le Père attend maintenant de nous, pour que le mystère de la naissance de son Fils soit annoncé au monde qui, autant qu’autrefois, est pour nous en quête de joie, de bonheur, d’amour, d’espérance et de salut.
Le personnage le plus important de la crèche est évidemment le petit enfant de Marie. Contemplons-le longuement, réalisons qui il est, même si ça ne va pas de soi, dans un premier temps. Avant d’être fils de Marie, il est Fils de Dieu. Un enfant tout fragile, mais remarquez les lectures qui lui donnent aujourd’hui des titres étonnants: Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix, le Messie, le Seigneur.... Tout le sens de notre libération est là...
Les bergers trouveront Jésus emmailloté et couché dans une mangeoire. Elle est importante cette mangeoire, elle a valeur de signe. Elle nous dit que le Fils de Dieu est venu sur terre en se dépouillant et en se mettant d’abord au service des pauvres, des petits, des plus malheureux. La joie de Noël est assurément offerte à tout le monde, mais d’abord à tous les démunis que Jésus a rencontrés et de qui il s’est approché durant sa vie. Ne sommes-nous pas des pauvres à certains égards.... pensons aussi à nos frères et soeur d’Haïti.
Après avoir contemplé le Jésus de la crèche, prions-le. Pour que son désir de vivre en nous se réalise. Un poète allemand a écrit une phrase merveilleuse au sujet de Noël: “Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né”. Prions donc pour le Christ naisse en nous. Prions aussi pour les personnes avec lesquelles nous vivons et pour celles que nous rencontrons le plus souvent, ou celles pour qui Noël ne veut rien dire. Pensons à ce que ces personnes sont pour nous, à ce que nous sommes pour elles. Nommons ceux et celles que nous voulons confier au Fils de Dieu, ceux et celles qui vivent actuellement des jours difficiles.
Élargissons ensuite notre prière. Présentons au Christ tous les gens de notre quartier, de notre village, de notre ville, de notre province, de notre pays, du monde entier et plus loin encore peut-être! Prions pour qu’arrive enfin ce que le pape Jean-Paul II avait appelé “la civilisation de l’amour....”
N’oublions pas de prier pour notre Église. Elle vit des temps difficiles. Demandons au fils de Marie de nous aider à réaliser que, chacun et chacune pour notre part, nous sommes responsables de la vitalité de cette Église. En reprenant les mots de s. Paul, demandons-lui de nous purifier et de faire de nous “son peuple, un peuple ardent à faire le bien”. Heureux Noël à chacune et chacun d’entre vous!
Au cours de notre vie nous avons connu toutes sortes de Noëls: de très heureux quand nous étions jeunes, plus tard des moins heureux...
Certains auront été l’occasion d’une grande tristesse. Il n’est pas rare d’entendre des gens affirmer qu’ils sont hâte que Noël soit passé, car il est pour eux un jour de grande solitude, marqué surtout par un manque d’amour. Noël est pourtant une fête porteuse de joie. Elle annonce et veut apporter la paix du coeur non seulement aux gens qui sont heureux mais aussi -et surtout-à ceux qui ne le sont pas.
Nous venons d’entendre saint Luc raconter comment Jésus est né à Bethléem, et dans quelles circonstances, il y a plus de 2000 ans. L’évangéliste nous parle de Marie, de Joseph, de Jésus. Il nous parle aussi des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. Très pauvres, les bergers n’allaient jamais au Temple. Ils étaient tenus à l’écart et souvent méprisés. Personne ne se vantait de les fréquenter. Le Seigneur les choisit pourtant et les enveloppe de la lumière de sa gloire. C’est à eux que l’Ange leur annonce cet extraordinaire message qu retentit encore aujourd’hui partout dans le monde: “Aujourd’hui vous est né un Sauveur.... il est le Messie le Seigneur”. Les bergers vont se rendre à Bethléem où ils découvriront l’enfant et Marie, un moment de très grande joie pour eux. Ils savent maintenant qu’ils ne sont pas n’importe qui. Ils sont sûrs maintenant d’être aimés de Dieu. Ils s’émerveillent en réalisant que cet enfant vient de naître précisément pour les rendre heureux.
