jeudi 28 janvier 2010

L'Unité des chrétiens est comme une fête de la Parole

Ce dimanche qui débute la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens est comme une fête de la Parole, où l’on prend conscience de l’importance des textes proclamés dans nos célébrations, que l’Esprit-Saint nous aide à comprendre, de l’importance aussi de l’homélie qui suit. Dans le dictionnaire, l’homélie est souvent définie comme un sermon, une exhortation pieuse. Dans l’Évangile, Jésus lui donne une autre dimension. En lisant le livre du Prophète Isaïe et en proclamant: “ Aujourd’hui s’accomplit la parole de l’Écriture que vous venez d’entendre” il fait la première homélie chrétienne. Vous allez dire: bravo, ça n’a pas été trop long... mais il s’est repris à d’autres occasions! Il affirmait en fait que les promesses de Dieu, que ses hauts faits du passé, se renouvellent en ce moment dans et par sa Personne. Le Royaume de Dieu est arrivé parmi vous... l’Esprit-Saint est sur moi

Cela se passe chez lui à Nazareth. Il revient dans son village après quelques mois de ministère dans la région; il va renouer avec ses habitudes depuis qu’il est enfant. Jésus est un familier de la synagogue et des rites de la prière le jour du sabbat. On lui tend le livre pour qu’il commente un passage pris au hasard. Mais une nouveauté éclate, qui sera insupportable pour plusieurs de ses compatriotes, quand il déclare que le passage du prophète Isaïe se réalise en lui, quand il prend à son compte ces paroles pour décrire sa mission, quand il affirme qu’il agit avec la puissance de l’Esprit.

C’est en ces terme que s. Luc commence son Évangile. Il suit la coutume des écrivains de son temps en disant que d’autres ont déjà raconté les faits et gestes de Jésus mais qu’il veut le faire à son tour, en s’appuyant sur des témoins oculaires, sur des informations sûres. Il en va de la solidité de l’enseignement. C’est donc ainsi que commence le ministère de Jésus. Grâce à l’Esprit-Saint qui est avec Lui, en Lui, il va apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, proposer aux aveugles la lumière, etc....
Jésus peopose un modèle à suivre, pour ceux qui ont la responsabilité de faire l’homélie, pour celles et ceux qui l’écoutent, nous les baptisés. Est-ce qu’il est possible, de dimanche en dimanche, de redire: cette Bonne nouvelle se réalise aujourd’hui, cette semaine, grâce à la puissance de l’Esprit qui agit en nous? J’ai réfléchi quelques instants et je vous relance la question. Un exemple: il me semble que l’organisation de nos catéchèses aux jeunes témoigne de cette présence dans nos communautés de l’Esprit. Dans un délai très court on s’est pris en charge rapidement: c’est un mouvement qui couvre toutes les paroisses du Québec, avec des avancées et des retards compréhensibles cependant.


Cette Parole lorsqu’elle est proclamée à l’église ou dans de petits groupes d’enseignement, de catéchèse, c’est Jésus lui-même qui livre les secrets d’amour de son Père. Si Jésus vient vers nous dans le Pain eucharistique, il s’approche de nous également en nous donnant son Esprit, qui nous permet de mieux comprendre sa Parole et de nous ouvrir à ce don incomparable. Ce sont les deux tables offertes à la messe: la table de la Parole et la table du Pain de vie

Dans la première lecture (au livre de Néhémie), en entendant la parole proclamée, les gens disaient: Amen, Amen en se prosternant. D’autres pleuraient parce qu’ils en avaient été privés durant des années d’exil à l’étranger. La parole les rejoint au plus profond de leur coeur; ils accueillent avec émotion l’annonce de l’amour inconditionnel de Dieu envers eux, lui qui ne les avait pas abandonnés. Je pourrais me demander alors comment la Parole de Dieu me rejoint? Me touche-t-elle vraiment, vient-elle me remuer parfois? Une personne un jour écoutait une homélie sur Jésus le bon Pasteur qui prend soin de ses brebis. Elle avait entendu ce texte des dizaines de fois, mais voici que cette fois ça l’a touché, car elle vit un moment difficile. Depuis lors, elle sait qu’elle ne sera jamais seule lorsque surviendra la maladie ou une autre épreuve. Le bon Pasteur sera là pour la réconforter. Cette conviction nous vient de l’Esprit qui agit en nos coeurs quand ils sont bien disposés.
C’est la responsabilité de ceux qui prononcent l’homélie de favoriser ce climat. De mon temps de formation, on disait qu’une homélie doit comporter une bonne introduction et une bonne conclusion et faire en sorte que les deux soient le plus rapprochés possible. On nous mettait en garde contre les homélies en trois points: soit point de fond, point de forme et point de fin Aussi on disait avec humour que le jour de la Pentecôte, il a suffi d’une prédication de s. Pierre pour faire trois mille conversions. “On vous souhaite de ne pas devoir faire trois mille homélies pour un seul converti.” L’homélie suppose de la part de l’auditoire une capacité d’écoute, une disponibilité, une attente. Et de la part du prêtre ou du diacre, un peu de savoir-faire et une certaine quantité de prière.