Pour bien célébrer Noël et le vivre comme un temps de joie et de bonheur, ne devrions-nous pas imiter les bergers dans leur simplicité? Ne devrions-nous pas approcher de la crèche avec un coeur d’enfants et accueillir le message de l’Ange?
Quand nous approchons, que voyons-nous? Souvent les enfants sont attirés par la présence de l’âne et du boeuf. Ces deux animaux ne sont certes pas les personnages les plus importants de la crèche: ils n’apparaissent même pas dans le récit évangélique... Mais ils donnent à penser que c’est pour tout l’univers créé et tout être vivant que Jésus est né. Pour être à la page il faudrait ajouter aujourd’hui une carte de l’univers avec toutes ces galaxies dont certaines portent peut-être des êtres capables de penser...
Dans la crèche il y a surtout Marie et Joseph. La jeune femme qui a cru aux paroles de l’ange Gabriel. Elle a laissé l’Esprit-Saint habiter en elle et a donné naissance au Fils de Dieu. Il y a aussi cet homme à qui Dieu a parlé dans son sommeil. Ces grands croyants sont pour nous des modèles. Devant la crèche remercions-les de s’être rendus pleinement disponibles aux désirs de Dieu, sans trop savoir où cela les conduirait. Demandons-nous ce que le Père attend maintenant de nous, pour que le mystère de la naissance de son Fils soit annoncé au monde qui, autant qu’autrefois, est pour nous en quête de joie, de bonheur, d’amour, d’espérance et de salut.
Le personnage le plus important de la crèche est évidemment le petit enfant de Marie. Contemplons-le longuement, réalisons qui il est, même si ça ne va pas de soi, dans un premier temps. Avant d’être fils de Marie, il est Fils de Dieu. Un enfant tout fragile, mais remarquez les lectures qui lui donnent aujourd’hui des titres étonnants: Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix, le Messie, le Seigneur.... Tout le sens de notre libération est là...
Les bergers trouveront Jésus emmailloté et couché dans une mangeoire. Elle est importante cette mangeoire, elle a valeur de signe. Elle nous dit que le Fils de Dieu est venu sur terre en se dépouillant et en se mettant d’abord au service des pauvres, des petits, des plus malheureux. La joie de Noël est assurément offerte à tout le monde, mais d’abord à tous les démunis que Jésus a rencontrés et de qui il s’est approché durant sa vie. Ne sommes-nous pas des pauvres à certains égards.... pensons aussi à nos frères et soeur d’Haïti.
Après avoir contemplé le Jésus de la crèche, prions-le. Pour que son désir de vivre en nous se réalise. Un poète allemand a écrit une phrase merveilleuse au sujet de Noël: “Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né”. Prions donc pour le Christ naisse en nous. Prions aussi pour les personnes avec lesquelles nous vivons et pour celles que nous rencontrons le plus souvent, ou celles pour qui Noël ne veut rien dire. Pensons à ce que ces personnes sont pour nous, à ce que nous sommes pour elles. Nommons ceux et celles que nous voulons confier au Fils de Dieu, ceux et celles qui vivent actuellement des jours difficiles.
Élargissons ensuite notre prière. Présentons au Christ tous les gens de notre quartier, de notre village, de notre ville, de notre province, de notre pays, du monde entier et plus loin encore peut-être! Prions pour qu’arrive enfin ce que le pape Jean-Paul II avait appelé “la civilisation de l’amour....”
N’oublions pas de prier pour notre Église. Elle vit des temps difficiles. Demandons au fils de Marie de nous aider à réaliser que, chacun et chacune pour notre part, nous sommes responsables de la vitalité de cette Église. En reprenant les mots de s. Paul, demandons-lui de nous purifier et de faire de nous “son peuple, un peuple ardent à faire le bien”. Heureux Noël à chacune et chacun d’entre vous!
vendredi 10 décembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 12 dec. 2010
Les signes de Jésus
“Es-tu celui qui doit venir?” Jean-Baptiste et ses disciples se questionnent au sujet de l’identité et de la mission de Jésus. Leur question est en rapport avec l’attente d’un Messie en Israël, dans le fil de la tradition biblique. Mais, à nos oreilles d’aujourd’hui, comment peut résonner cette question? Nous vivons dans un monde bien différent. Après 2000 ans de christianisme, combien de peuple, combien de personnes ne partagent pas notre regard sur Jésus de Nazareth en qui nous, nous reconnaissons le Christ vivant. Globalement les medias le considèrent comme un maître spirituel du passé, un rabbi du premier siècle, un sage, un philosophe ou un personnage mythique inventé de toutes pièces. Même des chrétiens voient Jésus comme un grand personnage, mais dont l’influence est limitée Un point c’est tout!
Certes, notre foi se fonde sur le témoignage des premiers disciples, mais reconnaissons-nous en Jésus celui qui doit venir pour l’humanité de notre 21e siècle. A quels signes voyons-nous que sa vie, sa mort et sa résurrection continuent d’ouvrir pour nous un avenir différent?
Plus encore, en ce temps de l’Avent (3e semaine), chacun et chacune de nous est invité à se demander: le Christ est-il venu réellement dans ma vie? A quels signes puis-je reconnaître qu’il apporte aujourd’hui le salut en moi et autour de moi? A la question de Jean, Jésus ne répond pas par une grande déclaration à son propre sujet. Il les invite plutôt à écouter et à regarder les fruits de son action. Il reprend le même genre d’énumération que nous avons entendu dans la 1ère lect. ou dans le psaume. Ce sont les signes de l’avènement du Royaume déjà en marche. “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent”... La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... Mais que signifient ces signes pour nous concrètement aujourd’hui? Faut-il les comprendre au sens littéral et se mettre en quête de guérisons miraculeuses dans notre communauté. Oui, mais à notre époque ce sont des signes plus larges...
Notons bien que les signes du Royaume concernent aussi des corps fatigués, des perceptions faussées, des élans diminués, des relations coupées. Toutes les dimensions de la personne sont concernées. Par exemple: la personne qu’on dit aveugle se sent vulnérable quand elle sort de ses habitudes (par exemple dans telle fonction publique, tel travail de bureau). Elle est incapable de voir l’expression de la personne qui lui parle d’autres choses. Il y a des terrains sur lesquels elle ne s’avance pas. La noirceur ne vient-elle pas du manque d’attention ou de lucidité, du mensonge, du manque d’intérêt aux autres? Cette sorte d’aveuglement a des répercussions importantes sur la capacité de vivre en vérité avec soi, avec les autres et avec Dieu. L’aveuglement physique moins fréquent nous renvoie à une autre dimension de l’expérience humaine, encore plus fondamentale... La difficulté de s’ouvrir à d’autres dimensions.
Les signes de Jésus ne se limitent pas à la réparation des nerfs, des os, des muscles. Dans son regard compatissant s’exprime l’accueil doux et bienveillant que réserve Dieu à toutes nos infirmités, même les plus intimes. Il perçoit aussi les désirs de vie en plénitude qui se trouvent blessés, contrariés, même éteints chez les personnes. Par l’action de son Esprit au coeur de ce qui nous fait le plus souffrir, il nous guérit encore aujourd’hui, nous redresse, nous libère, nous remet en marche. La vie nouvelle qu’il nous communique vient transfigurer la mort qui nous menace de l’intérieur. C’est tout le mystère pascal qui est à l’oeuvre en ce temps de Noël.
Plongés dans la mort et la résurrection du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à le laisser venir en nous afin qu’il change progressivement nos coeurs et influence nos actions. Habités par l’Esprit qui nous apprend à aimer les autres comme Dieu nous aime, nous laissons progressivement nos attitudes et nos dispositions se transformer. Il s’agit de nous mettre à la suite du Christ: combattre le mal par notre générosité, libérer la parole, lutté pour la justice. En dépit de nos limites, de nos blessures, de nos fermetures, le Christ fait venir le Royaume dans nos relations et nos actions. Nous n’arrivons pas à faire tout le bien qu’on souhaiterait, nous commettons même le mal que nous promettions d’éviter. Mais Jésus nous accueille avec notre misère et nos aspirations contrariées. Il nous guérit de l’intérieur pour que nous laissions un peu plus transparaître son amour. A même nos blessures, il crée en nous plus d’ouvertures aux autres, un don de soi plus spontanée, plus libre, plus gratuit. La venue du Seigneur se poursuit ainsi et nous pouvons discerner plus clairement autour de nous les signes de son Royaume.