Dans un monastère, le père maître des novices interrogeait le jeune frère cuisinier sur l’homélie qu’avait prononcée le père Abbé à la messe du dimanche précédent. Il ne s’en souvient pas du tout Pas un mot Alors il lui fait un peu la morale en disant: “Donc nous on se prépare pour rien, on parle dans le vide” Le jeune réplique en lui disant qu’il entend tout, que c’est beau, mais qu’il ne retient rien “C’est comme lorsque je lave ma salade; l’eau est disparue, mais elle a rempli son rôle. La salade est propre. Je ne retiens pas les paroles, mais mon coeur est renouvelé.”

C’est la grâce que je vous souhaite+
évêques, des prêtres, des diacres. Ce service répond à une nécessité permanente d’un diocèse, d’une paroisse. Il y a d’autres ministères qui reçoivent un mandat de l’évêque: des personnes impliquées depuis un bon moment dans un secteur de la pastorale, reconnues compétentes par leur entourage, comme les agentes de pastorale, les responsables de la catéchèse.
Il y a d’autres services plus spontanés qu’une personne rend pour un temps, soit qu’elle y est invitée, soit qu’elle s’y implique à partir d’un appel intérieur.

L’Église habitée par l’Esprit de Jésus nous apparaît comme une communauté de services, de charismes. Son organisation se fait comme de l’intérieur. Il y a dans une paroisse tous les talents requis pour son bon fonctionnement: c’est à nous de les découvrir, c’est à chacun/e de déceler en soi les appels de l’Esprit. Dans l’Église il y a des structures, une architecture qui la tient en place: c’est la hiérarchie, l’autorité qui vient d’en-haut et qui est nécessaire dans une organisation qui dure depuis 2000 ans . Mais il y a aussi un Esprit intérieur, un Esprit de famille qui réchauffe la fraternité, qui invite à la participation. Cet Esprit nous amène à poser des gestes qui construisent l’Église et par là qui contribuent à un monde meilleur. A nous de les deviner, de les discerner, de sorte que de semaines en semaines on puisse dire nous aussi: l’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a conduit à telle ou telle action....Amen

samedi 12 décembre 2009

Soyez toujours dans la joie

“Soyez toujours dans la joie”

Soyez toujours dans la joie” insistait s. Paul auprès d’une jeune communauté chrétienne. Ce qui est surprenant c’est que lorsqu’il écrit cela, il est en prison. La raison de sa joie c’est la certitude que Jésus reviendra un jour dans la gloire. Sa joie exprimait sa confiance en ce Dieu qui tient parole.
Pouvons-nous adopter les mêmes sentiments aujourd’hui, alors que le monde tente de se relever d’une crise économique touchant tant de personnes et de familles? Comment ne pas être anxieux quand on ne sait pas de quoi demain sera fait, avec toutes les fermetures d’usines et les pertes d’emplois? De plus, il y a la menace sur l’écologie, le réchauffement de la planète qui est le sujet des discussions des grands à Copenhague.
Ce dimanche, toutes les églises chrétiennes du monde sont invitées à sonner leurs cloches à 15h00, en appui aux délégués qui tentent de forcer les dirigeants des grandes puissances à prendre au sérieux l’avenir par des mesures adéquates.

Un jour ou l’autre, nous sommes touchés par des épreuves: maladies, incompréhensions, dureté du travail, échecs de toutes sortes. Lorsque nous regardons la situation de l’Église, on n’a pas toujours le goût non plus de chanter des alleluias! On dit couramment dans les médias que les églises sont vides... par ailleurs, si nous regardons plus loin, autour de nous, il n’y a pas que les églises qui sont vides: comme l’écrivait un lecteur d’un grand journal dans une libre opinion: la salle du conseil municipal est souvent vide, des conseils d’administration de bien des organismes aussi. Les bureaux de vote sont vides, les salles d’associations étudiantes... Il y a pas mal de salles vides au Québec. Même, il va jusqu’à ajouter: le coeur du Québec est vide. Le vide, dit-il, est causé par la négation de quelque chose d’important, le rejet de ce que tisse l’être humain dans ses profondeurs, soit la confiance en l’avenir.
Nous, nous parlons plutôt de l’espérance... la vertu d’espérance: Dieu tient parole... sa lumière se lève! Nous le croyons et par là, la joie ça se cultive!

Alors serions-nous de grands naïfs... quelle est donc la joie à laquelle la parole de Dieu nous invite aujourd’hui? Quelle est sa source? Quand s. Paul lance une appel à la joie, ce n’est pas à une joie facile qu’il nous convie; il est derrière les barreaux et il voit venir sa fin. C’est la préparation et l’attente d’un grand événement qui le met dans cet état. Quand on vit dans l’esprit d’une fête qui s’en vient, tous les efforts se déroulent sans trop de fatigue. Pour un couple qui attend un bébé, l’enfant désiré change déjà leur vie. Il y a des imprévus, des souffrances pour la mère, des questions... mais la joie de l’attente change tout. Ça se voit dans le visage des parents. Quand l’enfant est né, alors là, toutes les anciennes inquiétudes s’évanouissent.