Traditionnellement on associe le 3e dimanche de l’Avent à la joie. Notre attente est pleine d’espérance. Le Seigneur est déjà à l’oeuvre parmi nous. Aujourd’hui encore, il accomplit des signes de vie nouvelle. Le coeur est à la louange, continuons la célébration de l’Eucharistie.
Un mot en terminant: cet après midi à 14h00 (12/12/10), célébration du pardon à l’église Ste-Praxède. Quatre prêtres seront à votre disposition pour invoquer la réconciliation dont nous avons besoin et accueillir le pardon de Dieu requis pour bien vivre Noël. A 16h30 des jeunes du Cegep donneront un concert dont les profits iront à nos frères et soeurs d’Haïti. Ce sera la clôture de notre projet pour cette année. Notre contribution à l’amélioration de la vie de nos frères et soeurs d’Haïti, aussi modeste soit-elle, est un signe de l’arrivée du Royaume parmi nous. Amen!
“Es-tu celui qui doit venir?” Jean-Baptiste et ses disciples se questionnent au sujet de l’identité et de la mission de Jésus. Leur question est en rapport avec l’attente d’un Messie en Israël, dans le fil de la tradition biblique. Mais, à nos oreilles d’aujourd’hui, comment peut résonner cette question? Nous vivons dans un monde bien différent. Après 2000 ans de christianisme, combien de peuple, combien de personnes ne partagent pas notre regard sur Jésus de Nazareth en qui nous, nous reconnaissons le Christ vivant. Globalement les medias le considèrent comme un maître spirituel du passé, un rabbi du premier siècle, un sage, un philosophe ou un personnage mythique inventé de toutes pièces. Même des chrétiens voient Jésus comme un grand personnage, mais dont l’influence est limitée Un point c’est tout!
Certes, notre foi se fonde sur le témoignage des premiers disciples, mais reconnaissons-nous en Jésus celui qui doit venir pour l’humanité de notre 21e siècle. A quels signes voyons-nous que sa vie, sa mort et sa résurrection continuent d’ouvrir pour nous un avenir différent?
Plus encore, en ce temps de l’Avent (3e semaine), chacun et chacune de nous est invité à se demander: le Christ est-il venu réellement dans ma vie? A quels signes puis-je reconnaître qu’il apporte aujourd’hui le salut en moi et autour de moi? A la question de Jean, Jésus ne répond pas par une grande déclaration à son propre sujet. Il les invite plutôt à écouter et à regarder les fruits de son action. Il reprend le même genre d’énumération que nous avons entendu dans la 1ère lect. ou dans le psaume. Ce sont les signes de l’avènement du Royaume déjà en marche. “Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent”... La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres... Mais que signifient ces signes pour nous concrètement aujourd’hui? Faut-il les comprendre au sens littéral et se mettre en quête de guérisons miraculeuses dans notre communauté. Oui, mais à notre époque ce sont des signes plus larges...
Notons bien que les signes du Royaume concernent aussi des corps fatigués, des perceptions faussées, des élans diminués, des relations coupées. Toutes les dimensions de la personne sont concernées. Par exemple: la personne qu’on dit aveugle se sent vulnérable quand elle sort de ses habitudes (par exemple dans telle fonction publique, tel travail de bureau). Elle est incapable de voir l’expression de la personne qui lui parle d’autres choses. Il y a des terrains sur lesquels elle ne s’avance pas. La noirceur ne vient-elle pas du manque d’attention ou de lucidité, du mensonge, du manque d’intérêt aux autres? Cette sorte d’aveuglement a des répercussions importantes sur la capacité de vivre en vérité avec soi, avec les autres et avec Dieu. L’aveuglement physique moins fréquent nous renvoie à une autre dimension de l’expérience humaine, encore plus fondamentale... La difficulté de s’ouvrir à d’autres dimensions.
Les signes de Jésus ne se limitent pas à la réparation des nerfs, des os, des muscles. Dans son regard compatissant s’exprime l’accueil doux et bienveillant que réserve Dieu à toutes nos infirmités, même les plus intimes. Il perçoit aussi les désirs de vie en plénitude qui se trouvent blessés, contrariés, même éteints chez les personnes. Par l’action de son Esprit au coeur de ce qui nous fait le plus souffrir, il nous guérit encore aujourd’hui, nous redresse, nous libère, nous remet en marche. La vie nouvelle qu’il nous communique vient transfigurer la mort qui nous menace de l’intérieur. C’est tout le mystère pascal qui est à l’oeuvre en ce temps de Noël.
Plongés dans la mort et la résurrection du Christ depuis notre baptême, nous sommes appelés à le laisser venir en nous afin qu’il change progressivement nos coeurs et influence nos actions. Habités par l’Esprit qui nous apprend à aimer les autres comme Dieu nous aime, nous laissons progressivement nos attitudes et nos dispositions se transformer. Il s’agit de nous mettre à la suite du Christ: combattre le mal par notre générosité, libérer la parole, lutté pour la justice. En dépit de nos limites, de nos blessures, de nos fermetures, le Christ fait venir le Royaume dans nos relations et nos actions. Nous n’arrivons pas à faire tout le bien qu’on souhaiterait, nous commettons même le mal que nous promettions d’éviter. Mais Jésus nous accueille avec notre misère et nos aspirations contrariées. Il nous guérit de l’intérieur pour que nous laissions un peu plus transparaître son amour. A même nos blessures, il crée en nous plus d’ouvertures aux autres, un don de soi plus spontanée, plus libre, plus gratuit. La venue du Seigneur se poursuit ainsi et nous pouvons discerner plus clairement autour de nous les signes de son Royaume.
Traditionnellement on associe le 3e dimanche de l’Avent à la joie. Notre attente est pleine d’espérance. Le Seigneur est déjà à l’oeuvre parmi nous. Aujourd’hui encore, il accomplit des signes de vie nouvelle. Le coeur est à la louange, continuons la célébration de l’Eucharistie.
Un mot en terminant: cet après midi à 14h00 (12/12/10), célébration du pardon à l’église Ste-Praxède. Quatre prêtres seront à votre disposition pour invoquer la réconciliation dont nous avons besoin et accueillir le pardon de Dieu requis pour bien vivre Noël. A 16h30 des jeunes du Cegep donneront un concert dont les profits iront à nos frères et soeurs d’Haïti. Ce sera la clôture de notre projet pour cette année. Notre contribution à l’amélioration de la vie de nos frères et soeurs d’Haïti, aussi modeste soit-elle, est un signe de l’arrivée du Royaume parmi nous. Amen!
samedi 4 décembre 2010
HOMÉLIE DU DIMANCHE 05 dec. 2010
Dieu et notre Seigneur Jésus
Des gens qui sont des spécialistes de l’Écriture ont eu la tentation d’opposer la rigueur et la sévérité de l’Ancien T. à la miséricorde et à la douceur dans le Nouveau T. Ils ont mis en opposition le Dieu du ciel, lointain mystérieux, et Jésus, plus proche de nous. Ce passage de l’Evangile, comme d’ailleurs certaines paroles assez fortes de Jésus, met en défaut cette lecture un peu simpliste. Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, nous trouvons la force et la bonté, la rigueur et la patience, la sévérité et la miséricorde de Dieu. L’Écriture, l’Ancien et le Nouveau T. forme un tout; elle est une, car c’est le même Dieu qui s’y révèle, qui nous aime et qui veut nous sauver. C’est vrai encore aujourd’hui.
Comme le dit s. Paul dans la lettre aux Romains: “Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire”. Mais alors, comment concilier, comment réconcilier cette image d’un Dieu sévère et exigeant, tel que nous le présente aujourd’hui Jean-Baptiste, avec le Dieu de tendresse et de bonté, le Prince de la Paix, la douce Lumière que nous annonce le temps de l’Avent? Dieu aurait-il deux visages, serait-il un Dieu imprévisible et changeant? Certainement pas. Si quelqu’un est bien fidèle et plein d’amour, c’est bien notre Dieu et notre Seigneur Jésus. L’Écriture ne nous révèle pas un Dieu ayant un double visage. Mais elle nous montre les diverses facettes d’un même amour qui se dévoile dans l’infinie diversité de nos existences humaines.