Les lectures de ce dimanche de l’Avent nous invitent à la joie, celle de la préparation de la venue du Christ. A l’époque, qui aurait imaginé que Dieu viendrait demeurer en personne dans notre monde. Les promesses des prophètes ont été dépassées, et de loin!. On espérait la venue d’un envoyé, qu’on appelait le Messie, mais pas son Fils unique. C’était de l’inespéré et de l’inattendu! “Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous!” dira s. Jean. Dieu s’est fait proche de son peuple d’une façon inouie. Si Dieu a ménagé cette surprise un jour, comment ne pourrait-il pas nous surprendre encore?

On peut aussi ajouter que la joie n’a pas pour effet de nous démobiliser. On se réjouit si on est capable d’entraîner avec nous des personnes qui ont le coeur lourd. “Pour redonner à l’être humain sa joie de vivre, disait notre auteur, il faut qu’il se sente appelé à une tâche, à faire quelque chose qui donne sens à sa vie; qu’il se sente connu et aimé pour ce qu’il est et non pour son rendement, qu’il se sente porté par les autres et stimulé à les porter eux aussi.”

En cette période de l’année laissons-nous porter par tous les élans de solidarité et de paix pour un monde plus juste. C’est ce que Jean-Baptiste demandait avec conviction aux gens qui accouraient vers lui pour être baptisés. Il y a de la joie à donner et à constater que nous pouvons être la source d’un peu de bonheur autour de nous. Prendre conscience que ces gestes fraternels, parfois faits de petites choses, c’est Dieu qui les suscite en nous dans notre coeur profond. C’est lui qui peut nous libérer de l’égoïsme, de la violence et de l’injustice. Voilà la conversion qui nous prépare à célébrer Noël dans la joie.

En essayant de semer de la joie autour de nous, n’oublions pas de la cultiver aussi dans nos communautés chrétiennes, qui peuvent parfois souffrir de morosité et de défaitisme. Dans le contexte actuel, la joie n’est pas un luxe, elle est nécessaire comme le pain quotidien. Le Seigneur qui est venu parmi nous et qui habite en nos coeurs est porteur de joie. Il est heureux d’être accueilli et d’établir sa demeure dans notre monde. Pour reprendre les mots du prophète Sophonie: “Il dansera pour toi avec des cris de joie, comme au jour de fête!”

Lucien Deiss un auteur qui a composé beaucoup de chants d’Église écrivait: “Heureuse la communauté qui a la joie comme rubrique principale de sa liturgie... qui, lorsqu’elle partage le pain de l’Eucharistie, partage en même temps l’amour entre frères et soeurs”.
Amen!

vendredi 20 novembre 2009

Ma royauté n’est pas de ce monde

Dimanche du Christ-Roi 2009

Jésus est amené face au gouverneur qui va bientôt le condamner. Celui- ci se drape dans son autorité et entreprend avec lui un dialogue de façon hautaine, dans le style de ce dont on parle dans les palais. C’est pour le ridiculiser: “ On me dit que tu es Roi! Où est donc ton pouvoir?” Jésus, sans le nier, lui répondra: Ma royauté ne vient pas de ce monde”. Pour continuer la rigolade et au mépris de la population, on inscrira d’ailleurs sur sa croix: Celui-ci est le Roi des juifs (INRI).

Les mots qu’on entend dans l’évangile d’aujourd’hui ont peut-être de quoi nous choquer, nous qui vivons dans une société démocratique qui valorise l’égalité des personnes. Les mots de domination, de gloire, de royauté et de puissance sonnent mal à nos oreilles. On a vu comment on a reçu récemment le prince Charles en visite au Québec. La royauté est loin d’être populaire chez nous, comme partout. Les termes suivants ont une connotation négative: - le pouvoir, la loi du plus fort qui sert à écraser les autres, -la gloire, ça ressemble à de la vanité et de l’orgueil; tant de personnes sont prêtes à n’importe quoi pour obtenir un peu de célébrité,-la royauté, c’est passé date, car en son nom on a commis tellement d’abus, -la puissance, qu’elle soit économique ou militaire s’exerce à un prix élevé à payer. C’est en Afghanistan qu’on le voit aujourd’hui (on calcule que chaque soldat envoyé là-bas coûte un million$ par année)

Dans l’Évangile, quand on attribue à Dieu ou à Jésus ces qualificatifs, on ne comprend pas très bien. La perspective d’un Dieu qui s’impose par un grand déploiement de forces peut sans doute plaire à certaines personnes, mais généralement on se sent plutôt menacé, révolté par cette idée d’un Dieu qui pourrait nous écraser s’il le voulait. En fait, évoquer la puissance des grands nous fait réaliser la faiblesse qui est notre lot, nous les gens ordinaires. Devant la maladie d’une personne chère, les suites d’un accident, devant combien de situations de misère que les médias mettent sous nos yeux, qui n’a pas ressenti de la frustration de ne pas avoir le pouvoir de changer les choses? Quand nous affrontons nos limites physiques, économiques, psychologiques ou intellectuelles, qui de nous ne se sent pas limité. Les zones blessées de nous-mêmes, nous ne pouvons pas les faire disparaître à coup de volonté, à force de bras.