Vous le savez, vous les parents, peut-être les mères en particulier. Si vous avez de temps en temps, quelque parole un peu forte, si vous corrigez parfois avec un peu de rigueur vos enfants, ce n’est pas par manque d’amour, mais c’est parce que votre amour est plus grand que votre besoin d’être aimés. Vous savez que l’amour veut d’abord le bien de l’autre, avant de rechercher sont propre avantage. Certains événements de la vie, les passages difficiles, les épreuves nous font souffrir, c’est vrai. Nous pouvons en ressentir des malaises, même des ressentiments à l’égard de Dieu... Nous aurait-il abandonné? Aurait-il fermé ses entrailles de miséricorde? Certainement pas. Mais comme le dit le psaume, il nous est bon parfois d’être un peu secoués, pour découvrir que nous faisons fausse route, que nous risquions même de nous perdre. Dans sa tendresse, Dieu ne nous abandonne pas à nos caprices, à nos paresses. Il nous reprend, nous corrige, nous bouscule même, parce qu’il nous aime. Nous avons sans doute fait l’expérience de ces amours pleins de force et d’exigence, de bonté et de miséricorde, qui ne sont jamais fatigués de nous relever, de nous consoler quand nous étions dans la peine, de nous secouer quand nous risquions de sombrer dans le sommeil ou même dans l’oubli.
Jean-Baptiste, comme tous les prophètes de l’A.T., est le signe de cet amour infatigable de Dieu pour chacun de nous. Notre monde n’a-t-il pas besoin d’être aussi réveillé, secoué, lui qui glisse si facilement dans le matérialisme et l’indifférence. En nous rappelant, avec insistance, que Dieu nous aime de cet amour fort et bienveillant, l’Église nous redit à quel point nous sommes importants pour Lui, quelle valeur infinie nous avons à ses yeux. Il ne veut surtout pas nous perdre, perdre un seul de ces petits. Car il a donné sa vie pour nous. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Alors, même conscient de cela, ce n’est pas demain la veille “qu’il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu” dans nos sociétés. Nous ne pouvons ignorer la multiplicité, la diversité et la complexité des personnes et des situations actuelles. L’arrivé de la justice et de la paix entre tous les humains ne va pas de soi. Mais si, personnellement, nous acceptons de nous laisser changer, transformer, le monde peu à peu changera. L’Avent est un temps d’arrêt dans le bruit de notre vie pour nous permettre de prendre conscience du nécessaire changement de notre coeur. Personne ne peut le faire à notre place.
Bien sûr, la conversion n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Nous pouvons manquer de confiance et nous décourager. Nous sommes des êtres fragiles, désireux de nous mettre en valeur ou de faire comme les autres pour ne pas nous attirer de critique. Mais il nous faut tenir bon “grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture” comme dit s. Paul. Et la Parole nous affirme que Dieu garantit ses promesses. Reconnaissons que nous avons besoin de la grâce de celui qui vient vers nous. C’est elle qui nous incite, dès maintenant, à puiser dans les forces qui nous habitent et à ouvrir la route à celui qui vient. Ainsi, nous serons en mesure d’accueillir et de vivre pleinement la joie de Noël.
Donc, souvenons-nous que nous sommes en Avent. Ce temps nous renvoie aussi à l’avènement final du Christ. Y a-t-il un espace dans ma vie qui est ouvert à la venue du Christ ressuscité, terme l’histoire humaine et de la mienne. Est-ce que j’y pense de temps en temps? Sur les jeunes, et même sur les vieilles souches, peut surgir un rejeton plein de vie. Quel secteur de ma vie a grand besoin d’être régénéré? Dimanche prochain nous vivrons un temps de pardon et de réconciliation.
Des gens qui sont des spécialistes de l’Écriture ont eu la tentation d’opposer la rigueur et la sévérité de l’Ancien T. à la miséricorde et à la douceur dans le Nouveau T. Ils ont mis en opposition le Dieu du ciel, lointain mystérieux, et Jésus, plus proche de nous. Ce passage de l’Evangile, comme d’ailleurs certaines paroles assez fortes de Jésus, met en défaut cette lecture un peu simpliste. Dans l’A.T. comme dans le Nouveau, nous trouvons la force et la bonté, la rigueur et la patience, la sévérité et la miséricorde de Dieu. L’Écriture, l’Ancien et le Nouveau T. forme un tout; elle est une, car c’est le même Dieu qui s’y révèle, qui nous aime et qui veut nous sauver. C’est vrai encore aujourd’hui.