Face à cette situation, des gens cultivent de l’illusion, des rêves de changement magique. Attente de fameuses découvertes, de remèdes-miracle qui régleront tous les problèmes de santé. L’imagination entre en jeu pour acquérir du pouvoir. Les jeunes y sont vulnérables, appuyés sur les jeux vidéo, où on peut devenir pour un moment un super-héros, mourir et survivre! On se refuge dans le virtuel avec tous les dangers qui suivent. D’autres, pour lutter contre leur vulnérabilité vont chercher à exercer du contrôle sur les autres par de la menace, de l’intimidation, de la manipulation.

Pour recevoir les textes d’aujourd’hui comme une bonne nouvelle, il faut faire la vérité sur nous-mêmes. Reconnaître qu’on n’est pas Tarzan ni Superman. Réaliser que nous ne sommes pas auto-suffisants. Chacun, chacune d’entre nous a besoin des autres, mais tous ensemble nous avons besoin de Dieu. Nous avons besoin de sa force, non pas pour servir de compensation ou combler nos manques, mais pour nous ouvrir à une autre dimension, la puissance de son Esprit-Saint, qui veut agir dans notre faiblesse.

“Ma royauté n’est pas de ce monde” dit Jésus, c’est autre chose! Devant ses accusateurs il se tient sans défense, sans arme, sans armée. Il révèle toute la puissance de Dieu, une puissance qui refuse la violence, qui respecte la personne. Jésus manifeste que la mort et la violence n’auront pas le dernier mot sur l’amour de Dieu qui est plus fort. La puissance qui a créé le monde et qui le soutient dans l’existence, c’est une puissance de vie et de résurrection, une puissance de don et de pardon, une puissance de vérité, de libération, de miséricorde L’amour de Dieu c’est l’origine et l’aboutissement de tout ce qui existe. Rien ne pourra nous en séparer.
“Rien jamais ne nous séparera de l’amour!”

Si nous nous ouvrons à cette puissance amoureuse de notre Dieu, notre manière de vivre, notre manière d’être avec nous-mêmes, va changer. Ça se produit sans tambour ni trompette. C’est une conversion qui se fait lentement. L’Esprit de Dieu reçu à notre baptême, confirmé plus tard, nous habite de plus en plus et nous rend capables de tenir bon dans les turbulences du quotidien. Il nous marque de la sainteté de Dieu afin que nous formions son temple vivant. C’est un bonne nouvelle qu’il faut répéter pour s’en convaincre. Il y a là toute raison d’avoir le coeur à la fête d’ici Noël malgré tous les malheurs qui peuvent survenir.

jeudi 5 novembre 2009

Homelie des Défunts

Homelie Célébration pour nos défunts 1er novembre 09

Il y a des textes de la liturgie qu’on préférerait sans doute ne pas entendre. Par ex. quand s. Paul nous dit: “Jésus, bien que Fils de Dieu, pour remédier à la désobéissance des hommes, a appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion et de sa mort”.On aime pas çà! C’est pourtant le coeur du mystère chrétien qui se dit là, dans ce qu’il comporte d’essentiel et en même temps de scandaleux et de surprenant.

En effet notre temps est marqué, plus que par le passe, celui de nos parents et grands parents, par le refus et la peur panique de la souffrance de tout genre, qu’elle soit physique ou psychique, affective ou morale et même spirituelle. On est angoissé devant la souffrance, on dépense une énergie incroyable, on fait des efforts considérables pour effacer la souffrance de notre quotidien, pour nous adoucir la vie le plus possible. Regardons la précipitation vers les centres de vaccination contre la grippe. On voit même des personnes qui vont se donner la mort pour arrêter de souffrir, sans penser qu’ils feront ainsi souffrir très durement tout leur entourage.
Pensons à la gamme des tranquillisants dont on est les grands consommateurs dans les pays riches, au Québec par ex., pensons à ces techniques mentales venues d’Orient qui visent à éteindre, à tuer le désir: si on cesse de désirer quoi que ce soit on ne souffre plus, on devient indifférent à tout. D’autres au contraire vont opter pour une vision optimiste de la vie en se disant que la souffrance est une illusion, qu’on n’a qu’à se durcir, à refuser de regarder les choses en face. On vit dans le meilleur des mondes. Il n’y a rien de chrétien là-dedans!

Si on revient à Jésus, c’est en évoquant son heure, ce moment où il va affronter la souffrance et la mort qu’il explique à ceux qui désirent dialoguer avec lui, ce que signifie ce qu’il appelle sa glorification. S’Il est descendu parmi nous c’est comme le grain de blé tombé en terre, c’est pour être ensuite élevé de terre afin d’attirer tout à Lui. Le grain de blé, tout le monde sait que placé dans la terre humide il se défait, il se désagrège, il meurt, mais une vie nouvelle apparaît en lui et il produit des centaines de grains dans l’épi qui sort de terre. C’est à travers ce retournement, cette étrange transformation, que Jésus essaye de faire comprendre à ses disciples ce qui va lui arriver. Sa mort conduit à la vie en abondance.

Ce passage par la souffrance et la mort, Jésus ne l’affronte pas comme une simple formalité, une obligation tracée d’avance. Il déclare même: “Maintenant je suis troublé!” “Ça me fait peur!” rien à voir avec ces héros qui défient la mort avec orgueil, ces pseudo-martyrs de la violence. Jésus n’a rien d’un kamikase qui se donne la mort pour prouver une cause, en vue d’une récompense imaginaire. Il y a des sages des religions orientales qui cherchent la mort le sourire aux lèvres en disant “y a rien là”. Jésus au contraire est angoissé. Par son attitude, il rejoint la part la plus profonde de nous-mêmes, la peur de la mort. Il a voulu être un être humain jusqu’au bout. En vérité, si on veut bien y réfléchir, au fond tout le monde a peur de la mort. A moins de s’engourdir dans la drogue ou de vivre dans le monde virtuel des jeux vidéo où la mort est irréelle.

Il ne faut pas oublier cependant que le christianisme n’est pas une religion où on exalte la souffrance, ou on aime l’exposer pour la regarder. Je pense à ces images ou ces crucifix d’autrefois où des âmes pieuses ajoutaient du sang autant qu’elles pouvaient. Bien au contraire, c’est parce que Dieu désire que nous soyons des êtres vivants, que la douleur et la mort ne trouvent aucune justification dans les Évangiles. Jésus dit: “Je suis venue pour qu’ils aient la vie, et la vie en abondance”. A ceux qui voudraient y voir la punition d’une faute, Jésus répond que les gens, victimes d’une tragédie n’étaient pas plus pécheurs que les autres. On se souvient de l’épisode où une tour en construction s’était effondrée entraînant la mort de beaucoup d’ouvriers: on lui avait demandé: Est-ce là une punition parce que ces gens étaient mauvais? Aujourd’hui on pourrait demander: est-ce que le Sida, la grippe H1N1 est une punition du bon Dieu. Jésus dit non. Il n’explique pas la souffrance comme tenterait un philosophe: il l’affronte courageusement car il croit que Dieu est le Dieu de la vie et que la mort n’aura pas le dernier mot.

Ce chemin, Jésus ne le présente pas comme un chemin de destruction, mais comme l’unique moyen de porter du fruit, un chemin de gloire. C’est toujours présent dans son enseignement, de différentes manières. Cette idée selon laquelle celui/celle qui accepte de se départir de sa vie, la gagnera. Les paraboles dont sont enjolivées les évangiles sont remplis de ces formules. Celui qui accepte de mourir vivra! Mais ce passage vers la vie véritable signifie quand même pour nous un déchirement, une brisure, une cassure qui engendrent un grand malaise, un sentiment de vide.
Jésus ne méprise pas notre peur, il ne la minimise pas. En acceptant de la traverser, c’est comme s’il nous prenait par la main, nous serrait dans ses bras pour nous faire passer des eaux sombres de la mort vers la lumière. Seuls, nous serions incapables de nous jeter à l’eau, de désirer accoster sur l’autre rive. C’est pourquoi il est passé le premier, pour que nous puissions le suivre, à notre tour, nous attirant tous vers Lui!

Nous sommes réunis dans cette église pour nous souvenir de nos défunts, principalement des personnes qui nous ont quittés au cours de la dernière année. Notre foi chrétienne nous assure qu’elles sont dans la vie et la paix de Dieu, et qu’elles ont franchi le passage que Jésus a ouvert pour nous.

Profitons de cette messe pour faire monter dans nos coeurs le visage de ces personnes et dire merci à Dieu de les accueillir près de Lui!

lundi 14 septembre 2009

LES PAROLES

LES PAROLES


Homélie 22e dim. ord. 09

Ma vieille mère qui vient d’avoir 100 ans n’était pas très emballée à l’idée de déménager dans une résidence pour personnes âgées. “Tous des vieux!” “Je vais souvent me retrouver seule; je n’aime pas jouer aux cartes avec des gens que je connais pas. Personne pour parler”. Elle exprimait une réalité fondamentale de notre condition humaine, celle d’être capable de faire des liens avec nos semblables, et pas trop différents. Nous sommes des êtres de relation. Nous portons en nous le besoin d’être proches les uns des autres. Or la parole est la façon essentielle pour nous les humains d’entrer en relation avec nos semblables. La parole est la grande porte par laquelle on accueille les autres et on entre chez eux. Elle est aussi la nourriture qu’on leur sert pour alimenter leur affection, leur estime de soi, nourrir leur âme. Elle est le soleil qui dit bonjour au début d’une journée et l’étoile qui rassure quand vient la nuit.

Ce besoin d’être proche se manifeste ainsi dans le domaine de la foi. Nous portons au fond de nous le désir d’être proche de Dieu. Or le moyen par excellence que Dieu a choisi pour se faire connaître, pour nous faire sentir sa présence et nous en nourrir, c’est pas des grands signes dans le ciel, c’est sa Parole:

-sa parole créatrice qui a formé l’univers et qui nous dit qui il est, (sa force, sa beauté, sa délicatesse, son humour), qui nous parle de sa splendeur éternelle.