Comme le dit s. Paul dans la lettre aux Romains: “Tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire”. Mais alors, comment concilier, comment réconcilier cette image d’un Dieu sévère et exigeant, tel que nous le présente aujourd’hui Jean-Baptiste, avec le Dieu de tendresse et de bonté, le Prince de la Paix, la douce Lumière que nous annonce le temps de l’Avent? Dieu aurait-il deux visages, serait-il un Dieu imprévisible et changeant? Certainement pas. Si quelqu’un est bien fidèle et plein d’amour, c’est bien notre Dieu et notre Seigneur Jésus. L’Écriture ne nous révèle pas un Dieu ayant un double visage. Mais elle nous montre les diverses facettes d’un même amour qui se dévoile dans l’infinie diversité de nos existences humaines.
Vous le savez, vous les parents, peut-être les mères en particulier. Si vous avez de temps en temps, quelque parole un peu forte, si vous corrigez parfois avec un peu de rigueur vos enfants, ce n’est pas par manque d’amour, mais c’est parce que votre amour est plus grand que votre besoin d’être aimés. Vous savez que l’amour veut d’abord le bien de l’autre, avant de rechercher sont propre avantage. Certains événements de la vie, les passages difficiles, les épreuves nous font souffrir, c’est vrai. Nous pouvons en ressentir des malaises, même des ressentiments à l’égard de Dieu... Nous aurait-il abandonné? Aurait-il fermé ses entrailles de miséricorde? Certainement pas. Mais comme le dit le psaume, il nous est bon parfois d’être un peu secoués, pour découvrir que nous faisons fausse route, que nous risquions même de nous perdre. Dans sa tendresse, Dieu ne nous abandonne pas à nos caprices, à nos paresses. Il nous reprend, nous corrige, nous bouscule même, parce qu’il nous aime. Nous avons sans doute fait l’expérience de ces amours pleins de force et d’exigence, de bonté et de miséricorde, qui ne sont jamais fatigués de nous relever, de nous consoler quand nous étions dans la peine, de nous secouer quand nous risquions de sombrer dans le sommeil ou même dans l’oubli.
Jean-Baptiste, comme tous les prophètes de l’A.T., est le signe de cet amour infatigable de Dieu pour chacun de nous. Notre monde n’a-t-il pas besoin d’être aussi réveillé, secoué, lui qui glisse si facilement dans le matérialisme et l’indifférence. En nous rappelant, avec insistance, que Dieu nous aime de cet amour fort et bienveillant, l’Église nous redit à quel point nous sommes importants pour Lui, quelle valeur infinie nous avons à ses yeux. Il ne veut surtout pas nous perdre, perdre un seul de ces petits. Car il a donné sa vie pour nous. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Alors, même conscient de cela, ce n’est pas demain la veille “qu’il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu” dans nos sociétés. Nous ne pouvons ignorer la multiplicité, la diversité et la complexité des personnes et des situations actuelles. L’arrivé de la justice et de la paix entre tous les humains ne va pas de soi. Mais si, personnellement, nous acceptons de nous laisser changer, transformer, le monde peu à peu changera. L’Avent est un temps d’arrêt dans le bruit de notre vie pour nous permettre de prendre conscience du nécessaire changement de notre coeur. Personne ne peut le faire à notre place.
Bien sûr, la conversion n’est jamais accomplie une fois pour toutes. Nous pouvons manquer de confiance et nous décourager. Nous sommes des êtres fragiles, désireux de nous mettre en valeur ou de faire comme les autres pour ne pas nous attirer de critique. Mais il nous faut tenir bon “grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture” comme dit s. Paul. Et la Parole nous affirme que Dieu garantit ses promesses. Reconnaissons que nous avons besoin de la grâce de celui qui vient vers nous. C’est elle qui nous incite, dès maintenant, à puiser dans les forces qui nous habitent et à ouvrir la route à celui qui vient. Ainsi, nous serons en mesure d’accueillir et de vivre pleinement la joie de Noël.
Donc, souvenons-nous que nous sommes en Avent. Ce temps nous renvoie aussi à l’avènement final du Christ. Y a-t-il un espace dans ma vie qui est ouvert à la venue du Christ ressuscité, terme l’histoire humaine et de la mienne. Est-ce que j’y pense de temps en temps? Sur les jeunes, et même sur les vieilles souches, peut surgir un rejeton plein de vie. Quel secteur de ma vie a grand besoin d’être régénéré? Dimanche prochain nous vivrons un temps de pardon et de réconciliation.
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