-sa parole révélée déjà aux prophètes dans l’A.Testament qui un jour, sera rendue présente en son Fils (son Verbe) qui nous parlera en clair cette fois de son projet de salut pour tous ses enfants.

-sa parole qui est un cadeau qui nous est donné, contrairement aux animaux, qui nous peut révéler la profondeur et le mystère du coeur humain.

Sa parole nous rend, petit à petit, semblable à Lui. Vous avez sans doute remarqué comment un petit enfant apprend à parler. Vers 2-3 ans il répète tout ce qu’il entend autour de lui; les mots les plus beaux, des fois moins beaux, les couleurs, les chiffres, les expressions, les noms.... Grâce à ces paroles qu’il absorbe si rapidement, avec une mémoire fantastique, l’enfant devient de plus en plus un être humain à part entière. Il s’identifie d’abord à ses parents en assimilant non seulement leur langue, mais aussi leurs valeurs, leurs craintes, leurs joies, leurs rites religieux ou autres, leurs habitudes. On se retrouve parfois comme adultes avec des goûts, des peurs, sans raison, dont on se demande d’où ça vient; sans doute copiés de la petite enfance. En écoutant et en observant nos proches, on apprend à distinguer les comportements qui sont corrects comme ceux qui sont répréhensibles. Par la parole, l’enfant devient pour le meilleur et pour le pire, un peu et même beaucoup à l’image de ses parents.

St Jacques écrit, dans la 2e lecture: “Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vos coeurs; elle est capable de vous sauver”. Cette petite phrase en dit beaucoup. D’abord, que cette parole ne peut rien faire en nous si elle n’est pas accueillie, écoutée attentivement. Puis méditée humblement, pour se laisser questionner, bousculer même. Cette parole vient de plus grand que nous, de notre source. Lui seul peut nous aider à nous accomplir, nous amener à notre achèvement, ou pour nous sauver, si on parle comme dit la Bible.

Cette parole a le pouvoir de nous transformer, un peu comme les paroles des parents transforment lentement l’enfant en un être humain complet. Comme disait l’autre: “écoute ton père quand ta mère te parle...” un travail d’équipe donc! Le but ultime de la parole venue de Dieu c’est de nous amener à Lui ressembler. Les lectures d’aujourd’hui insistent sur l’importance de mettre en pratique cette parole, de ne pas se contenter de l’écouter passivement. Elle nous est offerte non pas comme une simple information, une théorie mais comme un chemin de croissance.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous met en garde contre un genre de paroles, des rengaines qui nous font croire quand on les multiplie, que nous sommes proches de Dieu, ou simplement en observant des rites. Jésus faisait de graves reproches aux pharisiens qui étaient des spécialistes là-dedans. “Vous annulez la Parole de Dieu par les traditions purement humaines que vous imposez”. Les plus beaux rites peuvent devenir des illusions qui nous éloignent de Dieu, si nous les faisons pour nous donner bonne conscience. Ils nous éloignent de Dieu au lieu de nous rendre à son image.

C’est pourquoi il est important de nous exposer à sa parole telle qu’elle est proclamée. Elle est souvent décapante, parfois secoue nos idées toutes faites. On prend conscience qu’il y a une double vérité: celle qu’on s’est forgée vaille que vaille au cours des années et celle que Dieu nous propose. Sa parole nous dit que nous sommes des créatures, souvent menacées par des mouvements de mort et d’égoïsme. Des créatures dont le coeur est compliqué, malade, parfois source de ce qui peut blesser, de ce qui divise.
Mais la parole de Dieu nous dit aussi la vérité sur Lui: il est fidèle, il est miséricordieux, il se fait proche de nous, il nous aime. Sa parole a la puissance de nous guérir de notre mal et nous emmène à lui ressembler, à l’imiter.On comprend que la parole de Dieu n’est pas un Livre, elle est une Personne, le Christ vivant au milieu de nous par son Esprit. Laissons-le venir jusqu’à nous, osons l’accueillir jusque dans les zones plus obscures de nos vies. Osons lui dire comme le centurion païen: “Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri!” Claude Labrecque, ptre

Rentrée des classes 2009

LA RENTRÉE DES CLASSES 2009
21e dim ord. 2009


Dans les catalogues pour la rentrée des classe...54 variétés de calculette, de souliers de course. Il faut se faire une idée, on est devant beaucoup de choix, Certains de ces choix concernent Dieu aujourd’hui. On entend des vedettes dire:"un jour j'ai décidé que c’était fini ces affaires-là; j’ai cessé de croire en Dieu". On vit à une époque où il n'y a plus d'unanimité, où il faut faire des options personnelles qui nous engagent et nous concernent nous seuls. Une fois que l'influence de notre éducation s’amincit, qu'une certaine naïveté a été secouée par une épreuve ou un scandale... Il arrive qu'un choix se propose à notre coeur: “ est-ce que je continue d'être disciple du Christ, où est-ce que je m'en vais moi aussi du côté d’une mode (la pensée unique)”, qui encourage une certaine indifférence vs la pratique religieuse, surtout une méfiance du judéo-christianisme (la bête noire).

Ça s'est passé aussi du temps de Jésus. Il était très couru. Les gens l'avaient suivi parce qu'il parlait clair, dénonçait des hypocrisie, prenait le parti des plus petits. Jésus était à la tête d’un important mouvement populaire. Mais voici qu'un jour il a demandé aux gens de faire un choix sur sa personne après qu'il se soit présenté comme l'égal de Dieu, qu'il se soit mis au centre de son message. Jésus montrait qu'Il était celui qui réalisait les antiques promesses bibliques, qu'il venait combler les attentes du coeur humain. Il demandait aux gens de communier à son corps et à son sang. Beaucoup furent choqués. Tant que Dieu était loin dans son ciel, qu'on pouvait le prier de temps en temps au temple, en étant bien conscient d'appartenir à un peuple choisi, ça allait toujours! Mais voici que Dieu se manifestait à travers une personne concrète, qui exigeait qu'on fasse clairement une option pour lui, qu'on le suive... cela était pas mal plus engageant. Pour certains ça été intolérable. Jésus a déçu le peuple. Seuls certains intimes qui commençaient à soupçonner le mystère qu’il portait, ont accepté de rester avec lui. Pierre dit à Jésus: "A bien y penser, où est-ce qu'on pourrait aller. Toi seul as les paroles de la vie”. Ce texte nous renvoie de faön semblable à ce que nous vivons chez nous au Québec depuis une quarantaine d’années.

Nous autres aussi nous avions une religion partout présente, un Dieu lointain, mais puissant. On avait conscience de former une collectivité privilégiée: tous des catholiques francophones. Pour rencontrer Dieu il y avait des gestes officiels, des rites et des pratiques que tout le monde faisait. Pas trop engageant peut-être quand tout le monde le fait et que les choix sont limités.

Aujourd'hui c'est différent! Selon mon parcours personnel, ma sensibilité, il y a des questions sur l’Église, sa tradition, ses pratiques, sur certaines paroles d’Évangile qui restent en chantier, pas claires pour moi... comme en suspens. Je ne me fais pas montrer du doigt pour autant, c’est le climat général de nos sociétés pluralistes, climat de liberté qui est une bonne chose, même si c'est moins confortable à court terme pour les paroisses de voir diminuer leurs effectifs. Aller à l'église pour satisfaire une obligation ou pour remplir un rite ça ne tient plus. Les gestes et comportements sociaux se sont déplacés; il y a de nouveaux temples, d’autres grandes surfaces. Ce qui fait dresser l'oreille ou tendre le regard, ce qui inspire ce ne sont plus les exemples de vie ou les valeurs chrétiennes, c'est la nouvelle ligne d'une auto, les derniers gagnants du million, le contrat de telle vedette ou de tel mannequin. Ce sont les nouvelles idoles, qui sont les références de notre époque qui s'interposent et prennent la place.

Nous sommes obligés de faire des choix; Dieu nous a choisis librement comme ses amis, il veut que nous le choisissions librement. Faire ce choix de revenir au Seigneur, c'est une étape de maturité humaine et spirituelle. C'est devenir plus autonomes en sachant ce qu'on fait et pourquoi on le fait. C’est s’ouvrir à l’action de l’Esprit: c’est lui seul qui peut nous mettre sur la même longueur d’onde. Il est en définitive la source de notre acte de foi et de notre engagement à sa suite...

Au moment de recommencer nos activités de l'automne, nous sommes questionnés. Jésus nous dit: Allez-vous vous en aller vous aussi? pour suivre le courant. La question devient pour moi: Est-ce que je vais chercher cette année à mettre le Seigneur au centre de ma vie? Est-ce que je vais me nourrir de sa Parole comme d'une parole de Vie unique en son genre, est-ce que je vais chercher à l'intérioriser. Est-ce que je vais m'approcher du Pain de l'Eucharistie pour alimenter ma relation avec une Personne vivante... En d'autres mots, il faut me décider aujourd'hui pour ou contre le Seigneur, faire le choix de m'impliquer dans son projet. Sinon, ma dévotion, mon enthousiasme, mon désir, mon engagement iront dans d'autres directions, peut-être sans m'en rendre compte vers des idoles sans lendemain. Par ailleurs, la paix et la joie qui m’habitent quand j’accepte de suivre le Seigneur sont les signes que je ne me trompe pas de direction et que je suis en marche vers la Vérité. Qu’en serait-il de ma foi si elle ne comportait pas un certain pari fondé sur l’amour confiant... y a-t-il une autre attitude digne d’une vie chrétienne adulte et responsable?

Claude Labrecque, ptre

mercredi 10 juin 2009

Dimanche de l'Ascension 2009

Cet hiver, quand des gens voyaient partir leurs voisins pour le sud, ils se disaient: "les chanceux... nous on reste avec la gladoue, les 30 sous zéro et les tempêtes". Ce fut probablement l'attitude des disciples de Jésus quand ils apprirent qu'ils les quittait. " Le chanceux, il s'en retourne au ciel... dans son Royaume, nous on reste avec les problèmes". Ils avaient cru que Jésus le construirait lui-même ce fameux Royaume dont il avait tant parlé, qu'il établirait enfin le ciel sur la terre. Les compagnons de Jésus regardent vers le ciel, désemparés, perplexes.
La fête de l'Ascension souligne la disparition de cette présence visible de Jésus qui s'était manifestée après sa résurrection à ses amis, qui avaient été lents à croire mais qui finalement l'avaient reconnu.Ils ont tendance à conclure que le Seigneur est maintenant au ciel pour le reste des temps. Une dernière chance, ils regardent en haut comme pour attendre qu'il intervienne pour changer le monde. Pourtant, ce qui est important c'est ce qui va se passer désormais dans leur vie, en Église, au ras du sol.
Attendre tout d'en haut, c'est une attitude bien ancrée dans notre vie, depuis qu'on est petit enfant. Adolescent, même quand on se donne des allures d'indépendance, on dépend encore des parents. Même adulte, on conserve cette attitude vs l' État: qu'on vienne faire les choses à sa place (services disponibles, subventions, lois, interventions de toutes sortes, sans qu'on ait trop à se préoccuper de ses devoirs et de ses responsabilités sociales). On demande la même chose à l'Église; qu'on ait tout sur un plateau sans qu'on ait à trop se déranger. C'est attitude de dépendance que Jésus a voulu corriger en quittant notre monde matériel (on peut imaginer ce qui lui serait arrivé s'il était demeuré physiquement présent... il aurait été assiége du matin au soir par toutes les demandes).
Jésus veut faire évoluer ses amis et nous avec; il leur apprend que Dieu n'est pas seulement en-haut comme un pourvoyeur de miracles. Il promet son Esprit-Saint, que j'appelle Dieu par en-dedans. Je serai avec vous pour vous soutenir, vous accompagner. Je vais vous laisser une force, une lumière qui va vous faire comprendre mon message. pas un secours-direct qui vient régler tous les problèmes mais un ami qui nous aide à faire notre bout de chemin. Dieu n'est pas seulement le Dieu Providence par en-haut, mais Dieu qui habite en nous comme un compagnon fidèle, un soutien de tout instant. C'est le rôle de l'Esprit-Saint que Jésus laisse à ses amis: d'être un consolateur, un accompagnateur, un défenseur. Mais il y a un autre endroit où le Seigneur de l" Ascension révèle sa nouvelle présence, c'est en-avant. Allez, prenez des initiatives, enseignez toutes les nations.... c'est le lieu de la mission, jusqu' aux extrémités de la terre. "Il n'y a pas d'endroits assez éloignés ou assez creux pour que je n'y sois pas rendu avant vous, pas de situations assez compliquées pour que n'y sois pas déjà à l'oeuvre. Allez-vous en en Galilée (une région multi-ethnique et païenne à l'époque) c'est là que vous me verrez. Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Donc sortez du Cénacle, allez dans le trafic, n'ayez pas peur. Il y aura des signes qui vont vous montrer que je suis là: vous chasserez des esprits mauvais (le mal va reculer)... vous parlerez un langage nouveau (même si vous n'avez pas toute l'instruction et les compétences désirées, votre exemple parlera plus fort que vos discours)... Vous prendrez des serpents, vous vous impliquerez dans des situations empoisonnées et on ne pourra rien contre vous... vous imposerez les mains aux malades et ils s'en trouveront mieux..."
D'autres signes nous accompagneront. Ils seront évidents à nous voir agir: -patience à toute épreuve malgré les oppositions et difficultés -paix et unité dans les communautés qui s'ouvriront à la mission, -amour et réconcilation à l'oeuvre dans les groupes que vous formez.
Voilà une autre maniere dont Jésus se montre présent même s'il est désormais invisible, i.e. au coeur des engagements qui sont pris en son nom. C'est en même temps la troisième étape de notre maturité chrétienne. Jésus nous invite à découvrir que Dieu n'est pas seulement en-haut, dans les demeures éternelles: on risquerait de rester la tête tounée vers le ciel.... pas seulement au creux de notre coeur, en-dedans de nous qui est la demeure de l'Esprit-Saint. Ici on risquerait de se refermer sur cette présence chaude et réconfortante. Mais il est aussi en-avant, sur le terrain un peu plus rude, un peu plus rocailleux de nos engagements chrétiens. Jésus est le Seigneur de l'avenir, celui qui est, qui était et qui vient... Il sera là dans les aménagements auxquels notre Église doit actuellement se plier pour affronter une nouvelle époque de son histoire.
La fête de l'Ascension veut donc nous faire comprendre que si Jésus ressucité n'est plus sensible à nos yeux comme il l'a été à ses disciples un certain temps, il n'en est pas moins présent à notre monde, agissant par nos mains. Son Royaume il nous a laissé de le construire avec lui en en témoignant. C'est par la foi qu'on y entre, c'est par la foi qu'on le découvre.
Jésus nous invite à faire voir à nos milieux cette dimension de la vie où Dieu est toujours agissant. Il nous donnera les forces pour le réaliser ainsi que des signes concrets de sa présence.